Haïti : Gros mouvement de protestation contre l’insécurité et les violences des gangs
- 15 août 2025
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Dernière mise à jour : 3 avr.

Ce mercredi des milliers de personnes ont investi les rues de Port-au-Prince pour protester contre la recrudescence de l’insécurité et dénoncer le pouvoir en place, qui selon plus d’un « ne fait rien pour contrecarrer les bandits ». C’est la deuxième grande mobilisation populaire déclenchée en seulement deux semaines.
Un vent de révolte souffle sur le pays. Pancartes à la main, armés de bâton ou machettes pour certains, plusieurs centaines de manifestants ont occupé certaines rues de la région métropolitaines de Port-au-Prince. Notamment les routes de Canapé-vert, Bourdon, Pétion-Ville ou encore Delmas. Des barricades enflammées ont été érigés sur plusieurs axes stratégiques, pour protester contre l’exacerbation de l’insécurité et des violences des gangs « qui contrôlent près de 85% de la capitale. »
Très remontés, les protestataires ont scandé des propos hostiles contre le gouvernement et dénoncé la passivité des autorités face à la situation. « Les bandits continuent de massacrer la population alors que les dirigeants ne foutent rien. Qu’ils se cassent ! » S’offusque un manifestant, très en colère. Cette mobilisation a entraîné une paralysie quasi-totale des activités dans la capitale. Les commerces et les écoles ont été fermés par crainte de débordements. Révoltés, les manifestants se sont dirigés vers les locaux du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de la primature. Mais la police s’est interposée.
La manifestation a été violemment réprimée
Des heurts se sont éclatés entre la police et les manifestants. Les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes et des tirs de sommation pour disperser la foule qui tentait de s’approcher de la villa d’accueil, QG du gouvernement. Les protestataires ont vivement critiqué le comportement des policiers. Ils déplorent un usage disproportionné de la force et la brutalité des agents de maintien d’ordre. « Quand c’est le peuple qui manifeste, les policiers ne tardent pas à nous bombarder de gaz lacrymogène et de balles. Mais ils sont où quand les bandits tuent, violent, pillent et brulent les maisons de la population ? » S’interroge un protestataire, indigné.
Un sentiment que partage Ulysse Jean Chenet, coordonnateur général du Mouvement Point Final (mouvement de protestation populaire contre l’insécurité) qui condamne « l’attitude des policiers qui empêchent à la population de s’exprimer convenablement contre les autorités en place qui refusent de répondre aux aspirations du peuple ». Ce mouvement de protestation vise à exprimer l’exaspération des citoyens face à l’insécurité et l’impuissance des autorités vis-à-vis des gangs qui sèment la terreur.
La situation sécurité du pays se détériore de plus en plus



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