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- Le retour du sens : quand le consommateurisme cherche à se racheter
En 2025, acheter n'est plus un geste anodin. Chaque clic, chaque passage en caisse s'accompagne d'une interrogation silencieuse : à quoi cela sert-il vraiment ? Après des décennies d'excès et de surenchère, le consumérisme entame une métamorphose. Il continue de dominer nos vies, mais se pare désormais des habitudes de la vertu. Les marques parlent de sobriété, les consommateurs de responsabilité, et chacun prétend vouloir consommer « mieux ». Une révolution ? Pas vraiment. Plutôt une adaptation raffinée d'un système qui résiste à tout, même à ses remises en question. La fatigue du « toujours plus » Les confinements, les crises énergétiques et le dérèglement climatique ont profondément ébranlé la croyance dans la croissance infinie. Une génération de citoyens, connectés mais désabusés, aspire à une forme de cohérence : acheter sans culpabiliser, se faire plaisir sans détruire la planète. Les études d'opinion montrent que plus de 70% des Français déclarent vouloir « réduire leur consommation inutile ». Les placards débordent, les garages aussi, et l'espace devient un luxe. La société de l'abondance s'essouffle. Mais derrière les discours et les bonnes intentions, la mécanique reste la même. Les grandes plateformes savent recycler la contrition écologique en argument marketing. Elles vendent de la seconde main, de la « mode circulaire » ou du « zéro déchet premium ». Le minimalisme lui-même est devenu un produit de luxe. Acheter « moins mais mieux » est désormais un secteur en pleine expansion, trusté par les mêmes acteurs qui, hier encore, nous poussaient à acheter davantage. L'illusion verte du nouveau capitalisme En 2025, le greenwashing a pris une tournure quasi institutionnelle. Les marques vantent des bilans carbone « neutres », redistribuant une fraction symbolique de leurs profits pour la reforestation, mais continuent à produire massivement. L'économie mondiale reste nourrie par la consommation, moteur des emplois, des impôts et des ambitions politiques. Derrière les vitrines « écoresponsables » se cachent toujours les flux logistiques mondiaux, les entrepôts géants, les usines sous tension et l'énergie fossile. Ce paradoxe s'incarne dans la figure du « consommateur acteur » : citoyen lucide, souvent sincère, mais piégé dans un système auquel il ne peut se soustraire sans effort radical. On trie, on répare, on revend, mais rarement on renonce. L'économie de l'abonnement, du prêt à durée limitée et du dématérialisé entretient la dépendance légère à la nouveauté permanente. On loue ses vêtements, on change de téléphone « reconditionné » tous les ans, on chasse le superflu en ligne. Le consumérisme s'est digitalisé, plus fluide, plus discret mais toujours omniprésent. Vers une ère de la frugalité choisie ? Pourtant, dans les interstices, des modèles alternatifs émergent. Les circuits courts, la réparation locale, le troc numérique ou les communautés d'entraide témoignent d'un autre rapport possible aux objets. Certains territoires expérimentent la « décroissance heureuse », d'autres valorisent le « droit au temps libre » plutôt qu'au pouvoir d'achat. Ces initiatives restent minoritaires, mais elles signalent un basculement culturel. Consommer devient un acte politique, parfois même spirituel : une manière de mesurer sa place dans un monde saturé. Le consumérisme de 2025 n'a donc pas disparu ; il a changé de visage. De la possession ostentatoire à la sobriété mise en scène, il continue d'épouser nos désirs et nos contradictions. Le véritable enjeu, désormais, n'est plus de consommer moins ou mieux, mais de redéfinir ce que « avoir » signifie. Car tant que le bonheur se calculera dans le panier moyen, la révolution du sens restera inachevée.
- Ritchy Fortuné, ancien étudiant de l'école, a intégré Radio-Télé Métropole
Hello la famille ! L’ÉCOLE DES MÉDIAS | ÉCOLE DE LA RADIO continue sa belle et passionnante aventure. Et une fois de plus les exploits de nos étudiant•e•s continuent de résonner partout dans la presse haïtienne. Et le meilleur reste encore à venir. L'administration est ravie de partager avec vous les exploits et progrès de son ancien étudiant et actuel collaborateur, Ritchy Fortuné qui vient de gravir un échelon important dans sa carrière de journaliste. Puisque dès à présent notre progéniture travaille pour l’un des plus grands et plus respectueux des médias du pays. Ritchy Fortuné est un jeune journaliste, très passionné du métier. il a été journaliste-reporter et présentateur pendant près de 2 ans à Alter Radio, puis rédacteur à NETALKOLE MEDIA. Cette année il débute une belle et passionnante aventure avec à RADIO TÉLÉ MÉTROPOLE comme journaliste-reporter. Et, oui... ! Depuis le début de sa carrière de journaliste, Ritchy fait montre de son grand potentiel. Il est un journaliste sérieux, honnête, dynamique dévoué et appliqué. Partout où il passe, il laisse sa marque de professionnalisme qui force l’administration et le respect. Petit à petit il commence à frayer une place dans la cours des grands noms dans la presse haïtienne. Et un grand avenir s’ouvre devant lui dans le métier. Nous sommes vraiment fières d’avoir contribué à sa formation journalistique. Ritchy Fortuné a été l’un des meilleur•e•s étudiant•e•s de sa promotion. Sa progression ne nous étonne en rien. Au contraire, on attend beaucoup plus de lui. Et on sait qu’il y arrivera. Notons que Ritchy Fortuné est maintenant un collaborateur à l'école. Il travaille comme professeur de journalisme et chef d'atelier de présentation à l'ÉCOLE DES MÉDIAS au département : ÉCOLE DE LA RADIO NOUS SOMMES VRAIMENT FIÈRE DE LUI...!!! CONTINUE DANS CETTE VOIE, notre Ritchy adoré ! Nous te souhaitons BEAUCOUP DE SUCCÈS dans cette nouvelle aventure. ÉCOLE DES MÉDIAS | ÉCOLE DE LA RADIO, l’école qui forme la nouvelle GÉNÉRATION DE JOURNALISTES en Haïti
- Le programme de bourse : Jean Léopold DOMINIQUE & Vladjimir LEGAGNEUR, une façon pour l’ÉCOLE DES MÉDIAS d’honorer et de perpétuer la mémoire de ces deux (2) hérauts de l’information.
