top of page

Résultats de recherche

128 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Le « Paris» réussi de Medjy

    , Medjy boucle le « 48 Rebecca Tour » à Paris, ce 8 mai. Après le Québec, New York, Miami, Boston ; c’était au tour de la ville lumière d’accueillir l’ex chanteur du groupe « ENPOSIB ». Dans une ambiance de folie, devant près de 4 mille spectateurs, tous conquis et complètement sous le charme de l’artiste ; Medjy Toussaint a offert un spectacle à couper le souffle au dôme de Paris, ce vendredi 8 mai. Entre ses « gouyad » incessants et la douceur de sa musique, le chanteur a entraîné la salle dans spirale d'enjaillement et de bonne humeur. L'iconique chanteur au crane chauve a offert un récital spectaculaire, en enchaînant ses plus gros hits, l'uns après les autres, devant un public en liesse qui chante, crie, danse et se déhanche sur chaque morceau. L'ambiance était son comble. Tout le monde a vibré au rythme des émotions les plus palpitantes, sur les rives de la sublime discographie de Medjy. Plusieurs moments forts ont marqué ce concert : L’arrivée fulgurante de Medjy, sur scène à l’arrière d’une moto, a émoustillé la foule qui était impatiente d’accueillir son chanteur préféré. Et puis, l’exaltation du public allait monter encore d’un cran, quand Richard Cavé a fait son apparition sur scène, pour un duo exceptionnel avec son hôte. Mais les surprises ne se sont pas arrêtées là. En toute fin de spectacle quasiment, Joe Dwèt filé a surgi sur la piste, drapé du bicolore national. Une apparition surprise en signe de soutien à Medjy. Ce passage, bien que très bref, n’a pas marqué de ravir le public qui lui a témoigné toute son admiration sous une salve d’applaudissements et de cris de joie. Le concert événement « 48 Rebecce Tour », à Paris, a donc su tenir toutes ses promesses. L’artiste a bouclé la boucle de sa tournée à succès dans une orgie de lumières et de musiques, pour le plus grand bonheur de ses fans. Un pari réussi pour Medjy qui referme cette série de concerts sur une très belle note. RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ RÉVISION & CORRECTION : Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • La déconvenue des mercenaires latino-américains en Ukraine

    Des soldats ukrainiens et combattant étrangers lors d’une opération a Irpin | Daniel BEREHULAK | New York Time Depuis l’invasion russe en Ukraine en février 2022, des nombreux combattants étrangers ont rejoint les rangs de l’armée ukrainienne. Dans la foulée de la solidarité internationale, des mercenaires latino-américains notamment des colombiens, ont fait le grand saut jusqu’à Kiev. Rêvant de s’assurer une retraite dorée, ils se sont engagés sur le front. Un rêve qui tourne très vite en cauchemar. « On revient de l’enfer » s’exclame un rescapé colombien, contraint de rentrer au bercail. C’est un sentiment largement partagé par de nombreux mercenaires colombiens de retour au pays. Soulagés de revenir en vie, la plupart de ces combattants décrivent « une situation infernale et des conditions extrêmement difficiles. » La quête de pactole, une guerre dans la guerre Un butin de 4300 euros par mois à la clé, (soit 16 fois le salaire minium de la Colombie), et 300, 000 euros de dédommagement aux familles des victimes. De quoi faire saliver des anciens soldats en difficulté économique. A l’appel d’enrôlement international du président Volodymyr Zelensky, en 2022, des dizaines de colombiennes se sont ruées en Ukraine. Obnubilés par l’argent, ces mercenaires se sont précipités au front la conquête du pactole de guerre. Se croyant peut-être en visite touristique sous les tropiques, ces soldats avides sont pris au piège en Ukraine. Ils se sont heurtés très vite à la dure réalité de la guerre, sous les bombardements incessants des russes. À ce jour, 57 colombien sont tués, en Ukraine et 77 sont portés disparus. Et leur famille dans la tourmente attend désespérément le dédommagement promis par Kiev qui n’était qu’un leurre. Une migration économique sous couvert de guerre Si pour nombreux étrangers engagés dans cette guerre notamment les occidentaux, la motivation est plutôt géopolitique et stratégique, mais pour la plupart des combattant latino-américains elle est d’autant plus pécuniaire. Beaucoup sont d’anciens militaires cherchant à échapper à des situations de précarité, à rembourser des dettes ou à offrir un avenir meilleur à leur famille. Cette quête de stabilités économiques de ces combattantes « pigistes » contraste fortement avec l’idéal démocratique occidental. Loin d’un élan de solidarité, l’engagement sur le terrain de ces anciens militaires colombiens rime à une forme de migration économique sous couvert de guerre. RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ

