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  • Murielle Leconte, un nom qui compte beaucoup dans le domaine de la mode en Haïti

    Légende vivante du stylisme en Haïti, Murielle est une figure emblématique de la mode. Créatrice passionnée, la grande dame de la mode haïtienne a consacré une bonne partie de sa vie à la création artistique. Et aujourd’hui encore malgré sa maladie, elle n’arrête pas de créer, et de façonner le quotidien des gens, avec de belles créations aux couleurs locales. Âgée de 60 ans, Murielle Leconte est une femme de caractère, et très courageuse qui, presque toute sa vie, travaille pour faire le bonheur des autres, grâce à ses œuvres de collection. Malgré sa formation d’ingénieur, sa passion de la création artistique allait très vite prendre le dessus. Elle ne vit que pour la mode. Et depuis à peu près une trentaine d’années, elle partage sa vie entre le Fashion designer, le stylisme et la danse, entre autres. Fille du célèbre ingénieur, Richard Leconte et de madame Nicole F. Leconte, Murielle a grandit dans un milieu de création et d’inventivité. C’est sans doute de là qu’elle tire son sens de créativité. Notons que ce sont ses parents, Richard et Nicole Leconte qui ont créé la première École de génie d’Haïti, en 1962. Murielle : Une destinée de créatrice de mode, qui s’est révélée à travers un rêve Son penchant pour la création artistique n’est, semble-t-il, pas un simple hasard des choses. À en croire les révélations de Murielle elle-même, son talent de créatrice serait providentiel. D’ailleurs dans une interview accordée récemment à Chokarella, Murielle raconte que sa carrière dans la mode a débuté suite à un rêve prémonitoire : « Tout a commencé après la mort de mon père, qui nous a quitté à l’âge 65 ans. Et là, j’ai fait un rêve. Je me voyais en train de peindre sur tissus, et j’ai vu mon père me dire : Je veux que tu fasses ce travail, et tu réussiras […] Et plus loin, Murielle poursuit : « Intriguée, j’ai été faire des recherches pour voir si telle technique existe. Et suite à mon voyage à Miami, j’ai découvert l’existence de cette technique. J’ai donc suivi le conseil. Et me voilà maintenant, 30 ans après . » À entendre Murielle, on peut donc finalement croire que rien n’est dû au hasard. Et comme a dit l’autre : « Tout talent est providentiel . » C’est de là qu’est née MURIELLE CRÉATIONS , un 8 décembre 1990. Et justement son premier travail était donc de la peinture sur tissus. Et en suite, viennent d’autres techniques, comme la peinture sur verres, sur des céramiques, et des créations de sacs à main, et autres. Et depuis le succès s’enchaîne. Du haut de ses 30 ans de carrière, Murielle a reçu près de 45 prix étant que créatrice de mode, dont 12 aux États-Unis. Sans oublier des prix au Mexique, en République Dominicaine et au Bahamas. Notons que c’est Murielle qui a ouvert la voie à la mode haïtienne à l’étranger. Et c’est un parcours exceptionnel qu’elle a cheminé, sans vraiment avoir de support d’une quelconque instance étatique ou privée. À l’exception de Mme Marie Laurence J. Lassegue, qui a su l’honorer et saluer son immense travail. Même si rares sont ceux qui sont reconnaissants des sacrifices que Murielle a dû consentir, pour faire rayonner la mode haïtienne à l’international ; il est impossible de nier son empreinte indélébile dans la sphère de création et de collection en Haïti. Murielle reste demeure une icône vivante en matière de mode. Et malgré les gifles de la vie, Murielle reste ferme sur ses objectifs, persévérante plus que jamais. Elle se bat tous les jours courageusement contre le cancer dont elle souffre déjà depuis 9 ans. Et elle s’accrocha fermement à son art, dans l’espoir de rehausser la fierté de son pays. RÉDACTION : Vanessa Engie SAINVILLE & Rodly SAINTINÉ RÉVISION ET CORRECTION : Ravensley BOISROND COPYRIGHT : Chokarella 2019