Le programme de bourse: Jean Léopold Dominique & Vladjimir LEGAGNEUR est un programme de bourses d’étude annuelle, initié en 2022 par l’ÉCOLE DES MÉDIAS. Lequel programme témoigne de l’engagement citoyen de l’école dans la lutte pour la liberté de la presse et la liberté d’expression en Haïti, et par-dessus tout, c’est une façon pour l’école d’honorer et de perpétuer la mémoire de ces deux (2) hérauts de l’information (Jean Léopold DOMINIQUE et Vladjimir LEGAGNEUR) qui ont payé le prix de leur vie pour informer la société. Notons que ce programme s’inscrit aussi dans le cadre des valeurs sociétales de l’ ÉCOLE DES MÉDIAS , et reflète donc sa politique de RSE (Responsabilité Sociale d’Entreprise) qui favorise l’accès à l’éducation pour tous·te·s et l’égalité des chances. Puisque l’ ÉCOLE DES MÉDIAS est une entreprise citoyenne, très impliquée dans la vie socio-éducative et culturelle du pays et le développement communautaire de sa région. Les bourses sont décernées respectivement le 14 Mars (Bourse Vladjimir LEGAGNEUR) et le 3 Avril (Bourse Jean Léopold DOMINIQUE). Ces bourses permettent à de jeunes (Filles et Garçons) dans chaque catégorie, d’étudier gratuitement à une école sérieuse, compétente et moderne qui est : ÉCOLE DES MÉDIAS-EM ; dans l’un des départements suivants : ÉCOLE DE LA RADIO (Atelier Pratique en Journalisme Radio) ÉCOLE DE LA TÉTÉ (Atelier Pratique en Journalisme Télévisé) ÉCOLE DE LA PRESSE (Atelier Pratique de Presse Écrite et Numérique) http://haiti.loopnews.com/content/ecole-des-medias-bourses-detudes-en-journalisme-disponibles JUSTIFICATIFS : Dans le souci de rendre la formation plus accessible à tous·te·s, et de contribuer à sa façon au développement communautaire de la société, l’ ÉCOLE DES MÉDIAS met en place un programme de bourses d’étude au profit de tous ceux et toutes celles qui aimeraient avoir une formation de qualité en journalisme, mais qui n’ont malheureusement pas le moyens financiers pour. Lequel programme est ouvert à tous·tes sans exclusivisme. Le programme de bourse d’étude : Jean Léopold DOMINIQUE & Vladjimir LEGAGNEUR est, par-dessus tout, un dispositif qui permet de combattre l’inégalité en matière de l’accès à la formation, et ainsi favoriser l’inclusion sociale par l’éducation et la formation professionnelle. Car plus un jeune est formé, plus il se sent intégré et impliqué dans la vie de sa communauté ; et moins il est vulnérable et susceptible de tomber dans des actes de banditisme ou autre. Donc cela dit, le programme de bourse d’étude: Jean Léopold DOMINIQUE & Vladjimir LEGAGNEUR peut à un degré ou à un autre contribuer [...] PRINCIPAUX OBJECTIFS : Dans l’idée d’accomplir sa principale mission, qui est de favoriser l’accès à l’éducation pour tous·te·s et l’égalité des chances, tout en contribuant au renforcement et au perfectionnement De l’enseignement de journalisme en Haïti ; l’ ÉCOLE DES MÉDIAS se fixe d’ambitieux objectifs dans le cadre de ce programme de bourses d’étude. Les objectifs de ce programme répondent tant à des besoins socio-professionnels, intellectuels que socio-économiques des jeunes de situation modestes. Lesquels objectifs sont : Permettre à de jeunes (filles et garçons) d’étudier gratuitement dans une école sérieuse, moderne et dynamique et d’y décrocher une profession pouvant leur permettre d’assurer leur avenir. Renforcer l’offre (publique) de la formation supérieure en Haïti. Combattre l’inégalité et favoriser l’accès à l’éducation pour tous·te·s en garantissant l’égalité des chances et des sexes. Favoriser l’inclusion sociale des jeunes par l’éducation et la formation professionnelle. Aidez à combattre, par le biais de ce programme, la délinquance juvénile dans le pays et ainsi réduire le risque d’enrôlement et d’implication des jeunes dans des gangs armés et des actes de banditisme. (Un phénomène très fréquent ce dernier temps). Offrir aux jeunes un cadre de formation pratique, standardisé, répondant aux normes et exigences de l’enseignement du journalisme. Contribuer au renforcement et à l’épanouissement de journalisme en Haïti. Former une nouvelle génération de journalistes haïtiens du pays pouvant assurer la relève dans le métier. Lutter pour la liberté de la presse et la liberté d’expression en Haïti. Honorer et de perpétuer la mémoire de ces deux (2) hérauts de l’information (Jean Léopold DOMINIQUE et Vladjimir LEGAGNEUR) qui ont payé le prix de leur vie pour informer la société.
- MOIS DE LA PRESSE 2025 : "L'éthique journalistique : Comment pratiquer le metier de maniere plus responsable en 2025 ? "
Le MOIS DE LA PRESSE 2025, organisé par l’École des Médias Haïti, s’est imposé comme un temps fort du journalisme et de l’engagement citoyen, mettant à l’honneur la liberté d’expression, la lutte contre la désinformation et le développement d’un journalisme de qualité dans le contexte haïtien. Depuis 2019 l’ ÉCOLE DES MÉDIAS organise ce grand événement annuel du 1er au 31 Mai pour poser les problématiques liées à la presse en Haïti et dans le reste du reste du monde. Cette initiative s'inscrit dans la volonté et l'engagement de l' ÉCOLE DES MÉDIAS de contribuer dans la lutte pour la liberté de d'expression et la presse. Et cette année encore l'évènement a tenu toutes ses promesses. Fidèle a sa tradition depuis 6 ans le MOIS DE LA PRESSE était une fois de plus, le théâtre de réflexions, d'échanges, de partages intellectuels entre journalistes, professionnels de médias (haïtiens et étrangers, professeurs, étudiant.e . s et le grand public. Du 1er au 31 mai, plusieurs activités ont marqué l'édition 2025 du MOIS DE LA PRESSE : interviews, tables rondes, ateliers, formations, causerie et débats. Parmi les temps forts, des interviews exclusives avec des grandes personnalistsé du journalisme comme Claudy Siar , Anabelle Jogoma-Andy et Matthieu Salabert , Laura Mbakop (RFI), ou encore Ludovic Place (Institut Superieur de Formation au Journalisme) , Rodly Saintine (ÉCOLE DE MÉDIAS), Alberic De Gouville (France 24) ou encore Ritchy Fortune , Guerby Jean (Radio Télé Métropole). Des enjeux de fond pour la presse haïtienne Cette année l'éthique et la déontologie journalistique était au cœur des réflexions et des échanges. Plus d'une dizaine journalistes haïtiens et étrangers ont répondu présents à ce grand évènement. C'était l'occasion aussi de poser d'autres problématiques liées du métier et faire l'état des lieux de la profession et de réfléchir sur la nécessite de pratiquer en 2025 un journaliste plus responsable et plus respectueux de la déontologie L’édition 2025 était marquée aussi par des réflexions profondes sur les défis actuels du paysage médiatique : l’impact des réseaux sociaux, la propagation rapide des “fake news”, la nécessité de renforcer le fact-cheking, mais aussi la précarité des journalistes travaillant en contexte difficile. Plusieurs partenaires se sont mobilisés pour fait de cette édition une belle réussite. L'édition 2025 réitère notre engagement et notre détermination pour une presse plus libre, et réaffirme l’importance de la presse pour la démocratie et les droits humains. Un espace d’innovation et de dialogue Le MOIS DE LA PRESSE a confirmé le rôle de l’École des Médias Haïti comme espace d’innovation, de dialogue et de formation continue, favorisant l’émergence d’une nouvelle génération de journalistes mieux préparés à répondre aux mutations de l’écosystème médiatique haïtien. L’événement a été unanimement salué par la communauté journalistique et les acteurs nationaux et internationaux soutenant la liberté de la presse. En conclusion, cette édition 2025 a démontré que la presse haïtienne, en dépit des difficultés, reste une force vivante pour la démocratie, la vigilance citoyenne et la défense des valeurs fondamentales du peuple haïtien.