  • Affaire Paul Pogba : Le récit d’une histoire rocambolesque 

    SOCIÉTÉ - JUSTICE | AFFAIRE PAUL POGBA L'ancien international francais, a l'entrainnement | Céline BRUNEAU |AFP Ce mardi s’ouvre le procès dans l’affaire Paul Pogba, au tribunal correctionnel de Paris dans le 16e arrondissement. Six hommes dont son grand frère, Mathias Pogba comparaissent devant le juge pour séquestration, chantage et tentative d’extorsion de plusieurs millions d’euros. Intrigue, suspens, rebondissements, tout y est. L’affaire Paul Pogba est une histoire digne d’une série Netflix. C’est l’histoire de 5 amis d’enfance et d’un champion du monde français, empêtrés dans une arnaque sordide. Entre chantage, extorsion, maraboutage et séquestration, l’international français est pris dans une affaire sans précédent qui a défrayé la chronique. Les origines de l'affaire Tout commence dans la nuit du 19 au 20 Mars 2022 à Roissy-en-Brie, en banlieue parisienne. Alors appelé en équipe de France, Paul Pogba décide de revenir dans son quartier d’enfance, la Renardière en Seine-et-Marne, avant de rejoindre les Bleus à Clairefontaine. Encore milieu de terrain à Manchester United, il dîne avec des amis à Roissy-en-Brie. À sa sortie, il est interpellé par Roushdane, un ancien du quartier au passé très sombre. « Il s’est passé une dinguerie... Tu dois venir Paul ! » lui lance Roushdane, raconte Paul, au juge d’instruction. Le footballeur français est alors enlevé et emmené dans un appartement, situé à Rue de Prague, un quartier résidentiel de Montévrain (Seine-et-Marne). « Je descends de la voiture, Rouchdane marche devant moi. Il nous accompagne à l’appartement. On entre et là je vois Mam’s. J’étais très surpris […] » Plusieurs de ses amis d'enfance sont présents. Frustrés et très remontés contre lui, ils lui reprochent de ne pas les soutenir financièrement quand ils en ont besoin. « Très énervé, Rouchdane a ordonné à tout le monde d’éteindre leur téléphone » poursuit Paul Pogba devant le juge instructeur. Une affaire sans précédent Après 5 heures de séquestration, sous la menace des hommes armés, Paul s’est dit prêt à payer les 13 millions d’euros exigés pour sa protection. « Deux hommes encagoulés, armés d’un M16 et d’un fusil à pompe ont surgi dans la pièce et m’ont menacé violemment […] ». Ajoute Paul au bureau du juge. Après des mois de pression et plusieurs centaines d’euros extorqués, Paul Pogba a finalement décidé de porter plainte le 16 juillet 2022 en Italie, puis quelques semaines plus tard en France. Une instruction a donc été ouverte. Au terme d’une enquête intense, foisonnant de révélations chocs et de rebondissements, le procès Paul Pogba s’ouvre enfin ce mardi 26 Novembre à Paris. Ce qui signe le troisième acte d’un feuilleton intriguant qui nous réserve plein de surprises. RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ

  • PROCÈS PAUL POGBA : ACTE 3 D’UN LONG FEUILLETON JUDICIAIRE

    Mathias Pogba au tribunal correctionnel de Paris pour son procès, le 26 novembre 2024. Il est accompagné de sa famille en arrière-plan sur la photo. Il est accusé d'avoir fait pression sur son frère Paul Pogba, champion du monde 2018 avec les Bleus. | Anne-Christine POUJOULAT | AFP Le procès dans l’affaire Paul Pogba a finalement été ouvert à Paris, ce mardi 26 novembre. Après plusieurs mois d’enquêtes et d’instruction, on entre à présent dans le troisième épisode de cette incroyable affaire qui met en scène des proches de Paul Pogba dont son grand frère Mathias, dans un vaste scandale de chantage, de séquestration et de tentative d’extorsion d’argent. Pour rappel, les faits remontent dans la nuit du 19 au 20 Mars 2022. Six hommes sont donc devant le tribunal correctionnel du 16e arrondissement pour leur implication présumée dans cette affaire dont Mathias Pogba, 34 ans, frère aîné de l’international français. Ils comparaissent du 26 novembre au 3 décembre dans cette étonnante affaire qui avait secoué le monde du football. Le déroulé de l’audience du 26 novembre : 13h00 : Les gens se précipitent dans la salle d’audience. Toutes les dispositions ont été prises pour la tenue de la première journée d’audition dans cette fameuse affaire. 13h31 : Mathias Pogba, accompagné de son avocat Me Tabula Mbeko, est arrivé à l'audience, en compagnie de sa mère, Yeo Mariba. Mathias Pogba au tribunal correctionnel de Paris pour son procès, le 26 novembre 2024. Il est accompagné de son avocat Me Tabula Mbeka et de sa famille en arrière-plan sur la photo. | Anne-Christine POUJOULAT | AFP Mais son petit frère Paul, partie civile dans l'affaire, n'est pas présent. Ce qui n’est pas une surprise. Puisque l’avocat de la star du foot, Me Pierre-Jean Douvier, l’avait déjà confirmé : « Paul Pogba ne viendra pas à l’audience. Ni aujourd’hui, ni toute cette semaine. Il n’a pas envie de venir et est de toute façon à l’étranger. » A souligné son avocat. 14h09 : Lancement du procès. L’appel des prévenus a été réalisé. Ils sont tous présents. Cinq d’entre eux, dont Mathias Pogba, comparaissent libres. Alors que, Roushdane K, est accompagné par la police. La présidente de la cour a procédé au rappel des faits en cours. L’audience a donc débuté. S’ensuivent plusieurs auditions. À 14h43 : Mathias Pogba a été appelé à la barre. Il était le dernier à être auditionnée. La présidente rappelle les infractions qui lui sont reprochées, notamment le fait d’avoir tenté d’obtenir la somme de 13 millions d’euros. Quelques minutes plus tard, les avocats de la défense ont pris la parole. Préoccupés par l’absence de Paul à l’audience, ils ont demandé le renvoi du procès. La cour a donc suspendu l’audience pour examiner la requête. Par ailleurs l’avocat de Roushdane K. a notamment demandé la nullité de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel et la remise en liberté de son client. Suite à la demande des avocats de la défense, la cour s’est retirée à 15h09. Un long moment de suspense s’est emparé de la salle. L’audience est dans l’expectative alors que les magistrats examinaient la demande de renvoi. Finalement à 15h33, l’audience a repris. Mais près d’une trentaine de minutes plus tard, la cour a dû se retirer à nouveau, suite à une nouvelle demande de la défense. Cette fois, tous les six avocats de la défense ont demandé à l’unisson la nullité de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, au motif d’une « erreur procédurale » des magistrats instructeurs. Offusqué par cette demande, l’avocat de l’ancien milieu de terrain des bleus, s’insurge : « Ce n’est pas le procès de Paul Pogba » il a rappelé que son client avait été entendu et il s’est rendu aux confrontations. « Il ne s’est défilé, à aucun de ses rendez-vous » A-t-il ajouté. Après des heures de tergiversations juridiques, la cour a donc tranché : « La demande en nullité de l’ORTC rejetée. » L’audience a été poursuivie jusqu’à 19h. En attendant le verdict final, ce long feuilleton judiciaire suit son cours jusqu'au 3 décembre. RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ

  • Liga : Le Barça gagne contre l'Atlético et prend le large au classement

    Le FC Barcelone bat difficilement l'Atlético de Madrid (2-1) au Wanda Metropolitano grâce à un but tardif de Robert Lewandoski. Les catalans ont pris désormais 7 points sur leur poursuivant et filent vers un nouveau titre de Liga. Le Barça file en tête. Le match choc de la 30e journée du championnat espagnol de football s'est tourné à la cause catalane au détriment d'un Atletico de Madrid réduit à 10 en fin de première période. Les blaugranas ont renversé l'équipe madrilène pour prendre ses distances à la tête du classement au dépend du Real Madrid battu plus tôt sur le terrain du Majorque 2-1. Avant de s'affronter coup sur coup en Ligue des Champions ce mercredi 8 et le mardi 14 avril en quart de finale les deux formations ont livré une bataille sans faille en Liga, ce samedi. Les colchoneros ont craqué qu'à la 87e minute après un but de la poitrine de Robert Lewansdoski rentrée en cours de jeu. Un match intense Le choc de la 30e journee de Liga a tenu toutes ses promesses, avec un début de match très intense. La première grosse occasion du match est venue à la 11e minute, Antoine Griezmann a réalisé un festival dans la défense catalane : petit pont, crochet ; mais sa frappe a été trop faible pour inquiéter Joan Garcia. Une minute plus tard de Fermin Lopez, a échoué face à Juan Musso. Ensuite, Griezmann a loupé une nouvelle frappe après une excellente passe de Baena. À peine, Lamine Yamal a trouvé le poteau à la 35e sur une petite balle piquée, Giuliano Simeone d'un plat de pied a battu Joan Garcia pour l'ouverture du score à la 39e suite à une passe de en profondeur de Clément Lenglet. Les Barcelonais ont recollé au score sur une contre-attaque, orchestrée par Rashford et Dani Olmo, l'anglais a conclut dans la surface à la 42e minute (1-1). Nico Gonzalez a été expulsé (45e+6) directement après révision de la VAR pour une faute sur Lamine qui allait au but. L'international argentin écopant un jaune dès la 22e pour avoir jouer délibérément un ballon des deux mains, était considéré comme le denier défenseur au moment de la faute. La mi-temps s'est soldé sur le score nul (1-1) Au retour des vestiaires, les deux équipes se sont livrées dans une bataille sanglante. Alors que le Barça essaye de faire le break, les hommes de Diego Simeone résistent. La tension montait de toute part. Gerard Martin avait vu rouge en début de seconde période pour une faute commise sur Thiago Almada après un dégagement. Mais après intervention du VAR, l'arbitre central est revenu sur la décision et a octroyé un carton jaune au défenseur catalan sous pression de l'équipe barcelonaise, les Colchoneros ont fait le bloc bas pour contrecarrer les offensives adverses. Dans l'intervalle, Lamine a manqué le cadre après un joli numéro technique au sein de la défense des locaux, a la 60e minute. De son côté Ferran à échoué à deux reprises 66e et 70e, face au MVP du match, Juan Musso. Mais pas de bol, le gardien colchonero a été impuissant face au missile de Joao Cancelo en repoussant le ballon maladroitement sur la poitrine de Robert qui a offert la victoire aux catalans. Le FC Barcelone compte désormais 76 points dans le classement contre 69 pour le Real Madrid (2e) à huit journée de la fin de la Liga. RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • 7e édition du MOIS DE LA PRESSE : Comment informer sans se soumettre ?