  • Aba Kanaval : Le coup de gueule de BIC

    BIC, connu pour ses textes très engagés et surtout poignants; est un artiste conscients, qui s’implique dans la vie sociopolitique du pays. À travers ses chansons, il plaide pour la régénéressance de la société et la conscientisation de la jeunesse. Comme c’est la tradition chaque année; la période carnavalesque sert d’exutoire à certains artistes qui veulent dénoncer, critiquer les dérives, les problèmes socio-économiques et politiques du pays. Et comme à son habitude, depuis FLEX (ancien group de BIC), BIC se sert du carnaval comme un double prétexte :Tout en invitant au défoulement, à l’ambiance; BIC amène les gens à la réflexion. Et justement, ABA KANAVAL , la meringue carnavalesque 2017 de BIC est une invitation à la réflexion. Cette chanson est en adéquation à sa démarche artistique : « Toujours apporter un message conscient, un message de changement même sur des rythmes dansants. » Cette meringue carnavalesque de BIC , avec en featuring la remarquable CINTHIA ; se structure comme une complainte. Avec des couplets répétitifs, un court refrain, et des bridges qui servent de lien aux couplets. Teintée de couleurs racines, et agrémenté par des grooves électriques; la meringue de BIC mixte un peu de RARA, et de racine, de musiques traditionnelles avec quelques petites touches de musiques urbaines. ABA KANAVAL , en guise d’être une meringue très entraînante; est une invitation à la réflexion, une invitation à conscientisation. Pendant que le corps bouge, la tête raisonne. Une recette magique que BIC semble en tenir le secret. À travers un texte limpide, simple, des rimes plates, BIC pose les problématiques du carnaval haïtien des 10 dernière années, et exprime ses ressentis, son dégoût face à la déliquescence de cette festivité. Au terme d’un texte composé de deux parties : Une première tranche à travers laquelle BIC livre son coup de gueule : << Aba kanaval k ap kòche zòrèy pitit fi m yo. ABA ! ABA ! ABA ! Kanaval ki pa panse pou moun enfim yo >> […] BIC met une grosse claque aux organisateurs du carnaval, aux artistes, animateurs et promoteurs malhonnêtes. Quasiment tout le monde a eu son compte. Et dans la deuxieme tranche, BIC fait un hommage bien mérité à SAMBA KESSY et à BLACK EASY , disparus récemment en 2016; sans oublier un coup de chapeau au feu BLACK ALEX . Et le tout, sur un refrain de protestation : ABA ! ABA ! qui sert de toile de fond à la chanson et dans laquelle s’incrustent des bridges chantés par CINTHIA . En guise d’introduction, BIC met d’entre de jeu en exergue la trame de son message. Et il le fait de manière très intelligente. BIC, procède par le PARADOXE, figure de style qui consiste à surprendre en exprimant une idée contraire à ce qui est habituellement accepté. BIC sert d’une meringue carnavalesque pour critiquer le carnaval (du moins ce qu’il est devenu aujourd’hui). << Apre ansiklopedi tout mo sal yo. Apre anbativant kout yayad yo. Apre atis k ap detwi atis parèy yo. Kisa kanaval pote pou peyi sa a? >> […] La démarche de BIC est d’autant plus intéressante, dans la mesure qu’il utilise une forme interrogative pour asseoir son discours. Mais c’est une sorte d’interrogation rhétorique. Puisque BIC ne cherche pas à trouver des réponses, mais cherche à nous interpeller face à la dégénérescence du carnaval. Il cherche à susciter des réflexions, et à provoquer une conscientisation. ABA KANAVAL , résonne comme un texte satirique dans lequel BIC dénonce, critique les dérives. Le texte comporte une belle allégorie : Le carnaval avec ses perversités symbolise ici notre société avec toute son immoralité. Le texte se base aussi sur une forme d’antagonisme. BIC oppose sa vision du carnaval à ce lòbèy carnavalesque que nous vivons ces derniers temps. << Si se pou n montre lemond. Sa nou gen kòm valè, m dakò kanaval la Men si se sa n ap fè la a m pap bouke di. ABA ! ABA ! ABA ! >> […] Loin d’être un texte polémique, anti-carvanalesque, ABA KANAVAL plaide plutôt pour un autre carnaval, qui mettrait en valeur la richesse culturelle et toute la beauté du pays. ABA KANAVAL, cette meringue qui est à contre courant des dérives, des grivoiseries que fait montre le carnaval aujourd’hui; restera sans doute gravée dans les anales du carnaval haïtien. Cet article vous est proposé par le Carrefour des Écoles, un projet d’échange entre plusieurs écoles de journalisme qui vise à mettre en valeur les productions d’étudiants du monde entier. R ÉDACTION : Rodly SAINTINÉ copyright : ÉCOLE DES M ÉDAIS / UIT-JOURNALISME CANNES / ÉTEND’ART 2017

  • "I Am Not Your Negro" vient d’ajouter une nouvelle récompense dans son tableau de chasse

    La 71e édition des Emmy Awards a sacré “I Am Not Your Negro” Outstanding Arts & Culture Documentary. Raoul Peck a été récompensé par le prestigieux prix, organisée par l’Academy of Television Arts and Sciences. Le film documentaire “I Am Not Your Negro” du réalisateur haïtien Raoul Peck a été sacré prix Emmy pour les arts et culture d’exception lors de la cérémonie public des remises des prix des Emmy Awards qui a eu lieu aux États Unis ce 22 septembre . Pour cette nouvelle année, le « Emmys », s’est déroulé le 22 septembre 2019 au Microsoft Theatre de Los Angeles. Le Emmy Award récompense chaque année, les meilleurs Séries télévisées, Documentaire… diffusés au cours de la saison 2018-2019 (du 1er juin 2018 au 31 mai 2019) sur les réseaux publics et câblés américains. Et “I Am Not Your Negro” en faisait partie. Sortie en 2016 le documentaire “I Am Not Your Negro” ( je ne suis pas votre nègre) retrace la lutte des Noirs américains pour les droits civiques à partir d’un texte inédit de James Baldwin (Remember This House), qui se déroule notamment pendant la période des meurtres de Medgar Evers, Malcolm X, et Martin Luther King. Nommé aux Oscars 2017 au titre de meilleur documentaire, ce long-métrage co-produit et réalisé Par Raoul Peck a remporté de nombreuses récompenses. Notamment le Prix du Meilleur Film documentaire lors de la 43e cérémonie des César en 2018 et à Londres le Prix du Meilleur documentaire dans le cadre de la 71e soirée des Bafta Awards 2018. “I Am Not Your Negro” a été très bien accueilli par le public, ainsi que par les critiques de films. En témoignent ces nombreux prix. C’est un film documentaire passionnant qui mérite beaucoup d’attention. SPÉCIALE RECOMMANDATION….!!! RÉDACTION : Ravensley BOISROND RÉVISION ET CORRECTION : Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : CHOKARELLA 2019

  • Harold Caudio, l'artiste qui peint des figures historiques avec des skittles

    Harold Caudio est un dessinateur haïtiano-américain qui immortalise des personnages historiques afros, sur des toiles faites en sucrettes. Une dynamique de travail extraordinaire qui ne cesse d’éblouir le milieu artistique américain, en Floride. Utilisant des skittles comme médium Caudio use d’un expressionnisme poignant, mâtiné de modernisme, pour produire des œuvres uniques et qui s’inscrivent dans la contemporanéité de l’art. Puisant son inspiration dans ce drame survenu en février 2012, où Trayvon Benjamin Martin, un adolescent noir de 17 ans, a été tué par balles avec un petit sachet de skittles dans la main; Caudio crée des œuvres avec ces friandises, non seulement pour perdurer la mémoire de ce jeune homme, mais aussi pour tenter de conscientiser les gens face à ce fléau d’arme à feu, qui ne fait qu’endeuiller la société américaine au jour le jour. Préparant son exposition pour le “ART BEAT MIAMI” 2019, Harold s’est entretenu avec Carel PÈDRE dans le cadre de la série CAREL IN MIAMI. Dans cette interview exclusive, l’artiste a confié à Chokarella sa source d’imagination, et les raisons de sa démarche artistique. Au delà de cette tragédie qui influence son art, les œuvres de Caudio, toujours haut en couleurs, traduisent sa volonté de réinventer la vie autrement, et de raconter l’histoire de manière plus joyeuse. Nous vous invitons donc à découvrir l’univers créatrice de Harold Caudio, à travers quelques œuvres sublimes. Harold Caudio est un artiste haïtiano-américain bourré de talent, qui tente de provoquer une prise de conscience collective chez les gens, vis-à-vis des problèmes de sécurité, d’inégalité sociale et à la discrimination raciale qui rongent la société américaine, et du même coup, tenter restituer la mémoire de l’histoire des peuples noirs. Et créer dans cette dynamique comporte tant une dimension esthétique, historique, que politique, avec une rhétorique très profonde. RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ & Bébéto JEAN RÉVISION ET CORRECTION: Ravensley BOISROND COPYRIGHT Chokarella 2019 / CAREL IN MIAMI