- RENVOYÉ SPÉCIAL - EMI : « LE PRIX DE LA LIBERTÉ C’EST LE PRIX DE NOTRE VIE, ON LE PAYE AU JOUR LE JOUR. »
Le mardi 11 juin 2024, dans le cadre du programme « Renvoyé spécial » en partenariat avec le CLEMI et la région Île-de-France, des élèves du lycée Hector Berlioz à Vincennes ont eu la chance de s’entretenir avec Rodly Saintiné, journaliste haïtien exilé, directeur-fondateur de l'ÉCOLE DES MÉDIAS. À l’occasion de cette dernière rencontre de l’édition 2023-2024, les lycéens ont pu échanger avec l’intervenant sur son parcours, sur la place des médias en Haïti, la censure politique, mais aussi la vie au milieu d’une guerre de gangs et d’une situation socio-économique critique qui tourmente la population au quotidien. Au début de ces deux heures d’échange, Rodly Saintiné a énuméré à la classe les richesses culturelles et économiques de son pays qui le rendent unique. À quelques milliers de kilomètres de Miami et à la frontière avec la République dominicaine, Haïti dispose de magnifiques paysages et abrite de nombreuses croyances religieuses, notamment le catholicisme et le vaudouisme. De fait, c’est dans la culture que Saintiné entame sa carrière médiatique, animant une émission de musique à la radio où il reçoit de nombreux artistes locaux. Avec une économie principalement agricole, Haïti est un territoire qui de l’extérieur a tout ce qu’il faut pour rayonner à l’internationale, selon le journaliste. Néanmoins, l’injustice sociale est bien présente, Saintiné ayant vécu dans le plus grand bidonville du pays, Cité Soleil, ce qui le mènera à convertir les iniquités qu’il subit en force. Ainsi, il lui est arrivé d’inviter à plusieurs reprises des musiciens politiques et des activistes à prendre la parole afin de mettre la lumière sur l’instabilité nationale qui affaiblit Haïti. « Haïti est un beau pays, mais il reste le pays de tous les malheurs ». C’est ce que Rodly Saintiné définit comme le “paradoxe” d’Haïti, une situation qu’il propose aux lycéens de mettre en perspective tout le long de la conférence pour comprendre au mieux l’état de pauvreté de son pays. Il commence notamment par citer les nombreuses catastrophes naturelles, tel que le tragique tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a officiellement fait des centaines de milliers de morts, et qui fait partie d’un nombre important d’accidents qui ont drastiquement ralenti le développement du pays. Depuis des siècles, Haïti connait un fort dérèglement socio-économique, de son passé colonial à sa « double dette » dès son indépendance au début du 19e siècle, ayant dû rembourser des dizaines de milliards de dollars aux États Unis et à la France entre 1825 et 1950, menant le pays à une forte perte de croissance économique. En Haïti, ce sont aussi près de 85% des écoles qui se voient privatisées, l’accès à l’éducation étant restreint à une minorité. Ces dernières années, les dirigeants ont été plongés dans une grande crise politique, administrative et judiciaire, octroyant la possibilité aux gangs d’intervenir dans l’organisation de la vie politique ; acte qui se concrétise officiellement avec l’assassinat du dernier Président de la république d’Haïti en date, Jovenele Moïse, en juillet 2021. À ce jour, le poste à la présidence du pays est vacant. « La situation en Haïti renvoie à une insécurité totale. Ils ne font pas la différence entre un journaliste politique ou culturel : on devient automatiquement une cible. » Rodly Saintiné Un an plus tôt, en 2020, la vie de Rodly Saintiné bascule lorsqu’il décide de partager un reportage sur le lien entre une entreprise et les gangs à Cité Soleil. Comme d’autres journalistes, , il se retrouve rapidement dans le viseur des gangs unis par Jimmy Cherizier, dit “Barbecue”, un ancien policier à Port-au-Prince devenu l’un des criminels les plus influents du pays. Il assiste à une violence qu’il qualifie “d’inimaginable”, des homicides au quotidien commis par des individus lourdement armés. Elle contribue à une instabilité qui empêche de nouvelles élections et, surtout, qui bafoue la liberté d’expression et de la presse.Ainsi, en 2023, après de nombreuses mises en garde et tentatives d’assassinat, jusqu’à même mettre en scène sa propre mort pour disparaître des radars de ses opposants, Saintiné rejoint les 300 000 déplacés qui cherchent à s’extirper de la guerre civile qui gronde depuis déjà trois ans. Même en exil, il continue son travail journalistique en cachette, contribuant notamment à un reportage réalisé par Ritchy Fortuné, étudiant de l’école des médias en Haïti, sur l’enrôlement des enfants dans les gangs. En effet, aujourd’hui, ce sont près de 40 à 50% d’enfants qui constituent les groupes armés haïtiens. Dans ce reportage, l’un d’eux a eu le courage de témoigner, ce qui lui a valu la mort : un décès que Saintiné a déploré devant les lycéens. « Le prix de la liberté c’est le prix de notre vie, on le paye au jour le jour. » Rodly Saintiné, directeur de l' É COLE DES MÉDIAS En parallèle, il explique qu’il continue à gérer et à enseigner à l’école des médias qu’il a ouverte en Haïti, un projet au travers duquel il se bat au quotidien malgré les conditions déplorables de ses élèves qui assistent à ses cours en distanciel. De quoi attiser la curiosité et les questionnements des lycéens qui n’ont pas connu une telle violence à quelques pas de leur établissement scolaire. Lors d’une heure de dialogue, ils se sont surtout intéressés au parcours du journaliste lorsqu’il est arrivé en France en 2023, où il débarque presque sans aide et sans moyen de communication. “Les premiers huit jours, je les ai faits dans la rue”, a-t-il dit aux étudiants. Depuis qu’il vit sur le sol français, il continue à s’informer quotidiennement sur l’évolution de la situation dans son pays natal. « J’ai espoir qu’une certaine stabilité se rétablisse dans mon pays, assez pour que je puisse y retourner ». Pour l’instant, Rodly Saintiné loge toujours à la Maison des journalistes, qu’il décrit comme son “petit havre de paix.” Il finit par expliquer humblement aux élèves : “Je ne suis pas fier de ce que je vous raconte, je suis désolé, mais c’est la réalité.” Il clôture en beauté cette année de “Renvoyé spécial”, surpassant la censure qu’il subissait en Haïti en proposant une approche interactive sur son parcours, illustrant la puissance de la parole et d’une expression libre. R É DACTION : Benjamin Treilhes COPYRIGHT: MDJ 2024
- Football - Haïti : chronique d’une qualification historique pour la Coupe du monde 2026
