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Shamacrane Angelito Isaac CHERY, créer pour exister autrement

  • il y a 4 jours
  • 3 min de lecture

Entre contraintes matérielles, héritage familial et ambition affirmée, un jeune créateur transforme son parcours en une quête de style, d’identité et de reconnaissance. À 25 ans, Shamacrane Angelito Isaac CHERY, dit TO, trace sa voie dans l’univers de la mode depuis Cupidon, une localité de Petit-Goâve.


Il y a des personnes qu’on ne rencontre pas vraiment, mais qu’on ressent. Au bout du fil, avant même de voir son visage, quelque chose passe : une énergie vive, presque rassurante. Shamacrane Angelito Isaac CHERY, dit TO fait partie de ces présences qu’on capte avant même de les comprendre.


Sa voix porte une bonne humeur contagieuse, une forme de lumière tranquille. De grande taille, le visage ouvert, il dégage une élégance naturelle, avec quelque chose de posé, presque royal, sans jamais chercher à en faire trop. Mais derrière cette présence calme et assurée, il y a surtout un esprit en mouvement, une envie constante de créer et de se définir autrement.

Un destin qui se tisse et confirme au fil du temps

À 25 ans, Angelito détient sa propre marque TO CHERY, dirige son propre atelier et son école de couture, AEPM(Atelier école professionnelle de la mode). Son histoire avec la mode commence très tôt, dans les jupons de sa mère. Une femme qu’il décrit comme une combattante, qui l’a élevé après la perte de son père. De cette épreuve, il garde une décision simple : ne pas laisser la vie le malmener, mais apprendre à se construire autrement. Il grandit et vit à Cupidon, une localité située en périphérie de Petit-Goâve, non loin

centre-ville.


Dans cet environnement, Angelito observe très tôt les limites et les réalités qui façonnent sa communauté. C’est aussi là que naît une ambition claire : se démarquer des autres jeunes de son milieu et montrer qu’une autre trajectoire est possible. Créer en Haïti relève du défi. Le manque de matériel, la difficulté à trouver des tissus de qualité, l’usage de machines anciennes : « faire de la mode ici, c’est un véritable

casse-tête », confie-t-il. Pourtant, il insiste la créativité, elle ne manque pas.



Au-delà des contraintes, Angelito défend une vision. Il souhaite voir la culture haïtienne mieux valorisée à travers le vêtement. Les tissus traditionnels, comme le carabela, sont selon lui enfermés dans les seules fêtes, presque figés, alors même qu’ils restent coûteux et peu accessibles.


Sa signature, elle, ne cherche pas la discrétion. « Se démarquer dans les lignes, les formes, les montages. On doit reconnaître mes pièces à travers l’extravagance. J’aime faire parler de moi. » Une esthétique assumée, qui traduit un besoin de visibilité autant qu’un désir d’expression.


Adepte d’astrologie, Angelito se reconnaît dans son signe Gémeaux, un signe d’air. Il y voit une manière d’expliquer son rapport au monde la curiosité, le mouvement, la communication. « Une façon d’être en équilibre », dit-il, entre énergie et réflexion.


Curieux de l’humain, il s’intéresse à la sociologie, à la psychologie, au travail social. Cette ouverture se prolonge dans sa manière de se définir. S’il était une couleur, il serait le vert l’espoir, la nature, l’équilibre. S’il était une musique, The Night We Met de Lord Huron, « parce qu’elle me fait voyager et reflète une partie de mon âme ».


Son imaginaire le porte ailleurs, vers l’Italie, dont il admire le mode de vie et l’architecture, ou encore vers Jacmel, en Haïti, pour son héritage artistique. Mais ses ambitions, elles, restent bien ancrées. « L’idéal pour moi, c’est de devenir une icône de Petit-Goâve dans le milieu de la mode. »


Une projection assumée, inspirée par des figures comme Karl Lagerfeld. Peut-être que ce qu’Angelito cherche, au fond, ce n’est pas seulement de créer des vêtements. Mais de laisser une empreinte, quelque chose qui dépasse les tissus et les formes. Et dans un pays où créer relève souvent du défi, lui choisit de continuer à imaginer à sa manière.



RÉDACTION : Joodny SAINTILUS

RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN

COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026




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