  • Roche à bateau : à la rencontre des oubliés de l’État et des ONG

    À Roche à Bateau dans la péninsule sud d’Haïti, des rescapés se relèvent difficilement. Près de 6mois après l’ouragan, les habitants peinent à retrouver le cours normal de leur vie. Ils tentent de réhabiliter les toitures de leur maison, sévèrement endommagées par les rafales de vents provoqués par l’ouragan Matthew dans la nuit du 3 au 4 octobre 2016. Près de 6 mois après le passage de Matthew, c’est un décor apocalyptique qui se dessine dans le paysage de la péninsule du sud. Des arbres abattues, des maisons éventrées, des espaces désertiques, des détritus qui jonchent le pavé, et des gens delaissés, qui triment dans la misère. Voilà l’image que l’on peut voir à Roche à Bateau. Mais malgré tout, les habitants essaient tant bien que mal de se refaire une vie. Dans un élan de solidarité, voisins et voisines s’organisent en « Konbit » pour récupérer des décombres des vaisselles et des meubles. Certaines familles, malgré leur difficile situation, accueillent des proches qui n’ont pas les moyens de remettre sur pied leur demeure. Rencontre avec des habitants Roche à Bateau, cette petite commune du département du Sud d’une superficie d’environ 65 kilomètres carrés, est méconnaissable. Si cette commune située sur la cote sud était réputée pour son charme pittoresque, avec ses belles plages au sable blanc inexploitées, son hospitalité et sa tranquillité naturelle, le paysage s’est littéralement transformé en scène d’horreur après le passage de l’ouragan Matthew. Située à environ 5 heures en voiture de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, Roche-à-Bateau, compte 18 394 habitants. L’ouragan dévastateur Matthew a détruit presque tout sur son passage. Dans cette contrée, les arbres et les plantations n’ont pas résisté aux averses ni aux rafales de vent de 10 kilomètre/ heure apportés par l’ouragan. Des pylônes électriques sont renversés tout au long de la cote de Sud d’Haïti, route qui s’amène vers Roche à Bateau. Les caprices de la nature ont brisés les rêves des paysans et compliquent leur conditions de vies jadis alarmantes . La solidarité face à l’adversité Dans un « Konbit », une forme traditionnelle du travail coopératif dans les milieux ruraux. Certaines familles dont leurs maisons ont pu résister aux vents et à la pluie accueillent des amis et des proches qui n’ont pas les moyens de construire un abri pour se protéger du soleil et des intempéries. Les rescapés de cette commune se mettent ensemble pour nettoyer leur logis complètement détruites. À  la rue Saint Michel, dans la commune de Roche a Bateau, *Jacquelin et son épouse contemplent péniblement ce qui reste de leur résidence, des ustensiles de cuisine, des meubles éparpillés devant leur maison dont la toiture en tôle est emportée par les vents violents. Ne voulant pas s’apitoyer sur leur sort, ils ont décidé de réparer la toiture de l’une des 7 chambres de leur maison. « Nous nous efforçons avec nos propres moyens de reconstruire nos maisons. Nous ne pouvons plus dormir à la belle étoile, attendant l’arrivée de l’aide des autorités qui tarde à toucher notre localité », a déclaré Jacquelin, père de 7 enfants. D’autres rescapés de Roche à Bateau à l’instar de Jacquelin ont pu récupérer dans les boues des batteries de cuisine et des meubles. Ils essayent eux aussi de réhabiliter une partie de leur maison pour pouvoir se mettre à l’abri du soleil et des intempéries. Durant notre périple à Roche à Bateau, nous avons rencontré Marcelin, un gamin de 7 ans, il aide sa mère à rassembler des morceaux de bois et tôles pour reconstruire leur abri. Faute de moyens, ces habitants utilisent des matériaux usagés pour remettre sur pied leurs bâtisses. En attendant la fin de ces travaux ils passent des nuits sur des chaises à la belle étoile. « Je m’appelle Marcelin, j’ai 7 ans. Grâce à Dieu je me suis échappé sain et sauf des vents violents de l’ouragan. J’habitais au bord de la mer. Je veux aider ma mère à reconstruire sa petite maison » dit-il.   À Roche à Bateau, Coteaux ou à Tiburon, nombreux sont les sinistrés qui ont déjà abandonné les centres d’hébergement, ils disent craindre d’être contaminés au choléra. Désormais, ils mettent le cap sur la reconstruction. Ces nouveaux logis ne respectent aucune norme en matière de construction. Les sinistrés affirment tous qu’ils n’ont pas la possibilité de reconstruire leurs maisons convenablement. Ils fustigent le comportement des autorités gouvernementales qui disent-ils refusent de mettre en application le plan de relèvement post Matthew. « On vit très mal, les bâches nous protègent contre le soleil. Mais hélas elles ne peuvent servir à grand chose quand il pleut. C’est une véritable misère », murmure une habitante de Roche à Bateau. « Nous sommes abandonnés à nous même. Jusqu’à présent aucune autorité n’est venue nous assister », dénonce un jeune homme. Ces rescapés sont en proie à la famine La famine frappe déjà à la porte de ces rescapés de l’ouragan Matthew, parmi eux des enfants qui n’auront même pas les noix de coco comme ration alimentaire. « Quand il pleut c’est comme si on était en plein air. Les enfants sont trempés, ils sont tombés malades à cause du froid… Ici ce sont les noix de coco et banane tombés par la force des vents de l’ouragan qui nous servent de nourriture », explique Christela. Dans les ports de la péninsule Sud, un paquebot humanitaire en provenance de la Hollande transportant des kits d’hygiène destinés à la Croix Rouge Haïtienne au profit des victimes a été obligé de rebrousser chemin faute de sécurité pour son équipage. L’aide humanitaire arrive au compte goutte, les plus robustes s’accaparent de tout. Une octogénaire s’est fracturée le genou droit en allant récupérer de l’aide humanitaire. Une situation douloureuse qui donne froid au dos. « On est foutu. Les forts vents et les eaux en furie ont emporté tous nos biens, déclare-t-elle mort dans l’âme… Pourquoi Dieu n’a-t-il pas ôté ma vie se demande-t-elle. L’aide humanitaire détourné par des parlementaires et des officiels, le gouvernement décline toute responsabilité. Un entrepôt contenant d’aide humanitaire en provenance de la République Dominicaine stocké à la Société nationale des Parcs industriels dans la capitale Haïtienne est abandonné par les autorités gouvernementales. Certains parlementaires accompagnés d’hommes lourdement armé ont amassé tout ce qu’ils pouvaient dans cet entrepôt hors de tout contrôle. Dans la foulée, des acteurs de la société civile, des droits humains crient au scandale que l’aide humanitaire ne doit pas utiliser à des fins commerciales et électorales. En réponse, dans un discours peu clair, le ministre de l’intérieur François Annick Joseph affirme que le gouvernement a donné l’autorisation aux parlementaires de participer au transport des convois dans les zones affectés par l’ouragan. Un Plan de relèvement Post Matthew qui se fait attendre Depuis la fin du quinquennat du président Michel Joseph Martelly, lui qui n’a pas su organiser les élections a temps. Depuis lors, Haïti, cet état en déliquescence est dirigé par un gouvernement provisoire ayant à sa tête l’ancien sénateur Jocelerme Privert. Ce gouvernement provisoire dit avoir pris les dispositions pour activer la phase de relèvement à la fin de l’urgence. Une activation qui se fait encore attendre. Aucuns travaux de réhabilitation des maisons détruites ne sont remarqués à travers les zones affectées. Les sinistrés font face au désespoir, l’angoisse et la peur. Les destructions sont telles que la commune de Roche à Bateau pourra prendre des mois, voire des années, pour se relever. L’acheminement de l’aide humanitaire demeure un casse-tête pour les autorités plusieurs semaines après le passage de l’ouragan. De lourds soupçons pèsent sur la canalisation de dons destinés aux victimes. La commune de Roche à Bateau reste encore très difficile d’accès, par conséquent l’aide ne peut être acheminée normalement. Depuis le passage de l’ouragan ces rescapés n’ont rien vu. Pas d’aide médicale ni distribution d’eau encore moins de nourriture. Ils boivent l’eau de pluie. Beaucoup d’entre eux, dans les prochaines semaines, choisiront sans doute l’exode vers la capitale. Cet article vous est proposé par le Carrefour des Écoles, un projet d’échange entre plusieurs écoles de journalisme qui vise à mettre en valeur les productions d’étudiants du monde entier.   RÉDACTION : Banachecca PIERRE REVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ Copyright © Étend’Art/ EÉCOLE DES MÉDIAS