    L’information est un enjeu de pouvoir. Et depuis des siècles elle fait l’objet de nombre convoitises. Soumis à toute sortes de pressions : idéologiques, politiques, économiques ou autres ; ce bien commun qu'on devrait préserver, devient presqu'un vil produit de consommation courante. Dès lors, INFORMER cesse d’être un métier de service public pour se soumettre aux logiques de marché, au détriment des normes ethniques et déontologiques. Pourtant, la situation économique actuelle n'a de cesse de fragiliser les médias : baisse des revenus publicitaires, coût élevé de fonctionnement, concurrence féroce des plateformes numériques et crise de confiance du public, entre autres. Cette vulnérabilité pousse des journalistes à se soumettre ; et même certains organes de presse à faire des compromis éditoriaux ou à privilégier le sensationnel au détriment de l’intérêt public. En 2026, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire, la fragilité économique des médias, la pression politique, la désinformation et la montée des dépendances financières et technologiques ; la question de l’indépendance des médias et des journalistes s’impose avec une urgence particulière. Et dans un environnement marqué par le bouleversement géopolitique, la circulation accélérée de la désinformation, l’affaiblissement des institutions démocratiques et la montée des logiques de puissance ; les inquiétudes, quant à l'asservissement total de la presse, sont légitimes et se font de plus sentir. Comment les médias peuvent-ils préserver leur indépendance éditoriale et leur crédibilité sans devenir des relais d’intérêts politiques, économiques ou idéologiques ? La question se pose avec encore plus d’acuité dans des pays fragilisés par des crises internes, comme Haïti, où l’insécurité généralisée, l’effondrement quasi total de l’autorité publique, les problèmes socio-économiques, l’absence financements aux médias, la précarité du secteur médiatique et la pression des groupes armés compliquent davantage le travail des journalistes. La défense de l’indépendance des médias ne peut plus être pensée comme un simple principe abstrait. Elle doit être envisagée comme une exigence concrète, politique, économique et professionnelle. Sans sécurité, sans ressources stables, sans protection juridique et sans culture éditoriale forte, l’indépendance reste fragile, voire théorique. Dans le contexte actuel, renforcer la liberté de la presse signifie donc construire des médias capables de résister aux pressions, de diversifier leurs soutiens sans perdre leur autonomie, et de maintenir une pratique rigoureuse du métier au service du public. Dans un tel climat, comment les journalistes peuvent-ils garder leur autonomie intellectuelle et professionnelle, vérifier les faits, résister aux pressions et continuer à servir le droit du public à une information fiable ? Comment construire des médias réellement indépendants quand les conditions matérielles de leur survie dépendent souvent de partenaires qui peuvent, directement ou indirectement, peser sur leur ligne ? Face à toutes ces problématiques, une question se pose et même s’impose : Comment INFORMER sans SE SOUMETTRE ? Telle est la préoccupation principale de la 7e édition du MOIS DE LA MOIS. Cette année encore l’ÉCOLE DES médias et ses différents partenaires réunissent des journalistes haïtiens et étrangers, des patrons de médias, des chercheurs et autres personnalités pour débattre autour des grands enjeux journalisme. La problématique centrale du MOIS DE LA PRESSE 2026 consiste donc à interroger les conditions concrètes de l’indépendance journalistique dans un monde instable, polarisé et économiquement contraint. Il s’agit de comprendre quels mécanismes institutionnels, éthiques, financiers, juridiques et professionnels peuvent permettre aux médias de résister aux multiples formes de dépendance, tout en consolidant leur rôle démocratique. Autrement dit, comment garantir une presse libre, crédible et autonome dans un contexte où l’information elle-même est devenue un champ de lutte, de pouvoir et d’influence ? Au programme : Conférences ; débats ; ateliers de formation ; rencontres ; échanges ; causeries ; visites médiatiques. Et le tout ouvert gratuitement au public. Du 1er au 31 MAI, vous avec donc rendez-vous avec l’ÉCOLE DES MÉDIAS pour la 7e édition du MOIS DE LA PRESSE, ce grand événement journalistique annuel où l’on pose les problématiques du métier. Le MOIS DE LA PRESSE, l’espace de réflexions d’échanges et partages intellectuels autour du journalisme. RÉDACTION : ÉCOLE DES MÉDIAS RÉVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Shamacrane Angelito Isaac CHERY, créer pour exister autrement