Un exploit attendu depuis 50 ans. Dans la nuit du 18 novembre 2025, le football haïtien a renoué avec son plus grand rêve : la qualification pour la Coupe du monde, une première depuis 1974. En battant le Nicaragua (2-0) lors d’une ultime rencontre électrique et en profitant d’un match nul entre le Costa Rica et le Honduras, les Grenadiers se sont imposés en tête du groupe C de la zone Concacaf. Une victoire au parfum d’exploit, célébrée jusque dans les rues de Port-au-Prince, où des milliers de supporters ont laissé éclater leur joie, conscients de vivre une page mémorable de l’histoire sportive nationale. Ce mardi 18 novembre 2025, Haïti a refait l'histoire. 222 ans après la bataille de Vertières qui a scellé la victoire de ce vaillant peuple face à l'armée coloniale française, la première république noire du monde vient d'inscrire son nom en lettres d'or dans le football mondial. Derrière la performance, les hommes-clés Pour Johnny Placide, gardien et capitaine emblématique, cette qualification est l’aboutissement d’un parcours semé d’embûches :« On essaie de rester sereins, de garder la tête froide… mais ce soir, tout a basculé. Haïti est à la Coupe du monde, et ce n’est pas juste une récompense pour l’équipe, c’est pour toute une génération de footballeurs et de passionnés qui n’ont jamais cessé d’y croire. » Rubens Providence, jeune attaquant qui a brillé durant les éliminatoires, confie :« On savait que la pression serait énorme. Mais l’envie de faire tomber le mur était plus forte que tout. Je pense à tous les enfants qui jouent pieds nus dans les rues du pays, à ceux pour qui le foot demeure un espoir. Ce billet pour le Mondial, c’est aussi le leur. » Le sélectionneur Sébastien Migné, tout juste nommé, souligne l’importance du collectif dans cet exploit :« Ce groupe a su se relever après chaque épreuve. Les conditions ne sont pas idéales, on le sait, mais les joueurs ont montré une abnégation et une force de caractère exceptionnelles. Notre défi : aller plus loin, jouer sans complexe et porter haut les couleurs d’Haïti sur la scène internationale. » La passion du peuple : supporters et ferveur nationale Dans les quartiers animés, la qualification a instantanément enflammé les esprits.Julie, supportrice portée par l’émotion, témoigne : « J’ai pleuré devant ma télé, je n’avais connu que des déceptions… Voir Haïti rejoindre les plus grands, c’est comme si toute notre histoire renaissait. On va vibrer, danser pour nos Grenadiers ! » Junior, un jeune supporter du Cap-Haïtien, exprime une ferveur intacte : « Ici, le foot c’est tout. Cette qualification, c’est une revanche sur la vie, un message d’espoir pour tous les jeunes du pays. On va se mobiliser pour soutenir l’équipe, quels que soient les obstacles. » Une nation retrouvée, un défi à relever Cette qualification, au-delà du sport, questionne l’avenir d’Haïti. Dans un pays marqué par les crises, la réussite des Grenadiers transcende les divisions, mobilise les énergies positives et rappelle le rôle fédérateur du football.Pour Johnny Placide, le défi ne fait que commencer : « Aller au Mondial, c’est rejoindre le cercle fermé des grands. On sera attendus, mais on y va pour écrire notre histoire et montrer qu’Haïti a toute sa place sur la planète foot. » Avec un staff soudé, des joueurs déterminés et tout un peuple derrière eux, les Grenadiers aborderont la Coupe du monde 2026 avec l’audace de ceux qui ont attendu cinquante ans pour retrouver leur rêve. Plus qu’une qualification, c’est le retour de la fierté haïtienne sur la scène internationale.Le rendez-vous est pris : Haïti, terre de football, s’apprête à vivre un nouveau chapitre légendaire.
- Ki plas lang kreyòl la dwe genyen nan metye jounalis la nan peyi a ?
Pou make selebrasyon lang ak kilti kreyòl ane sa a, ÉCOLE DES MÉDIAS makònen ak CEPOROFOJUL te òganize yon gwo woumble jou ki te 24 oktòb la, anba tèm « wòl ak plas lang kreyòl nan metye jounalis la ». Jean Baptiste Anivince ak Iléus Papillon se te de entèvenan nan konferans sila. Nan ti bat bouch sa a piblik la ak envite yo te brase lide sou plizyè sijè e montre enpòtans lang kreyòl la e ki wòl li dwe jwe nan metye jounalis la. Nan kad koudjay lapawoli sila entèvenan yo te pwofite abòde plizyè lòt pwen enpòtan nan koze lang kreyòl la nan peyi a, tankou : ” Rapò lang kreyòl ak lang fransè a nan sosyete a ” Se te okazyon tou pou 2 entèvenan yo te manyen zafè prejije ak diskriminasyon lang kreyòl la pa janm sispann sibi nan soyete a. Daprè Jean Baptiste Anivince mòd diskriminasyon ak prejije sa yo la depi kèk tan nan sosyete a e medya yo, patikilyèman radyo, te ranfòse prejije sa yo. « Lontan, pale nan medya (radyo) te sinonim konn pale fransè. Men jounen jodia, nou kapab remake pale nan radyo an kreyòl se rale yon makòn oditè ak oditris ». Pou Prezidan Festival Literati Kreyòl la, fè metye la près yo an kreyòl se bay tout moun tout plim tout plimay aksè ak yon makòn enfòmasyon ak konesans. Paske lang kreyòl se kalfou kote pik kou mawon, zannana kou pengwen ka rankontre. Bò kote pa Iléus Papillon konsta yo pa twò diferan. « Lang kreyòl la se yon lang rezistans, ki pran nesans nan yon kontèks istorik espesyal ». Daprè powèt la : « Zansèt nou yo te envante zouti sa a yon manyè pou yo pat itilize lang kolon an, epi tou te yon mwayen pou yo te ka kominike antre yo san kolon an pat rive konprann ». Pou responsab kominikasyon « FEL » la, defann dwa lengwistik nou se yon egzèsis fondamantal ki dwe tanmen nan aprann pwodwi nan lang kreyòl ayisyen an. Pou n repete pawòl Iléus Papillon : « Ayiti se pi gwo kominote kreyolofòn nan monn lan ». Ki donk favorize emèjans lang kreyòl la se nan benefis tout moun. » Daprè jèn ekriven an lè Lydia Joy Bradford, yon etidyant nan ” Duke University ” nan peyi Etazini, te ekri tèz lisans li an kreyòl, se pou l te montre klè kou dlo kòk lang kreyòl la ka sèvi zouti pou pwodwi savwa menm jan ak nenpòt lòt lang. Ki donk aksyon sila ta dwe enspire plis etidyan, pwofesyonèl ak travayè laprès pa bò isit pou yo ka bay lang kreyòl la plis plas nan travay yap fè. Paske lang kreyòl la se sèl lang ki makònen tout ayisyen ansanm. Se avèk anpil pawòl nanm ak kèk bon jan konsèy envite yo te fèmen jounen konferans sila ki te fèt nan kad seri aktivite ÉCOLE DES MÉDIAS ak CEPROFOJUL tanmen pou make selebrasyon lang ak kilti kreyòl ane sa a. Aprè woumble sila, tout patisipan yo te sòti satisfè epi ranfòse konviksyon yo sou wòl ak plas lang kreyòl la genyen nan metye jounalis la. Yo tout dakò lang kreyòl la ka sèvi non sèlman kòm zouti pou bay bon jan enfòmasyon men tou se mwayen ki rasanble tout ayisyen tout plim tout plimay. KOUT PLIM : Geurby JEAN PASE MEN : Rodly SAINTINÉ ak Ravensley BOISROND MAK FABRIK : © CHOKARELLA 2021
- Informatique spatiale : comment la fusion du réel et du virtuel va bouleverser notre quotidien