  • “Ainsi parla la mer ” un beau voyage dans l’océan filmique de Anorld Antonin

    « Ainsi parla la mer » : “Men sa Lanmè a di” se yon fim Arnold Antonin fenk fè, anba kout plim Gary Victor, ak vwa Gessica Généus makònen ak mizik BIC. Tout bèl nanm sa yo reyini talan yo, pou pote pou nou, yon vwayaj sansasyonèl, yon mesaj konsekan, se yon kout rèl pou fè n pran konsyans sou enpotans lanmè a, ke anpli fwa nou neglije, maltrete. " Men sa lanmè di "se yon fim kote lanmè a ap rakonte istwal ak pèp ayisyen an, se yon fasad nou potko janm wè ni tande de lanmè nou an. Se Gessica Généus ki fè vwa lanmè a ki ap adresel ak ayisyen yo epi ba yo lapawòl tou. Fim nan se yon envitasyon pou nou vwayaje ansanm, kontanple gwosè richès sa ke nou genyen nan men nou an. Men tou se yon apèl ak konsyans nou, se yon anmwey sekou, pou nou pran desten nou an men epi retire lanmè a nan sitiyasyon dezespere sa nou metel la. « Wi gen espwa, wi nou ka sovel men se pa rete chita pansel ak palel sèlman men fok nou aji timoun kou granmoun nou chak gen wòl pa nou pou nou jwe ». Arnold Antonin se yon sineyas, pwodiktè ayisyen. Anpil moun isit kou lòt bò dlo mete chapo ba devan l pou angajman sosyal, politik ak kiltirel li. Li se reyalizatè plis pase senkant (50) fim, pami yo nou ka site sa ki pi popilè yo ki se : “ Le president a-t-il le sida? ”, “Les amours d’un zombie” epi “ Piwouli et le zenglendo ” pou nou site sa yo sèlman. Nan yon chita pale nou te fè avek Arnold, li te pale nou de fim sa a li fèk soti ki rele : “ Men sa lanmè a di ” ki tradi nan lang franse an « Ainsi parla la mer ». Se yon fim tipikman lokal, tout sa nou gen pou nou wè ladann se isit yo fèt e li te pran tan pou li eksplike nou kijan tounaj fim nan pat yon moman ki te pote lajwa. Pou jan yo maltrete lanmè a, kote ke gen anpil bèt ki kite lanmè nou an al chache lavi lot kote. Move eksplwatasyon resous yo mete ak chanjman klimatik la makonnen ak polisyon mete lavi nou ak bèt kap viv anba dlo yo an danje. Premye sòti Men sa lanmè a di a kase pou mèkredi 4 mas la a senk kè nan laprèmidi (5hpm), nan lotèl Karibe, antre a lib e libè men se sou envitasyon kote ou dwe rele pou konfime wap vini epi vini a lè. Ou menm ki pap gentan pouw pase wèl mekredi a pa enkyetew, Arnorld gen nan lide li pou pase fim sa tout kote ayisyen reyini, ke seswa lekòl, inivèsite, sant kominotè ak anpil lòt. Yon fason pou mesaj enpòtan sa ki konsène nou tout rive nan zòrèy tout moun. Nap di yon gwo kout chapo pou Arnold Antonin ak tout ekip li a. Nap fini avek mesaj esansyèl fim nan : «  Lanmè a se yon gwo richès, se yon zanmi nou fèt pou nou trete byen pou li menm li ka pwoteje nou e trete nou byen tou  ». KOUT PLIM : Christelle PIERRE-LOUIS PASE MEN : Rodly SAINTINÉ ak Ravensley BOISROND MAK FABRIK : Chokarella 2020