    Entre contraintes matérielles, héritage familial et ambition affirmée, un jeune créateur transforme son parcours en une quête de style, d’identité et de reconnaissance. À 25 ans, Shamacrane Angelito Isaac CHERY, dit TO, trace sa voie dans l’univers de la mode depuis Cupidon, une localité de Petit-Goâve. Il y a des personnes qu’on ne rencontre pas vraiment, mais qu’on ressent. Au bout du fil, avant même de voir son visage, quelque chose passe : une énergie vive, presque rassurante. Shamacrane Angelito Isaac CHERY, dit TO fait partie de ces présences qu’on capte avant même de les comprendre. Sa voix porte une bonne humeur contagieuse, une forme de lumière tranquille. De grande taille, le visage ouvert, il dégage une élégance naturelle, avec quelque chose de posé, presque royal, sans jamais chercher à en faire trop. Mais derrière cette présence calme et assurée, il y a surtout un esprit en mouvement, une envie constante de créer et de se définir autrement. Un destin qui se tisse et confirme au fil du temps À 25 ans, Angelito détient sa propre marque TO CHERY, dirige son propre atelier et son école de couture, AEPM(Atelier école professionnelle de la mode). Son histoire avec la mode commence très tôt, dans les jupons de sa mère. Une femme qu’il décrit comme une combattante, qui l’a élevé après la perte de son père. De cette épreuve, il garde une décision simple : ne pas laisser la vie le malmener, mais apprendre à se construire autrement. Il grandit et vit à Cupidon, une localité située en périphérie de Petit-Goâve, non loin centre-ville. Dans cet environnement, Angelito observe très tôt les limites et les réalités qui façonnent sa communauté. C’est aussi là que naît une ambition claire : se démarquer des autres jeunes de son milieu et montrer qu’une autre trajectoire est possible. Créer en Haïti relève du défi. Le manque de matériel, la difficulté à trouver des tissus de qualité, l’usage de machines anciennes : « faire de la mode ici, c’est un véritable casse-tête », confie-t-il. Pourtant, il insiste la créativité, elle ne manque pas. Au-delà des contraintes, Angelito défend une vision. Il souhaite voir la culture haïtienne mieux valorisée à travers le vêtement. Les tissus traditionnels, comme le carabela, sont selon lui enfermés dans les seules fêtes, presque figés, alors même qu’ils restent coûteux et peu accessibles. Sa signature, elle, ne cherche pas la discrétion. « Se démarquer dans les lignes, les formes, les montages. On doit reconnaître mes pièces à travers l’extravagance. J’aime faire parler de moi. » Une esthétique assumée, qui traduit un besoin de visibilité autant qu’un désir d’expression. Adepte d’astrologie, Angelito se reconnaît dans son signe Gémeaux, un signe d’air. Il y voit une manière d’expliquer son rapport au monde la curiosité, le mouvement, la communication. « Une façon d’être en équilibre », dit-il, entre énergie et réflexion. Curieux de l’humain, il s’intéresse à la sociologie, à la psychologie, au travail social. Cette ouverture se prolonge dans sa manière de se définir. S’il était une couleur, il serait le vert l’espoir, la nature, l’équilibre. S’il était une musique, The Night We Met de Lord Huron, « parce qu’elle me fait voyager et reflète une partie de mon âme ». Son imaginaire le porte ailleurs, vers l’Italie, dont il admire le mode de vie et l’architecture, ou encore vers Jacmel, en Haïti, pour son héritage artistique. Mais ses ambitions, elles, restent bien ancrées. « L’idéal pour moi, c’est de devenir une icône de Petit-Goâve dans le milieu de la mode. » Une projection assumée, inspirée par des figures comme Karl Lagerfeld. Peut-être que ce qu’Angelito cherche, au fond, ce n’est pas seulement de créer des vêtements. Mais de laisser une empreinte, quelque chose qui dépasse les tissus et les formes. Et dans un pays où créer relève souvent du défi, lui choisit de continuer à imaginer à sa manière. RÉDACTION : Joodny SAINTILUS RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • LE PARRAIN, un film à double sens

