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Michael, le biopic qui défraie la chronique

  • Photo du rédacteur: ÉCOLE DES  MÉDIAS
    ÉCOLE DES MÉDIAS
  • 7 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Michael d’Antoine Fuqua s’annonce comme l’un des biopics les plus polémiques et attendus de la décennie. Porter à l’écran l’histoire de Michael Jackson, génie musical, monstre médiatique et figure controversée, constitue un défi aussi artistique que moral. Fuqua, cinéaste du spectaculaire (Training Day, Equalizer), a choisi de confier le rôle du King of Pop à son neveu, Jaafar Jackson : une incarnation saluée pour sa ressemblance et son énergie scénique, mais scrutée pour ses liens familiaux.​



Le film ambitionne de retracer la trajectoire complète de l’artiste, de l’enfant prodige des Jackson 5 au géant de la pop, jusqu’à la chute et aux ténèbres qui ont marqué ses dernières années. L’écriture de John Logan n’évite pas les zones d’ombre : la complexité de Joe Jackson (Colman Domingo), la solitude de l’homme face aux démons de l’enfance, la construction du mythe, mais aussi les accusations d’abus sexuels et les procès qui ont accompagné la fin de sa vie. Pourtant, dès la post-production, le film se trouve confronté à des imprévus : nécessité de retourner le troisième acte, notamment pour éviter la violation d’accords juridiques passés lors du procès Chandler en 1993, ce qui impose un rééquilibrage du récit.​

Cette tension entre hommage et analyse critique traverse tout le film. Fuqua déclare vouloir « montrer Michael en tant qu’homme, avec ses bons et moins bons côtés », mais la production doit aussi ménager les sensibilités, entre les fans iconiques et les héritiers du débat post-Leaving Neverland. D’un côté, la bande-annonce joue sur la nostalgie, ravivant les performances emblématiques, reconstituant le Dangerous Tour ou les clips légendaires.

De l’autre, le scénario ne peut contourner l’ambivalence, appuyée par la présence de trente chansons et une galerie de personnages ayant marqué la vie de Jackson John Branca, Katherine, le clan Jackson mais sous l’œil vigilant de la famille, omniprésente sur le tournage.​

Le film promet donc une immersion musicale époustouflante, mais aussi une plongée dans les mécanismes de la starification, la généalogie du scandale et la difficulté de représenter l’indicible : comment montrer les rapports de force, le corps surexposé, les traumas ? Critiqué pour risquer l’édulcoration, salué pour sa volonté d’exhaustivité, Michael divise d’avance : ses choix narratifs révèlent un repositionnement stratégique du biopic contemporain, oscillant entre fidélité documentée et pudeur dramatique.​

Le débat public qui entoure la sortie renforce l’enjeu : le film stimulera des ventes, relancera le catalogue de Jackson, mais actualisera les querelles mémorielles et les polémiques sur la représentation des figures controversées. Ici, le biopic devient un laboratoire de l’écriture de l’Histoire, un test grandeur nature pour l’éthique du spectacle.

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