  • Georges Castera, Yon flanm literè ki tenyen

    L’icône de la littérature haïtienne, Georges Castera est mort ce vendredi 24 Janvier à l’âge de 83 ans. Cette nouvelle a été annoncée par ses proches. le poète aurait rendu l’âme, en sa résidence à Pétion-Ville, suite à un malaise. C’est une grosse perte pour la littérature haïtienne, et tout le milieu culturel en est endeuillé. Georges Castera Fils, éminent poète haïtien, est né le 27 décembre 1936 à Port-au-Prince (Haïti). Dès son plus jeune âge il s’est intéressé à la lecture et l’écriture. Il fut l’un des poètes haïtiens les plus remarquables. Il a su marquer plusieurs générations, et a su imprégner la littérature haïtienne contemporaine, par sa belle plume. Dans les années 1950, Castera a commencé à publier dans les journaux de Port-au-Prince, et a été chaleureusement accueilli par ses pairs. Mais son premier recueil de poèmes : “Klou gagit“, a été publié à Madrid en 1965. Puisque le poète militant, anti-duvaliériste, a dû partir en exil. Au cours de l’année 1956, persécuté par le régime des “Tontons Macoutes“, Georges a dû quitter le pays. Il a donc vécu en France, en Espagne, puis aux États-Unis. À la chute de Duvalier en 1986, le poète est retourné au bercail, et il y a passé tout le reste de sa vie. Et comme il l’a voulu, c’est dans son antre natal qu’il est mort. Dans son périple vers d’autres cieux, Castera a exploré divers univers et champs d’activités, avant de se consacrer à son amour éternel, son assignation qui est la poésie. Au début Il a commencé à étudier la médecine en espagne, qu’il a abandonné plus tard, au profit d’une carrière poète. Grâce à sa plume déculottée, le chantre d e la poésie haïtienne, nous a offert des vers singuliers, d’une infinie beauté, qui se résonnent à jamais dans notre esprit. “Ou kouche nan bra m’Pwèl ou, cheri, tankou fwoumi fou Y’ap grenpe toupatouSou je m’, sou cheve m’Sou bouch mwen tou […] ” Et c’est ainsi qu’il s’est taillé une place d’honneur au rang des grands noms de notre littérature. Georges, à lui seul, a écrit au pan entier de l’histoire de la poésie haïtienne, et est donc devenu l’un des écrivains les plus prolifiques et respectés du pays. C’est toute la société qui pleure le départ de cet immense poète et écrivain dont les écrits resteront gravés à jamais dans la mémoire des gens. Il a su marquer l’histoire de la littérature de tout un peuple, et nous lui devons une fière chandelle. Georges Castera, la flamme poétique éternelle. RÉDACTION : Vanessa Engie SAINVILLE RÉVISION ET CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Bébéto JEAN COPYRIGHT : Chokarella 2020

  • Grace Ngyke KANGUNDU : Écrire pour surmonter l’impossible, le récit de vie d’une rescapée