    Le « Parrain » un film qui en dit long. Sorti en 1972, l’épilogue de cette saga devenue culte a bouleversé le paysage cinématographique de l’époque. Le film raconte l’histoire de 5 familles mafieuses newyorkaises d’origine italienne qui, dans les années 40, se disputaient farouchement des parts de l’industrie du crime. D’un côté la famille Corleonne, avec Don Vito Corleone, « Le Parrain », joué par Marlon Brando et de l’autre les familles Tattaglia, Barzini, Cuneo, Stracci. Ce film est l’adaptation du roman éponyme, sorti en 1969, de Mario Puzo, un écrivain et scénariste américain d’origine napolitaine. Magistralement mise en scène par Francis Ford Coppola, « Le Parrain » s’est inscrit dans les annales du 7e Art. Le film est considéré comme l'un des plus grands films du cinéma mondial et est classé à la deuxième place des meilleurs films du cinéma nord-américain par l'American Film Institute (AFI), derrière Citizen Kane. Un pari fou mais payant… « Le Parrain » né dans un contexte très particulier. À la fin des années 60 et début 70, Hollywood connait d’énormes difficultés financières. Et pour faire face à cette crise, le studio Paramount a fait un choix audacieux et casse les codes cinématographiques de l’époque. Il confie le film au jeune Francis Ford Coppola qui n’avait alors que 30 ans. Le jeune réalisateur avait tout à prouver ; et le studio Paramount avait tout à gagner. Ils ont fait le pari de lancer pour la plupart de jeunes comédiens talentueux et assoiffés de succès. Un casting inédit entre des acteurs connus en seconds plans et moins connu en premier plan. Ce qui a suscité beaucoup de curiosité et d’engouement. Notamment avec, entre autre Al Pacino, qui était quasiment inconnu à l'époque malgré son premier rôle principal, dans Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg, en 1971, ou même un certain Marlon Brando qui allait vraiment connaitre le succès international grâce ce film (Le Parrain). Donc ce pari fou mais très futé allait s’avérer payant et va ouvrir la voie à une nouvelle vague dans le cinéma Hollywoodien. « Le Parrain » est devenu l’un des films le plus influents dans le genre des films de gangsters et reste aujourd’hui encore une référence. Et ce, malgré quelques critiques acerbes, notamment en France a l’émission « le masque et la plume » où Jean Louis BORY a fustigé le film : « Ce n’est pas la crotte de bique, c’est de la bouse de Mammouth ». Il a été jusqu’à dire que le film « C’est se taper 3 heures de sauce tomate ». Mais malgré tout, ça n’a pas empêché au film de remporter de nombreuses récompenses. « Le Parrain », le récit d’une vie contrastée Tout le film est basé sur des controverses. Né dans une famille mafieuse, Michael Corleonne (interprété par Alpacino), s’est toujours mis à l’écart des affaires familiales, avant de prendre les rênes et devenir un redoutable baron de la mafia. Le film se construit sur des contrastes permanents et saisissants où le bien côtoie le mal. Et toute son esthétique traduit cette dualité. Le directeur photographique, Gordon Willis a opté pour une dynamique de clair-obscur (jeu d’ombre et lumière) qui est omniprésente dans le film. Le rythme est saccadé, avec une technique de montage parallèle. Les scènes s’entrechoquent et se bousculent. Mais pourtant il y a très peu de mouvement de cameras. En dehors de l’histoire des familles mafieuses, qui est la trame du film, « Le Parrain » raconte aussi une double culture : la vie newyorkaise des années 40 et 50 et la culture (italienne) bien ancrée. Avec des personnages stoïques mais très sensibles quant à la famille. Donc loin d’être le récit des crimes impitoyables entre des mafieux, « Le Parrain » est la narration d’une vie contrastée. Et pour saisir toute l’essence du film, il faut le regarder d’un autre œil. [Al pacino, est un acteur, réalisateur et producteur américain. Un brillant comédien au destin tourmenté. D’origine italienne, il est né à New York dans le Bronx, élevé par une mère célibataire. À 9 ans, il commence à fumer. À 13 ans il s’est mis à boire. Il a abandonné l’école au lycée pour se consacre au théâtre. Il fait un corps avec cet art. On dit même de lui « qu’il ne joue pas. Il est son personnage. »] RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ RÉVISION & CORRECTION : Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Festival Culturel KOJES, quand la culture devient promesse d’avenir

    Kolektif Jèn Solèy (KOJES) annonce la tenue de la deuxième édition du Festival Culturel KOJES du 28 avril au 02 mai 2026. A la croisée de la littérature, du théâtre et des arts vivants, cet événement annuel offre une scène d’expression aussi bien aux jeunes talents qu’aux artistes confirmés. