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Haïti : la hausse des prix des produits pétroliers ravive les flammes de la mobilisation estudiantine contre le gouvernement

  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

La montée des prix des produits pétroliers se révèle préoccupante pour des étudiants qui se positionnent et expriment leurs inquiétudes face à cette décision du gouvernement, entrée en vigueur le  2 avril. Cette flambée des prix crée de vives tensions entre chauffeurs et passagers et révolte la population. « Yon galon gaz pa ka pi chè pase salè minimòm lan » s'indignent des étudiants.


Une décision qui pousse à la mobilisation

La hausse des produits pétroliers vient mettre le feu aux poudres dans le pays. Pas plus de 24 heures après l’annonce officielle d'ajustement des prix des produits pétroliers dans le pays, la tension monte. Des protestataires se disent « prêts à  fouler le macadam ». Publiés conjointement par le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère du Commerce et de l’Industrie, les nouveaux tarifs fixent « la gazoline à 725 gourdes, le gasoil à 850 gourdes  et le kérosène à 845 gourdes ». Cette nouvelle fixation de prix, entrée en vigueur le 2 avril dernier, est très mal perçue dans l'opinion publique.


Cette décision, qualifiée « d’injuste et irresponsable », préoccupe les étudiants qui pensent déjà à se mobiliser pour exiger le gouvernement Alix Didier Fils-Aimé de revoir le prix des produits pétroliers à la baisse. Regroupés sous le nom de « Mouvman Etidyan Popilè », ces étudiants  comptent bientôt occuper la chaussée pour entendre leur voix.  « Yon galon gaz pa ka  pi chè pase salè  minimòm lan » s'indignent des étudiants. Le mot d'ordre est déjà lancé : « Mach kont  monte gaz ak ensekirite » et la mobilisation est prévue ce 20 avril à compter de 10h AM.


Dans une correspondance du 10 avril 2026, adressée à la Direction Départementale de l’Ouest de la Police National, Les protestataires communiquent le parcours de la marche : Parant du Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti, à la fois le lieu du rassemblement, pour arriver à la Musseau, QG du gouvernement. L'objectif de cette manifestation est clair : « s'opposer à cette décision injuste et irresponsable du gouvernement », qui vient rajouter de l'huile sur le feu.


Dans les rues, la confusion et la tension règnent

Nous sommes à Gérald Bataille, une gare routière de Delmas 33. À la tombée du soir, c'est la confusion totale. Chauffeurs et passagers s'embrouillent. Dans un tohu-bohu assourdissant, en plein cœur d’un embouteillage monstre ; des marchands font des va-et-vient entre les véhicules. La tension monte d'un cran. L'ambiance est électrique « Rien à foutre ! Débarrasse moi de la porte. » s'insurge un rabatteur, en colère contre les passagers à l’arrière d’une camionnette assurant le transport de Gérald Bataille à Delmas 33.


Très amère, « l'aide-chauffeur » exige 50 gourdes aux passagers, qui refusent et lui rappellent que « la course est fixée à 35 gourdes ». Offusqué, le chauffeur démarre sans attendre que toutes les places soient occupées, alors que la plupart des passagers voulaient s’en tenir au tarif convenu. Il a préféré repartir avec le véhicule quasiment vide, au lieu d’accepter le montant de 35 gourdes pour le trajet.


Si dans certains circuits les prix du transport en commun restent conformes au document du Ministère des Affaires Sociales et du Travail, c’est tout le contraire dans d'autres. Dans certains endroits, les passagers se font faceà des tarifs exorbitants. Celui de Port-au-Prince à Carrefour l’illustre fort bien. Déjà estimé insupportable par les passagers, le montant de cette course passe de 150 gourdes à 200 gourdes dès l’entrée en vigueur de l’avis. Alors que le prix normal est de 75 gourdes.


« Le prix s’est fixé à 50 gourdes. Encore, restera-t-il à 50 gourdes... Il n’est pas bon pour nous » témoigne un chauffeur, au micro de radio-télévision Métropole, qui assure le circuit de Route des Frères et Pétion-Ville. C’est alors que les chauffeurs décident de prendre à contre pied le prix des autorités étatiques pour faire savoir que désormais les passagers doivent payer 75 gourdes.


Déjà en proie à une crise sécuritaire sans précédant, Haïti fait aussi face une à une grave crise économique. Selon les données disponibles de l'Institut Haïtien des Statistiques et d'Informatique (IHSI), le pays accuse un taux d'inflation actuel de 22,1%. Dans de tel contexte, cette nouvelle hausse des produits pétroliers vient envenimer la situation d'un pays, déjà sombré dans la misère et l'insécurité.


RÉDACTION : Delince JEAN-LOUIS

RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN

COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

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