    Grace Ngyke KANGUNDU et le modérateur a la conférence de la MDJ | © PHOTO : Rodly SAINTINÉ Survivante du double meurtre de son père et de sa mère, Grace Ngyke KANGUNDU se confie pour la première fois dans un livre poignant. 19 ans après cet évènement tragique, la journaliste prend le flambeau de la justice et fait de ce drame son  véritable combat. Un moment  bouleversant ! Ce mercredi 23 octobre, la Maison Des Journalistes (MDJ) était le théâtre d’une rencontre riche en émotions. Située en plein cœur de Paris dans le 15e arrondissement, cette structure unique au monde qui accueille et accompagne les journalistes refugié.es, a reçu l’auteure et militante congolaise, Grace Ngyke KANGUNDU, à l’occasion de la sortie de son livre : « Franck Ngyke KANGUNDU : le destin tragique d’un chevalier de la liberté », publié le 18 octobre 2024. Une rencontre émouvante ! Il est 16h 00. Oumaima, la responsable de communication de la Maison Des Journalistes s’empresse de descendre au sol pour faire les deniers préparatifs en vue d’accueillir les invités.  Les autres collaboratrices s’activent et commencent d’installer les chaises. Parallèlement une autre équipe installe les appareils de sonorisation et commence les vérifications de son. Entre temps les préparatifs se poursuivent, et  l’invitée d’honneur est déjà dans le hall. Une personne vient l’accueillir avec un bouquet de roses blanches, pour lui souhaiter la bienvenue. Le public commence à prendre place petit à petit. Quelles minutes plus tard, Marie une collaboratrice à la MDJ part chercher l’hôte pour l’amener à la salle de conférence. Une coupe de cheveux atypique avec un dégradé sur les côtés, vêtue d’un habit traditionnel africain : un ensemble imprimé floral de couleur jaune et bleu, Grace Ngyke KANGUNDU accompagnée de quelques amis longe lentement la pièce, puis s’assoit en face du public. Enfin tout est prêt. La rencontre peut commencer. Il est maintenant 17 heures moins le quart. Dans une ambiance musicale, au rythme de la rumba congolaise, les gens s’installent. Dans la petite salle au sol, une quinzaine de personnes sont réunies, pour la plupart des journalistes et quelques membres de la MDJ, présents à cette rencontre émouvante.   Une partie de l’assistance à la médiathèque de MDJ | © PHOTO : Rodly SAINTINÉ Un récit poignant qui ne laisse personne indifférent. Tous les invités sont réunis à la médiathèque pour assister à cette rencontre solennelle. La musique congolaise dans le fond, des gens se parlent. Certains échangent des mots en Lingala. Quand soudain... Un silence s’empare de toute la pièce. La musique s’est arrêté nette. Et d’une voix grave, le modérateur qui a accompagné l’écrivaine pour l’occasion, a débuté la rencontre. Après des propos de remerciement et de bienvenus, il passe le micro à Grace, qui a pris une grande respiration, puis commence le récit bouleversant de ce drame qui a marqué toute sa vie et qu’elle peine encore à surmonter, même 19 ans après. «  Je continue de souffrir psychologique […] Le traumatisme reste profond […] Aujourd’hui aucun d’entre nous n’accepte de revenir dans la maison familiale. » lâche Grace, visiblement très émue. “ On va venir vous violer et vous tuer… " C’est avec beaucoup d’émotions qu’elle évoque cette nuit tragique. «  Je grade vraiment un mauvais souvenir de cet évènement […] J’ai vu un homme succombé sous les bals alors qu’il ne voulait pas laisser ses enfants.  » Ce funeste 3 novembre 2005 où son père Franck Ngyke KANGUNDU et sa mère Hélène Mpaka ont été froidement abattu devant elle et ses sœurs les a marquées à vie. Grace n’avait que 18 ans quand les faits se sont produits. Mais elle se souvient de chaque détail, comme si c’était hier. Des cris de ses sœurs et la peur qui les habitait quand les assaillants ont menacé de s’en prendre à elles : «  On va venir vous violer et vous tuer…  ».  Se remémore-t-elle, le regard encore effrayé. Cet évènement a complètement chamboulé le cours de la vie de la famille Kangundu. «  Ça allait très mal dans la famille. Nous avons dû interrompre les études. La vie sociale a basculé du jour au lendemain. Par moment, on n’avait même pas de toit. Nous étions par ci par là…  » Souligne-t-elle d’une voix tremblante. Ce récit déchirant ne laisse personne indifférent. Walid Bourouis, un journaliste refugié tunisien, résident à la Maison Des Journalistes n’a pas caché ses émotions : « S incèrement c’est un témoignage poignant. […] Et encore plus quand la personne devant vous est une collègue journaliste […] Et ce qui me choque le plus c’est que 19 ans après la justice n’a été rendue […]  ». Et c’est quasiment le même ressentie pour tout le monde présent à cette rencontre.   Un livre pour tenter de se construire… `   Grace signant un livre | Affiche : Première de couverture du livre | © PHOTO : William LESSIEUR Les blessures psychologiques sont encore ouvertes, même 19 ans après. La famille continue de pleurer et craint encore d’éventuelles représailles, confie l’auteure presque discrètement. « A tout moment nous aussi, on sent en insécurité […] Les commanditaires sont encore au pays […] ». Et jusqu’ici, justice n’a pas été rendue. «  Jusque-là aucune suite… On est en train de forcer la main au gouvernement. Mais rien n’est fait  ». S’il est vrai qu’un procès a eu lieu suite à des enquêtes en 2006. Mais beaucoup pensent que c’était un simulacre. Comme le souligne André Ipakala Abeiye Mobike, éditeur chef de Franck à l’époque, rejoint au téléphone à un moment de la rencontre. «  Ce procès est une pièce de théâtre. Jusqu’ici on ne connait pas les assassins ni le motif du crime.  » Malgré tous ces mystères qui entourent l’affaire, Grace n’entend pas lâcher prise. Elle veut continuer à lutter pour exiger non seulement justice, mais la reconnaissance nationale des journalistes assassinés. Elle se bat pour une réparation morale et sollicite la solidarité vers les enfants, la famille des journalistes tués. «  Je souhaite que des stèles soient érigés en mémoire de tous les journalistes tués en RDC.  » Et ce livre, qui résonne comme un cri de cœur, est l’expression d’un combat pour la justice. Une forme de consolation pour toute une famille déchirée, rongée par la tristesse. «  C’est pour cela que j’avais résolu d’écrire ce livre […]  » «  Enfin nous avons exposé nos témoignages au grand public. C’est un soulagement. C’est un grand pas dans notre combat  ». RÉDACTION : Rodly SAINTINÉ

  • Une entrée des classes encore incertaine, cette année.

    Cette année encore, la rentrée des classes se déroule dans un contexte très précaire. Entre les problèmes de sécurité généralisée et les difficultés socio-économiques, l’année académique 2023-2024 s’annonce très compliquée pour les parents et leurs enfants. Depuis 2019, le système éducatif haïtien fait face à d’énorme difficultés. Au-delà des problèmes structurels qui n’ont de cesse de l’affaiblir ; le bon fonctionnement de l’école est paralysé non seulement par des problèmes socio-économiques et politiques majeurs, mais ajoutés ceux-là, les conflits armés qui enveniment davantage la plaie. Selon le Fonds des Nations-Unies pour l’éducation (UNICEF), pas moins de 1 700 établissements scolaires ont dû fermer leurs portes en 2022 dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. D’autres sont contraintes de déloger dans d’autres « quartiers plus ou moins sûrs ». Depuis plus près de 3 ans déjà, l’agglomérat de Port-au-Prince, est devenu le théâtre des violences de bandes armées qui sèment la terreur dans de nombreux quartiers. Notamment à Carrefour-feuille, Solino et àTabarre, qui ont été durement touchés par les assauts de bandits armés. Sans oublier d’autres villes et sections rurales du pays en proie à ce phénomène d’insécurité qui fait rage un peu partout sur le territoire national. Et face à cette situation, de nombreuses familles, y compris des élèves, ont fui vers des établissements scolaires publics, cherchant refuge ailleurs, pour tenter d’échapper aux attaques des criminels. Mais malgré, le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), a décidé d’organiser la rentrée pour le 11 septembre 2023, méprisant ainsi les péripéties auxquelles font face les populations les plus défavorisées du pays. Si pour certains : « lekòl pa ka tann », comme le claironne le slogan marketing du ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, Nesmy Manigat ; pour d’autres c'est une décision inconsidérée qui traduit le mépris du gouvernement vis-à-vis des problèmes de la masse ; et renforce l’inégalité sociale dans le système éducatif haïtien. RÉDACTION : Emmanuel Jr MARC RÉVISION & CORRECTION : John Wilson FELIX

