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Bugonia, un remake audacieux

  • Photo du rédacteur: ÉCOLE DES  MÉDIAS
    ÉCOLE DES MÉDIAS
  • 7 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Bugonia de Yorgos Lanthimos est une version revisitée du film sud-coréen "Save the Green Planet!", transposé dans l’AmérBugonia de Yorgos Lanthimos est un remake audacieux du film sud-coréen "Save the Green Planet!", transposé dans l’Amérique profonde et reconverti en un cocktail délirant de comédie noire, thriller, et satire politique. Lanthimos y retrouve ses acteurs fétiches — Emma Stone (en PDG glaciale et ambiguë) et Jesse Plemons (apiculteur conspirationniste) — pour jouer une partition aussi féroce que subtile.​


L’histoire, apparemment farfelue, voit deux marginaux kidnapper une grande patronne de pharma, convaincus qu’elle est une extraterrestre venue détruire la Terre. Derrière le dispositif de huis clos et la succession de situations ubuesques, Lanthimos interroge la violence sociale, la paranoïa et l’absurdité politique contemporaine. Il propose une véritable fable sur la puissance du complot dans un monde où le sens se dissout dans le chaos, l’information détraquée et le capitalisme vampirique.​


La mise en scène, toujours aussi contrôlée chez Lanthimos, s’épanouit ici dans le mauvais esprit et l’humour corrosif. Le rire, comme la musique de Jerskin Fendrix, désaxe l’horreur tout en la soulignant, explorant le grotesque du monde contemporain, où les “monstres” sont aussi bien du côté des marginaux que des élites cyniques. Robbie Ryan signe une photographie dynamique, rythmée, qui amplifie la folie du récit.​


Emma Stone et Jesse Plemons déploient tout leur talent, leurs personnages incarnant la tension entre rationalité et désespoir – Stone brille en femme de pouvoir contrainte, Plemons impressionne dans la gestuelle et la fausse naïveté. Mais la vraie réussite du film, c’est son potentiel de lecture critique : “Bugonia” oppose la cruauté capitaliste au délire collectif, la satire à l’apocalypse. Lanthimos traite brillamment l’idée de vérité dissoute, de sociétés toxiques et d’humanité dépassée par ses propres fantômes.​


Le film divise, mais Lanthimos confirme son statut de cinéaste radical, navigant entre farce métaphysique, thriller d’enfermement et pamphlet sur la fin du monde rationnel. “Bugonia” est une œuvre jubilatoire, sans espoir, qui parvient à faire rire de notre Titanic en train de couler — une comédie noire, brillante de nihilisme et d’intelligence.ique profonde et reconverti en un cocktail délirant de comédie noire, thriller, et satire politique. Lanthimos y retrouve ses acteurs fétiches — Emma Stone (en PDG glaciale et ambiguë) et Jesse Plemons (apiculteur conspirationniste) — pour jouer une partition aussi féroce que subtile.​


L’histoire, apparemment farfelue, voit deux marginaux kidnapper une grande patronne de pharma, convaincus qu’elle est une extraterrestre venue détruire la Terre. Derrière le dispositif de huis clos et la succession de situations ubuesques, Lanthimos interroge la violence sociale, la paranoïa et l’absurdité politique contemporaine. Il propose une véritable fable sur la puissance du complot dans un monde où le sens se dissout dans le chaos, l’information détraquée et le capitalisme vampirique.​


La mise en scène, toujours aussi contrôlée chez Lanthimos, s’épanouit ici dans le mauvais esprit et l’humour corrosif. Le rire, comme la musique de Jerskin Fendrix, désaxe l’horreur tout en la soulignant, explorant le grotesque du monde contemporain, où les “monstres” sont aussi bien du côté des marginaux que des élites cyniques. Robbie Ryan signe une photographie dynamique, rythmée, qui amplifie la folie du récit.​


Emma Stone et Jesse Plemons déploient tout leur talent, leurs personnages incarnant la tension entre rationalité et désespoir – Stone brille en femme de pouvoir contrainte, Plemons impressionne dans la gestuelle et la fausse naïveté. Mais la vraie réussite du film, c’est son potentiel de lecture critique : “Bugonia” oppose la cruauté capitaliste au délire collectif, la satire à l’apocalypse. Lanthimos traite brillamment l’idée de vérité dissoute, de sociétés toxiques et d’humanité dépassée par ses propres fantômes.​


Le film divise, mais Lanthimos confirme son statut de cinéaste radical, navigant entre farce métaphysique, thriller d’enfermement et pamphlet sur la fin du monde rationnel. “Bugonia” est une œuvre jubilatoire, sans espoir, qui parvient à faire rire de notre Titanic en train de couler — une comédie noire, brillante de nihilisme et d’intelligence.

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