Longtemps cantonnée à l’imaginaire collectif ou aux laboratoires de recherche, l’informatique spatiale s’invite en 2025 dans notre quotidien. Derrière ce terme se cache la fusion désormais tangible entre le monde physique et le numérique : espaces de travail hybrides ultra-performants, formation immersive, gestion intelligente des lieux. Ce saut technologique impensable il y a quelques années ne concerne plus seulement la Silicon Valley : il commence à transformer le quotidien au sein des entreprises, dans l’éducation ou même l’industrie du divertissement. Une (r)évolution que certains comparent à celle de l’arrivée du smartphone, tant elle chamboule les usages établis. Le bureau, la salle de classe et la maison… augmentés La principale promesse de l’informatique spatiale réside dans la capacité à superposer informations numériques et objets physiques en temps réel. Les nouveaux environnements de travail hybrides tirent parti de cette technologie : un ingénieur manipule un prototype à distance via des gants haptiques, une enseignante immerge ses élèves dans la Rome antique grâce à la réalité mixte, un manager visualise l’occupation d’un espace sans y être physiquement présent. L’informatique spatiale rebat les cartes de la productivité : formation accélérée, collaboration internationale fluide, réduction des coûts opérationnels… autant d’arguments qui séduisent entreprises et institutions éducatives. Si les casques de réalité mixte et les objets connectés sont la vitrine la plus visible de la tendance, c’est surtout l’avancée logicielle qui rend cette démocratisation possible. De nouvelles plateformes facilitent la création d’environnements simulés hyperréalistes : au CES 2025, Nvidia a présenté Cosmos, une solution permettant à des robots d’apprendre et de s’adapter grâce à des jumeaux numériques. Ces outils suscitent l’intérêt bien au-delà du secteur technologique : la santé, la logistique ou la culture innovent pour tirer parti de l’interaction homme-machine « augmentée ». Engagement, sécurité et fractures numériques : les défis de la mutation Cette accélération ne va pas sans soulever de vives questions. La multiplication de données sensibles dans les espaces hybrides impose une réflexion renouvelée sur la cybersécurité. L’interopérabilité des appareils, le respect de la vie privée et la formation aux nouveaux outils deviennent des enjeux majeurs pour éviter la fracture numérique. Parallèlement, le législateur s’empare du sujet : faut-il réguler l’accès à ces technologies ? Quels équilibres éthiques entre usages professionnels et vie privée ? Les débats s’intensifient alors que des start-ups se mobilisent déjà pour proposer des solutions ouvertes, durables et inclusives. Loin d’un gadget réservé aux initiés, l’informatique spatiale amorce en 2025 son passage à l’échelle grand public. Son impact promet de modifier en profondeur la façon dont nous travaillons, apprenons et interagissons avec notre environnement : un défi autant social que technologique qui redéfinit les frontières du réel et du virtuel.
- L’économie du jeu vidéo en 2025 : les joueurs aux commandes d’un marché en mutation
Le gaming est pleine ascension economique en 2025. Portée par plus de 3,4 milliards de joueurs et un chiffre d’affaires mondial dépassant les 300 milliards de dollars, l’industrie du jeu vidéo n’est plus seulement un secteur du divertissement : elle s’impose comme une puissance économique transverse où innovation, social gaming et compétition e-sport s’entrecroisent. « La frontière entre créateurs et consommateurs continue de s’effacer », explique Lise Bernard, analyste industrie tech chez NewZoo : « Le business modèle bascule du simple achat vers des logiques de microtransactions, services en cloud, et contenus sur mesure, plongeant les acteurs traditionnels dans une bataille mondiale pour l’attention. » Selon David Lefevre, responsable développement chez Ubisoft Paris : « L’IA et la data redéfinissent l’économie du jeu : l’adaptation des contenus en temps réel fait émerger des mondes évolutifs et ouvre la porte à une personnalisation poussée. Les studios qui ne s’alignent pas sur ces standards risquent de disparaître. » Vers un modèle freemium, mobile et casual : un marché à double vitesse Le casual gaming et le social gaming concentrent désormais près des trois quarts des revenus mondiaux. Les plateformes mobiles, portées par l’expansion rapide de la 5G et des smartphones parcourant le globe, touchent de nouveaux publics et bouleversent la hiérarchie des genres, du jeu solo à l’expérience collective.« Ce qui m’a le plus surpris ? L’arrivée massive des mini-jeux et applications sportives, qui rendent le gaming accessible à tous, des enfants aux seniors », témoigne Elias, streamer marocain. Manon, joueuse occitane, confirme : « Je ne dépense plus pour un jeu complet ; ce qui compte, c’est la possibilité de personnaliser, d’acheter des skins, et de participer à des événements en direct. La vraie valeur, c’est la communauté. » Mikaël, joueur e-sport amateur en Belgique, nuance : « Le business freemium est génial s’il reste éthique : trop de mécaniques de lootbox ou de microtransactions créent l’exclusion pour les petits budgets ou les plus jeunes. » E-sport, compétitions et enjeux structurels : la face visible du business En 2025, les compétitions internationales s’imposent comme piliers de l’économie globale du secteur.Pour Mathias Doll, organisateur d’événements chez EGamersWorld : « La professionnalisation des circuits e-sport, l’augmentation des prize pools et la couverture médiatique font du gaming un business comparable au sport pro. Mais tout le monde ne bénéficie pas de la même visibilité : des ligues émergentes peinent à convaincre sponsors et médias. » La communauté derrière la Coupe du monde Fortnite partage cette analyse. Pour Leandro Vitale, coordinateur de l’événement : « L’explosion des compétitions en ligne a créé des passerelles inédites entre amateurs et pros, mais aussi un âge d’or pour les sponsors et les plateformes de streaming, véritables moteurs de croissance. »Au sein du tournoi Valorant Champions, on observe un renouvellement des codes : « Le succès repose sur l’engagement de la communauté, la transparence, et surtout l’innovation dans les formats et règles », détaille un des organisateurs. Paroles de joueurs : entre passion et regards critiques Aminata, gameuse sénégalaise : « La diversité des expériences proposées par les jeux me permet de trouver un espace d’expression et de détente, mais je déplore la surabondance d’événements payants. On paie pour jouer, puis pour exister dans le jeu. »Pierre, joueur français, nuance : « Le jeu vidéo, c’est le seul secteur où le public façonne vraiment le marché. Chaque événement, chaque compétition internationale insuffle une dynamique, mais gare aux dérives commerciales : trop de marketing tue le plaisir. » Cheng, joueur pro en Chine : « L’économie du gaming est la seule à réunir des gens de tous horizons, mais attention : le modèle reste fragile. Les joueurs ne veulent pas devenir des consommateurs manipulés – il faut repenser le business en tenant compte de l’éthique et du bien-être mental. » L’économie des jeux vidéo en 2025 traduit une tension féconde entre hypercroissance mondiale, mutations technologiques et attentes d’une communauté diverse mais exigeante. Les témoignages réunis ici en rappellent la réalité : le gaming, moteur du business, doit rester à l’écoute de celles et ceux qui en font sa raison d’êtree.
