Grace Ngyke KANGUNDU : Écrire pour surmonter l’impossible, le récit de vie d’une rescapée
- ÉCOLE DES MÉDIAS

- 12 nov. 2025
- 4 min de lecture

Survivante du double meurtre de son père et de sa mère, Grace Ngyke KANGUNDU se confie pour la première fois dans un livre poignant. 19 ans après cet évènement tragique, la journaliste prend le flambeau de la justice et fait de ce drame son véritable combat.
Un moment bouleversant ! Ce mercredi 23 octobre, la Maison Des Journalistes (MDJ) était le théâtre d’une rencontre riche en émotions. Située en plein cœur de Paris dans le 15e arrondissement, cette structure unique au monde qui accueille et accompagne les journalistes refugié.es, a reçu l’auteure et militante congolaise, Grace Ngyke KANGUNDU, à l’occasion de la sortie de son livre : « Franck Ngyke KANGUNDU : le destin tragique d’un chevalier de la liberté », publié le 18 octobre 2024.
Une rencontre émouvante !
Il est 16h 00. Oumaima, la responsable de communication de la Maison Des Journalistes s’empresse de descendre au sol pour faire les deniers préparatifs en vue d’accueillir les invités. Les autres collaboratrices s’activent et commencent d’installer les chaises. Parallèlement une autre équipe installe les appareils de sonorisation et commence les vérifications de son.
Entre temps les préparatifs se poursuivent, et l’invitée d’honneur est déjà dans le hall. Une personne vient l’accueillir avec un bouquet de roses blanches, pour lui souhaiter la bienvenue. Le public commence à prendre place petit à petit. Quelles minutes plus tard, Marie une collaboratrice à la MDJ part chercher l’hôte pour l’amener à la salle de conférence.
Une coupe de cheveux atypique avec un dégradé sur les côtés, vêtue d’un habit traditionnel africain : un ensemble imprimé floral de couleur jaune et bleu, Grace Ngyke KANGUNDU accompagnée de quelques amis longe lentement la pièce, puis s’assoit en face du public. Enfin tout est prêt. La rencontre peut commencer.
Il est maintenant 17 heures moins le quart. Dans une ambiance musicale, au rythme de la rumba congolaise, les gens s’installent. Dans la petite salle au sol, une quinzaine de personnes sont réunies, pour la plupart des journalistes et quelques membres de la MDJ, présents à cette rencontre émouvante.

Un récit poignant qui ne laisse personne indifférent.
Tous les invités sont réunis à la médiathèque pour assister à cette rencontre solennelle. La musique congolaise dans le fond, des gens se parlent. Certains échangent des mots en Lingala. Quand soudain... Un silence s’empare de toute la pièce. La musique s’est arrêté nette. Et d’une voix grave, le modérateur qui a accompagné l’écrivaine pour l’occasion, a débuté la rencontre.
Après des propos de remerciement et de bienvenus, il passe le micro à Grace, qui a pris une grande respiration, puis commence le récit bouleversant de ce drame qui a marqué toute sa vie et qu’elle peine encore à surmonter, même 19 ans après. « Je continue de souffrir psychologique […] Le traumatisme reste profond […] Aujourd’hui aucun d’entre nous n’accepte de revenir dans la maison familiale. » lâche Grace, visiblement très émue. “On va venir vous violer et vous tuer…"
C’est avec beaucoup d’émotions qu’elle évoque cette nuit tragique. « Je grade vraiment un mauvais souvenir de cet évènement […] J’ai vu un homme succombé sous les bals alors qu’il ne voulait pas laisser ses enfants. » Ce funeste 3 novembre 2005 où son père Franck Ngyke KANGUNDU et sa mère Hélène Mpaka ont été froidement abattu devant elle et ses sœurs les a marquées à vie.
Grace n’avait que 18 ans quand les faits se sont produits. Mais elle se souvient de chaque détail, comme si c’était hier. Des cris de ses sœurs et la peur qui les habitait quand les assaillants ont menacé de s’en prendre à elles : « On va venir vous violer et vous tuer… ». Se remémore-t-elle, le regard encore effrayé. Cet évènement a complètement chamboulé le cours de la vie de la famille Kangundu. « Ça allait très mal dans la famille. Nous avons dû interrompre les études. La vie sociale a basculé du jour au lendemain. Par moment, on n’avait même pas de toit. Nous étions par ci par là… » Souligne-t-elle d’une voix tremblante.
Ce récit déchirant ne laisse personne indifférent. Walid Bourouis, un journaliste refugié tunisien, résident à la Maison Des Journalistes n’a pas caché ses émotions : « Sincèrement c’est un témoignage poignant. […] Et encore plus quand la personne devant vous est une collègue journaliste […] Et ce qui me choque le plus c’est que 19 ans après la justice n’a été rendue […] ». Et c’est quasiment le même ressentie pour tout le monde présent à cette rencontre.
Un livre pour tenter de se construire…
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Grace signant un livre | Affiche : Première de couverture du livre | © PHOTO : William LESSIEUR








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