Mode 2025 : le show-événement, nouveau cœur battant de la pop culture
- ÉCOLE DES MÉDIAS

- 11 nov. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 déc. 2025

Le show-événement, nouveau moteur stratégique de la mode, fait un retour spectaculaire en 2025. Mais plus qu’un effet de cycle, ce phénomène signe, selon moi, la mue la plus profonde de l’industrie : celle d’une mode désormais entièrement fondue dans la pop culture globale, et soumise à une économie de l’attention effrénée.
Du défilé institutionnel à l’expérience immersive : la métamorphose
J’ai assisté cette saison à Paris, Séoul et New York à des shows dont l’ambition débordait de loin le simple dévoilement d’une collection. Les maisons phares Louis Vuitton, Gucci, Off-White orchestrent de véritables blockbusters : scénographies immersives, performances musicales, invités de la pop mondiale, diffusion continue sur toutes les plateformes sociales.
L’événement n’est plus un aboutissement, c’est la matrice de la communication contemporaine. Ce basculement, je le constate aussi dans la manière dont la mode fabrique désormais le “buzz” : le storytelling et la dramaturgie priment sur la coupe ou la matière. Le show se conçoit pour être diffusé, repris, remixé, transformé en meme ou en trend sur TikTok.
Une convergence mode-culture pop hyper-contrôlée
Contrairement à la nostalgie naïve du “clash des cultures”, nous vivons un âge d’hybridation calculée. Pharrell Williams chez Vuitton, la viralité K-pop, ou la collection Moncler x Fortnite : tout converge vers l’idée d’une transversalité sans frontière, mais scénarisée dans les moindres détails.
La mode capte la pop culture, mais celle-ci lui impose, en retour, ses rythmes et ses icônes. Que les visages des défilés soient ceux d’influenceurs, de gamers ou de musiciens n’est pas un hasard. Cela traduit la nécessité d’étendre la mode à tous les champs de l’imaginaire collectif. Il ne s’agit plus d’inspirer les artistes, mais de devenir soi-même une plateforme de création pop.
Le revers : une dilution du sens et une tension éthique
Cette convergence, formidable moteur d’innovation, porte aussi son lot de tensions. D’un côté, elle permet à la mode de s’arracher à son élitisme, d’intégrer le débat sur la diversité, le genre, l’activisme. De l’autre, elle met le secteur sous la pression du “toujours plus spectaculaire”, au risque d’épuiser le geste créatif derrière la répétition des effets médiatiques.
Je vois émerger une fatigue du “faux événement”, une exigence nouvelle : celle du sens, de la sincérité, du rapport direct à la réalité sociale, que ce soit par la mise en avant de la durabilité ou de la parole des minorités.
Ma conviction de spécialiste




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