- Aba Kanaval : Le coup de gueule de BIC
BIC, connu pour ses textes très engagés et surtout poignants; est un artiste conscients, qui s’implique dans la vie sociopolitique du pays. À travers ses chansons, il plaide pour la régénéressance de la société et la conscientisation de la jeunesse. Comme c’est la tradition chaque année; la période carnavalesque sert d’exutoire à certains artistes qui veulent dénoncer, critiquer les dérives, les problèmes socio-économiques et politiques du pays. Et comme à son habitude, depuis FLEX (ancien group de BIC), BIC se sert du carnaval comme un double prétexte :Tout en invitant au défoulement, à l’ambiance; BIC amène les gens à la réflexion. Et justement, ABA KANAVAL , la meringue carnavalesque 2017 de BIC est une invitation à la réflexion. Cette chanson est en adéquation à sa démarche artistique : « Toujours apporter un message conscient, un message de changement même sur des rythmes dansants. » Cette meringue carnavalesque de BIC , avec en featuring la remarquable CINTHIA ; se structure comme une complainte. Avec des couplets répétitifs, un court refrain, et des bridges qui servent de lien aux couplets. Teintée de couleurs racines, et agrémenté par des grooves électriques; la meringue de BIC mixte un peu de RARA, et de racine, de musiques traditionnelles avec quelques petites touches de musiques urbaines. ABA KANAVAL , en guise d’être une meringue très entraînante; est une invitation à la réflexion, une invitation à conscientisation. Pendant que le corps bouge, la tête raisonne. Une recette magique que BIC semble en tenir le secret. À travers un texte limpide, simple, des rimes plates, BIC pose les problématiques du carnaval haïtien des 10 dernière années, et exprime ses ressentis, son dégoût face à la déliquescence de cette festivité. Au terme d’un texte composé de deux parties : Une première tranche à travers laquelle BIC livre son coup de gueule : << Aba kanaval k ap kòche zòrèy pitit fi m yo. ABA ! ABA ! ABA ! Kanaval ki pa panse pou moun enfim yo >> […] BIC met une grosse claque aux organisateurs du carnaval, aux artistes, animateurs et promoteurs malhonnêtes. Quasiment tout le monde a eu son compte. Et dans la deuxieme tranche, BIC fait un hommage bien mérité à SAMBA KESSY et à BLACK EASY , disparus récemment en 2016; sans oublier un coup de chapeau au feu BLACK ALEX . Et le tout, sur un refrain de protestation : ABA ! ABA ! qui sert de toile de fond à la chanson et dans laquelle s’incrustent des bridges chantés par CINTHIA . En guise d’introduction, BIC met d’entre de jeu en exergue la trame de son message. Et il le fait de manière très intelligente. BIC, procède par le PARADOXE, figure de style qui consiste à surprendre en exprimant une idée contraire à ce qui est habituellement accepté. BIC sert d’une meringue carnavalesque pour critiquer le carnaval (du moins ce qu’il est devenu aujourd’hui). << Apre ansiklopedi tout mo sal yo. Apre anbativant kout yayad yo. Apre atis k ap detwi atis parèy yo. Kisa kanaval pote pou peyi sa a? >> […] La démarche de BIC est d’autant plus intéressante, dans la mesure qu’il utilise une forme interrogative pour asseoir son discours. Mais c’est une sorte d’interrogation rhétorique. Puisque BIC ne cherche pas à trouver des réponses, mais cherche à nous interpeller face à la dégénérescence du carnaval. Il cherche à susciter des réflexions, et à provoquer une conscientisation. ABA KANAVAL , résonne comme un texte satirique dans lequel BIC dénonce, critique les dérives. Le texte comporte une belle allégorie : Le carnaval avec ses perversités symbolise ici notre société avec toute son immoralité. Le texte se base aussi sur une forme d’antagonisme. BIC oppose sa vision du carnaval à ce lòbèy carnavalesque que nous vivons ces derniers temps. << Si se pou n montre lemond. Sa nou gen kòm valè, m dakò kanaval la Men si se sa n ap fè la a m pap bouke di. ABA ! ABA ! ABA ! >> […] Loin d’être un texte polémique, anti-carvanalesque, ABA KANAVAL plaide plutôt pour un autre carnaval, qui mettrait en valeur la richesse culturelle et toute la beauté du pays. ABA KANAVAL, cette meringue qui est à contre courant des dérives, des grivoiseries que fait montre le carnaval aujourd’hui; restera sans doute gravée dans les anales du carnaval haïtien. Cet article vous est proposé par le Carrefour des Écoles, un projet d’échange entre plusieurs écoles de journalisme qui vise à mettre en valeur les productions d’étudiants du monde entier. R ÉDACTION : Rodly SAINTINÉ copyright : ÉCOLE DES M ÉDAIS / UIT-JOURNALISME CANNES / ÉTEND’ART 2017
- Roche à bateau : à la rencontre des oubliés de l’État et des ONG
À Roche à Bateau dans la péninsule sud d’Haïti, des rescapés se relèvent difficilement. Près de 6mois après l’ouragan, les habitants peinent à retrouver le cours normal de leur vie. Ils tentent de réhabiliter les toitures de leur maison, sévèrement endommagées par les rafales de vents provoqués par l’ouragan Matthew dans la nuit du 3 au 4 octobre 2016. Près de 6 mois après le passage de Matthew, c’est un décor apocalyptique qui se dessine dans le paysage de la péninsule du sud. Des arbres abattues, des maisons éventrées, des espaces désertiques, des détritus qui jonchent le pavé, et des gens delaissés, qui triment dans la misère. Voilà l’image que l’on peut voir à Roche à Bateau. Mais malgré tout, les habitants essaient tant bien que mal de se refaire une vie. Dans un élan de solidarité, voisins et voisines s’organisent en « Konbit » pour récupérer des décombres des vaisselles et des meubles. Certaines familles, malgré leur difficile situation, accueillent des proches qui n’ont pas les moyens de remettre sur pied leur demeure. Rencontre avec des habitants Roche à Bateau, cette petite commune du département du Sud d’une superficie d’environ 65 kilomètres carrés, est méconnaissable. Si cette commune située sur la cote sud était réputée pour son charme pittoresque, avec ses belles plages au sable blanc inexploitées, son hospitalité et sa tranquillité naturelle, le paysage s’est littéralement transformé en scène d’horreur après le passage de l’ouragan Matthew. Située à environ 5 heures en voiture de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, Roche-à-Bateau, compte 18 394 habitants. L’ouragan dévastateur Matthew a détruit presque tout sur son passage. Dans cette contrée, les arbres et les plantations n’ont pas résisté aux averses ni aux rafales de vent de 10 kilomètre/ heure apportés par l’ouragan. Des pylônes électriques sont renversés tout au long de la cote de Sud d’Haïti, route qui s’amène vers Roche à Bateau. Les caprices de la nature ont brisés les rêves des paysans et compliquent leur conditions de vies jadis alarmantes . La solidarité face à l’adversité Dans un « Konbit », une forme traditionnelle du travail coopératif dans les milieux ruraux. Certaines familles dont leurs maisons ont pu résister aux vents et à la pluie accueillent des amis et des proches qui n’ont pas les moyens de construire un abri pour se protéger du soleil et des intempéries. Les rescapés de cette commune se mettent ensemble pour nettoyer leur logis complètement détruites. À la rue Saint Michel, dans la commune de Roche a Bateau, *Jacquelin et son épouse contemplent péniblement ce qui reste de leur résidence, des ustensiles de cuisine, des meubles éparpillés devant leur maison dont la toiture en tôle est emportée par les vents violents. Ne voulant pas s’apitoyer sur leur sort, ils ont décidé de réparer la toiture de l’une des 7 chambres de leur maison. « Nous nous efforçons avec nos propres moyens de reconstruire nos maisons. Nous ne pouvons plus dormir à la belle étoile, attendant l’arrivée de l’aide des autorités qui tarde à toucher notre localité », a déclaré Jacquelin, père de 7 enfants. D’autres rescapés de Roche à Bateau à l’instar de Jacquelin ont pu récupérer dans les boues des batteries de cuisine et des meubles. Ils essayent eux aussi de réhabiliter une partie de leur maison pour pouvoir se mettre à l’abri du soleil et des intempéries. Durant notre périple à Roche à Bateau, nous avons rencontré Marcelin, un gamin de 7 ans, il aide sa mère à rassembler des morceaux de bois et tôles pour reconstruire leur abri. Faute de moyens, ces habitants utilisent des matériaux usagés pour remettre sur pied leurs bâtisses. En attendant la fin de ces travaux ils passent des nuits sur des chaises à la belle étoile. « Je m’appelle Marcelin, j’ai 7 ans. Grâce à Dieu je me suis échappé sain et sauf des vents violents de l’ouragan. J’habitais au bord de la mer. Je veux aider ma mère à reconstruire sa petite maison » dit-il. À Roche à Bateau, Coteaux ou à Tiburon, nombreux sont les sinistrés qui ont déjà abandonné les centres d’hébergement, ils disent craindre d’être contaminés au choléra. Désormais, ils mettent le cap sur la reconstruction. Ces nouveaux logis ne respectent aucune norme en matière de construction. Les sinistrés affirment tous qu’ils n’ont pas la possibilité de reconstruire leurs maisons convenablement. Ils fustigent le comportement des autorités gouvernementales qui disent-ils refusent de mettre en application le plan de relèvement post Matthew. « On vit très mal, les bâches nous protègent contre le soleil. Mais hélas elles ne peuvent servir à grand chose quand il pleut. C’est une véritable misère », murmure une habitante de Roche à Bateau. « Nous sommes abandonnés à nous même. Jusqu’à présent aucune autorité n’est venue nous assister », dénonce un jeune homme. Ces rescapés sont en proie à la famine La famine frappe déjà à la porte de ces rescapés de l’ouragan Matthew, parmi eux des enfants qui n’auront même pas les noix de coco comme ration alimentaire. « Quand il pleut c’est comme si on était en plein air. Les enfants sont trempés, ils sont tombés malades à cause du froid… Ici ce sont les noix de coco et banane tombés par la force des vents de l’ouragan qui nous servent de nourriture », explique Christela. Dans les ports de la péninsule Sud, un paquebot humanitaire en provenance de la Hollande transportant des kits d’hygiène destinés à la Croix Rouge Haïtienne au profit des victimes a été obligé de rebrousser chemin faute de sécurité pour son équipage. L’aide humanitaire arrive au compte goutte, les plus robustes s’accaparent de tout. Une octogénaire s’est fracturée le genou droit en allant récupérer de l’aide humanitaire. Une situation douloureuse qui donne froid au dos. « On est foutu. Les forts vents et les eaux en furie ont emporté tous nos biens, déclare-t-elle mort dans l’âme… Pourquoi Dieu n’a-t-il pas ôté ma vie se demande-t-elle. L’aide humanitaire détourné par des parlementaires et des officiels, le gouvernement décline toute responsabilité. Un entrepôt contenant d’aide humanitaire en provenance de la République Dominicaine stocké à la Société nationale des Parcs industriels dans la capitale Haïtienne est abandonné par les autorités gouvernementales. Certains parlementaires accompagnés d’hommes lourdement armé ont amassé tout ce qu’ils pouvaient dans cet entrepôt hors de tout contrôle. Dans la foulée, des acteurs de la société civile, des droits humains crient au scandale que l’aide humanitaire ne doit pas utiliser à des fins commerciales et électorales. En réponse, dans un discours peu clair, le ministre de l’intérieur François Annick Joseph affirme que le gouvernement a donné l’autorisation aux parlementaires de participer au transport des convois dans les zones affectés par l’ouragan. Un Plan de relèvement Post Matthew qui se fait attendre Depuis la fin du quinquennat du président Michel Joseph Martelly, lui qui n’a pas su organiser les élections a temps. Depuis lors, Haïti, cet état en déliquescence est dirigé par un gouvernement provisoire ayant à sa tête l’ancien sénateur Jocelerme Privert. Ce gouvernement provisoire dit avoir pris les dispositions pour activer la phase de relèvement à la fin de l’urgence. Une activation qui se fait encore attendre. Aucuns travaux de réhabilitation des maisons détruites ne sont remarqués à travers les zones affectées. Les sinistrés font face au désespoir, l’angoisse et la peur. Les destructions sont telles que la commune de Roche à Bateau pourra prendre des mois, voire des années, pour se relever. L’acheminement de l’aide humanitaire demeure un casse-tête pour les autorités plusieurs semaines après le passage de l’ouragan. De lourds soupçons pèsent sur la canalisation de dons destinés aux victimes. La commune de Roche à Bateau reste encore très difficile d’accès, par conséquent l’aide ne peut être acheminée normalement. Depuis le passage de l’ouragan ces rescapés n’ont rien vu. Pas d’aide médicale ni distribution d’eau encore moins de nourriture. Ils boivent l’eau de pluie. Beaucoup d’entre eux, dans les prochaines semaines, choisiront sans doute l’exode vers la capitale. Cet article vous est proposé par le Carrefour des Écoles, un projet d’échange entre plusieurs écoles de journalisme qui vise à mettre en valeur les productions d’étudiants du monde entier. RÉDACTION : Banachecca PIERRE REVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ Copyright © Étend’Art/ EÉCOLE DES MÉDIAS