  • Les banques en ligne en France : Entre séduction et inquiétudes

    En France, les banques en ligne séduisent de plus en plus d’usagers, surtout les jeunes générations, grâce à leurs services rapides et accessibles. Mais en 2024, les Français restent partagés : si ces établissements numériques attirent par leurs coûts réduits, ils suscitent aussi méfiance et interrogations sur la sécurité et la confiance. En une dizaine d’années, les banques en ligne ont connu une ascension fulgurante. Longtemps marginales, elles représentent aujourd’hui une part non négligeable du marché bancaire français. Selon plusieurs études récentes, près des trois quarts des Français utilisent déjà un service bancaire numérique, que ce soit pour gérer leurs comptes, effectuer des virements ou ouvrir un nouveau produit financier. Cette progression est encore plus marquée chez les moins de 35 ans : plus de huit jeunes adultes sur dix déclarent avoir recours à ces services, parfois en exclusivité. L’argument principal qui séduit les usagers reste le coût. Les banques en ligne affichent des tarifs très inférieurs à ceux des établissements traditionnels, avec des frais de gestion réduits, voire nuls, et des offres de bienvenue particulièrement attractives. À cela s’ajoute la rapidité : l’ouverture d’un compte se fait en quelques minutes depuis un smartphone, et les opérations courantes  consultation du solde, paiements, virements sont disponibles instantanément. Dans un monde où l’immédiateté est devenue la norme, cette praticité fait toute la différence. Cette nouvelle façon de gérer son argent correspond également aux habitudes numériques des jeunes générations. Habitués à commander, voyager et communiquer via leur téléphone, ils voient dans la banque en ligne une continuité logique de leur mode de vie. Pour beaucoup, il est impensable de devoir attendre l’ouverture d’une agence physique pour réaliser une opération bancaire simple. Un engouement qui n’efface pas la méfiance Pour autant, l’essor de ces acteurs numériques ne signifie pas la disparition de la défiance. Les Français entretiennent un rapport ambivalent aux banques en ligne : ils en apprécient la commodité, mais doutent encore de leur solidité. Une enquête récente révèle que 71 % des usagers expriment de la méfiance à l’égard des néo-banques. Les raisons invoquées sont multiples. La première est la sécurité : même si les statistiques de fraude restent très basses, l’imaginaire collectif associe encore le numérique à un risque accru de piratage ou de perte de données personnelles. La seconde raison tient à la relation humaine. La banque reste, pour de nombreux Français, un secteur dans lequel la confiance personnelle et le conseil jouent un rôle central. Or, les banques en ligne se caractérisent par l’absence d’agences physiques et par un accompagnement souvent limité à des interfaces numériques. Si ce modèle convient parfaitement à des clients autonomes et digitalisés, il laisse de côté ceux qui recherchent une écoute, un accompagnement et parfois un visage humain pour répondre à leurs interrogations. À cela s’ajoute une culture financière jugée encore fragile. Près d’un Français sur deux estimes ne pas disposer des connaissances suffisantes pour prendre des décisions financières éclairées. Dans ce contexte, la présence d’un conseiller, qu’il soit banquier, notaire ou gestionnaire de patrimoine, reste perçue comme indispensable pour les décisions lourdes : placement d’épargne, crédit immobilier, fiscalité ou transmission patrimoniale. Les banques en ligne, si elles séduisent pour les usages quotidiens, peinent encore à s’imposer sur ces terrains où la confiance repose sur la proximité. Un secteur en quête de nouveaux équilibres Face à cette situation contrastée, les banques en ligne et les pouvoirs publics travaillent à renforcer la sécurité et la transparence. Le cadre réglementaire européen, avec la directive sur les services de paiement (DSP2), a marqué un tournant en imposant des normes de sécurité renforcées, notamment l’authentification forte pour les paiements en ligne. Les résultats sont visibles : le taux de fraude sur les cartes bancaires en France est aujourd’hui historiquement bas, ce qui devrait, à terme, rassurer les usagers. Par ailleurs, de nouvelles solutions émergent pour concilier innovation et confiance. Le portefeuille électronique européen, baptisé Wero, illustre cette volonté d’instaurer une souveraineté numérique en matière de paiements. Déployé progressivement en France, il promet de sécuriser encore davantage les transactions tout en offrant une alternative européenne aux géants américains du paiement. Les banques traditionnelles, de leur côté, ne restent pas passives. Conscientes de la menace que représentent les néo-banques, elles investissent massivement dans la digitalisation de leurs services. Mais elles misent sur un modèle hybride, combinant la praticité des services en ligne et la force de leur réseau d’agences. Cette stratégie répond à une demande claire des Français : 80 % d’entre eux déclarent vouloir conserver une relation physique avec leur banque, tout en bénéficiant d’outils numériques performants. Le rapport des Français aux banques en ligne est à la fois une histoire d’adhésion et de prudence. Si l’essor de ces acteurs témoigne d’une appétence croissante pour la simplicité et la rapidité, la confiance demeure la clé de voûte de la relation bancaire. Entre réglementation européenne, innovations sécuritaires et montée en puissance d’outils numériques souverains, le secteur se dirige vers un nouvel équilibre où cohabiteront digitalisation et accompagnement humain. Pour les professionnels du patrimoine et du droit, cette mutation est une opportunité : celle d’accompagner les particuliers dans un univers bancaire de plus en plus complexe, où le besoin de conseil éclairé reste, paradoxalement, plus fort que jamais. RÉDACTION : William LESSIEUR

  • Affaire Paul Pogba : Le récit d’une histoire rocambolesque 

    SOCIÉTÉ - JUSTICE | AFFAIRE PAUL POGBA   L'ancien international francais, a l'entrainnement | Céline BRUNEAU |AFP Ce mardi s’ouvre le procès dans l’affaire Paul Pogba, au tribunal correctionnel de Paris dans le 16e arrondissement. Six hommes dont son grand frère, Mathias Pogba comparaissent devant le juge pour séquestration, chantage et tentative d’extorsion de plusieurs millions d’euros. Intrigue, suspens, rebondissements, tout y est.  L’affaire Paul Pogba est une histoire digne d’une série Netflix. C’est l’histoire de 5 amis d’enfance et d’un champion du monde français, empêtrés dans une arnaque sordide. Entre chantage, extorsion, maraboutage et séquestration, l’international français est pris dans une affaire sans précédent qui a défrayé la chronique.  Les origines de l'affaire Tout commence dans la nuit du 19 au 20 Mars 2022 à Roissy-en-Brie, en banlieue parisienne. Alors appelé en équipe de France, Paul Pogba décide de revenir dans son quartier d’enfance, la Renardière en Seine-et-Marne, avant de rejoindre les Bleus à Clairefontaine. Encore milieu de terrain à Manchester United, il dîne avec des amis à Roissy-en-Brie. À sa sortie, il est interpellé par Roushdane, un ancien du quartier au passé très sombre. « Il s’est passé une dinguerie... Tu dois venir Paul ! » lui lance Roushdane, raconte Paul, au juge d’instruction.   Le footballeur français est alors enlevé et emmené dans un appartement, situé à Rue de Prague, un quartier résidentiel de Montévrain (Seine-et-Marne). « Je descends de la voiture, Rouchdane marche devant moi. Il nous accompagne à l’appartement. On entre et là je vois Mam’s. J’étais très surpris […] » Plusieurs de ses amis d'enfance sont présents. Frustrés et très remontés contre lui, ils lui reprochent de ne pas les soutenir financièrement quand ils en ont besoin. « Très énervé, Rouchdane a ordonné à tout le monde d’éteindre leur téléphone » poursuit Paul Pogba devant le juge instructeur.  Une affaire sans précédent  Après 5 heures de séquestration, sous la menace des hommes armés, Paul s’est dit prêt à payer les 13 millions d’euros exigés pour sa protection. « Deux hommes encagoulés, armés d’un M16 et d’un fusil à pompe ont surgi dans la pièce et m’ont menacé violemment […] ». Ajoute Paul au bureau du juge.  Après des mois de pression et plusieurs centaines d’euros extorqués, Paul Pogba a finalement décidé de porter plainte le 16 juillet 2022 en Italie, puis quelques semaines plus tard en France. Une instruction a donc été ouverte. Au terme d’une enquête intense, foisonnant de révélations chocs et de rebondissements, le procès Paul Pogba s’ouvre enfin ce mardi 26 Novembre à Paris. Ce qui signe le troisième acte d’un feuilleton intriguant qui nous réserve plein de surprises.   RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ

  • 11 novembre : Chelles célèbre la mémoire des héros de la nation

    REPORTAGE | 11 NOVEMBRE | CHELLES Départ du cortège | © Rodly SAINTINÉ En ce jour du 11 novembre, Chelles, une ville de 54 mille habitants de la Seine-et-Marne, a honoré la mémoire des héros de la guerre et de tous les soldats morts pour la France. Au terme d’une célébration solennelle, riche en émotions et en symboles, cette petite ville située à près de 30 km de Paris, a commémoré ce jour historique qui marque l’Armistice de la guerre de 14-18. Sous un ciel assombri, près de 500 de personnes, le cœur exalté, sont réunis en ce 11 novembre 2024, pour rendre un vibrant hommage aux héros de la nation. Malgré une pluie persistante, l’émotion était palpable place des Abbesses. À côté de la mairie, la cérémonie a rassemblé habitants, élus locaux, musiciens, et enfants, jeunes et vieux dans une solennité marquée par le respect et la transmission. Entre commémoration et transmission, Chelles remplit son devoir de mémoire Il était 10h30, monsieur Brice Rabaste, franchit l’assistance d’un pas confiant et décidé, serrant la main aux participants. Vertu en costard-cravate de couleurs bleu marine, et d’une veste en laine noire, le maire LR de Chelles, arborant fièrement l’écharpe de la république, a exprimé sa fierté et ses remerciements aux gens pour leur présence à cet évènement. « C’est une fierté et un devoir de transmettre le message de paix aux futures générations, » confiait-il, rappelant que les commémorations permettent de sensibiliser au sacrifice des 1,4 million de Français morts pour la patrie. Brice RABASTE, Maire de CHELLES | © Rodly SAINTINÉ Le défilé, minutieusement orchestré, a donné le ton. Les musiciens, avec tambours, cornemuses et trompettes, ouvrent la marche, suivis des porte-drapeaux, des anciens combattants, puis des choristes composés en partie d’enfants. La foule avance en silence dans le centre-ville, leurs pas rythmés par les airs solennels joués par l’union musicale. À chaque arrêt, la mémoire collective se ravivait : une musique de guerre en face de la poste, un morceau joué dans le parc, et des hommages poignants aux plaques commémoratives. Des moments hauts en symboles et forts en émotions. Des moments hauts en symboles et forts en émotion Deux moments forts ont marqué cette cérémonie : L’hommage à Denis Rapeneau, un poilu chellois récemment retrouvé lors de travaux, honoré par les paroles émues des enfants de l’école élémentaire de l’Arcade Fleurie. Éric L’Hôte petit fils de André L’Hôte | © Rodly SAINTINÉ Puis, à la seconde plaque, dédiée aux morts de la Seconde Guerre mondiale, André L’Hôte, mort le 10 avril 1945, a été célébré en présence de son petit-fils, Éric L’Hôte. « Cette cérémonie, bénie par la pluie, est une leçon de paix, » a-t-il déclaré. Par ailleurs il se réjouit de l’hommage finalement rendu à son grand-père mort pour la France. Plaque commémorative de la guerre 1934 - 1945 | © Rodly SAINTINÉ Une transmission intergénérationnelle pour perdurer la mémoire des héros de la nation Gilbert Bramoull, ancien parachitiste | © Rodly SAINTINÉ Pour Gilbert Bramoullé, porte-drapeau et ancien militaire de carrière, la mission est claire : « Transmettre aux jeunes générations l’importance de ces sacrifices ». Cet appel fait écho avec le discours du maire, qui a rappelé l’importance d’unir toutes les communautés autour du devoir de mémoire et de la tolérance, surtout dans un monde où les conflits persistent. La cérémonie s’est conclue par la Marseillaise, chantée à l’unisson, avant un moment de convivialité à la mairie. La pluie, qui s’est arrêtée à la fin de la parade, semblait souligner la force symbolique de cet hommage, comme un écho à la transmission de la mémoire. REPORTAGE : Rodly SAINTINÉ & William LESIEUR

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