- Grace Ngyke KANGUNDU : Écrire pour surmonter l’impossible, le récit de vie d’une rescapée
Grace Ngyke KANGUNDU et le modérateur a la conférence de la MDJ | © PHOTO : Rodly SAINTINÉ Survivante du double meurtre de son père et de sa mère, Grace Ngyke KANGUNDU se confie pour la première fois dans un livre poignant. 19 ans après cet évènement tragique, la journaliste prend le flambeau de la justice et fait de ce drame son véritable combat. Un moment bouleversant ! Ce mercredi 23 octobre, la Maison Des Journalistes (MDJ) était le théâtre d’une rencontre riche en émotions. Située en plein cœur de Paris dans le 15e arrondissement, cette structure unique au monde qui accueille et accompagne les journalistes refugié.es, a reçu l’auteure et militante congolaise, Grace Ngyke KANGUNDU, à l’occasion de la sortie de son livre : « Franck Ngyke KANGUNDU : le destin tragique d’un chevalier de la liberté », publié le 18 octobre 2024. Une rencontre émouvante ! Il est 16h 00. Oumaima, la responsable de communication de la Maison Des Journalistes s’empresse de descendre au sol pour faire les deniers préparatifs en vue d’accueillir les invités. Les autres collaboratrices s’activent et commencent d’installer les chaises. Parallèlement une autre équipe installe les appareils de sonorisation et commence les vérifications de son. Entre temps les préparatifs se poursuivent, et l’invitée d’honneur est déjà dans le hall. Une personne vient l’accueillir avec un bouquet de roses blanches, pour lui souhaiter la bienvenue. Le public commence à prendre place petit à petit. Quelles minutes plus tard, Marie une collaboratrice à la MDJ part chercher l’hôte pour l’amener à la salle de conférence. Une coupe de cheveux atypique avec un dégradé sur les côtés, vêtue d’un habit traditionnel africain : un ensemble imprimé floral de couleur jaune et bleu, Grace Ngyke KANGUNDU accompagnée de quelques amis longe lentement la pièce, puis s’assoit en face du public. Enfin tout est prêt. La rencontre peut commencer. Il est maintenant 17 heures moins le quart. Dans une ambiance musicale, au rythme de la rumba congolaise, les gens s’installent. Dans la petite salle au sol, une quinzaine de personnes sont réunies, pour la plupart des journalistes et quelques membres de la MDJ, présents à cette rencontre émouvante. Une partie de l’assistance à la médiathèque de MDJ | © PHOTO : Rodly SAINTINÉ Un récit poignant qui ne laisse personne indifférent. Tous les invités sont réunis à la médiathèque pour assister à cette rencontre solennelle. La musique congolaise dans le fond, des gens se parlent. Certains échangent des mots en Lingala. Quand soudain... Un silence s’empare de toute la pièce. La musique s’est arrêté nette. Et d’une voix grave, le modérateur qui a accompagné l’écrivaine pour l’occasion, a débuté la rencontre. Après des propos de remerciement et de bienvenus, il passe le micro à Grace, qui a pris une grande respiration, puis commence le récit bouleversant de ce drame qui a marqué toute sa vie et qu’elle peine encore à surmonter, même 19 ans après. « Je continue de souffrir psychologique […] Le traumatisme reste profond […] Aujourd’hui aucun d’entre nous n’accepte de revenir dans la maison familiale. » lâche Grace, visiblement très émue. “ On va venir vous violer et vous tuer… " C’est avec beaucoup d’émotions qu’elle évoque cette nuit tragique. « Je grade vraiment un mauvais souvenir de cet évènement […] J’ai vu un homme succombé sous les bals alors qu’il ne voulait pas laisser ses enfants. » Ce funeste 3 novembre 2005 où son père Franck Ngyke KANGUNDU et sa mère Hélène Mpaka ont été froidement abattu devant elle et ses sœurs les a marquées à vie. Grace n’avait que 18 ans quand les faits se sont produits. Mais elle se souvient de chaque détail, comme si c’était hier. Des cris de ses sœurs et la peur qui les habitait quand les assaillants ont menacé de s’en prendre à elles : « On va venir vous violer et vous tuer… ». Se remémore-t-elle, le regard encore effrayé. Cet évènement a complètement chamboulé le cours de la vie de la famille Kangundu. « Ça allait très mal dans la famille. Nous avons dû interrompre les études. La vie sociale a basculé du jour au lendemain. Par moment, on n’avait même pas de toit. Nous étions par ci par là… » Souligne-t-elle d’une voix tremblante. Ce récit déchirant ne laisse personne indifférent. Walid Bourouis, un journaliste refugié tunisien, résident à la Maison Des Journalistes n’a pas caché ses émotions : « S incèrement c’est un témoignage poignant. […] Et encore plus quand la personne devant vous est une collègue journaliste […] Et ce qui me choque le plus c’est que 19 ans après la justice n’a été rendue […] ». Et c’est quasiment le même ressentie pour tout le monde présent à cette rencontre. Un livre pour tenter de se construire… ` Grace signant un livre | Affiche : Première de couverture du livre | © PHOTO : William LESSIEUR Les blessures psychologiques sont encore ouvertes, même 19 ans après. La famille continue de pleurer et craint encore d’éventuelles représailles, confie l’auteure presque discrètement. « A tout moment nous aussi, on sent en insécurité […] Les commanditaires sont encore au pays […] ». Et jusqu’ici, justice n’a pas été rendue. « Jusque-là aucune suite… On est en train de forcer la main au gouvernement. Mais rien n’est fait ». S’il est vrai qu’un procès a eu lieu suite à des enquêtes en 2006. Mais beaucoup pensent que c’était un simulacre. Comme le souligne André Ipakala Abeiye Mobike, éditeur chef de Franck à l’époque, rejoint au téléphone à un moment de la rencontre. « Ce procès est une pièce de théâtre. Jusqu’ici on ne connait pas les assassins ni le motif du crime. » Malgré tous ces mystères qui entourent l’affaire, Grace n’entend pas lâcher prise. Elle veut continuer à lutter pour exiger non seulement justice, mais la reconnaissance nationale des journalistes assassinés. Elle se bat pour une réparation morale et sollicite la solidarité vers les enfants, la famille des journalistes tués. « Je souhaite que des stèles soient érigés en mémoire de tous les journalistes tués en RDC. » Et ce livre, qui résonne comme un cri de cœur, est l’expression d’un combat pour la justice. Une forme de consolation pour toute une famille déchirée, rongée par la tristesse. « C’est pour cela que j’avais résolu d’écrire ce livre […] » « Enfin nous avons exposé nos témoignages au grand public. C’est un soulagement. C’est un grand pas dans notre combat ». RÉDACTION : Rodly SAINTINÉ












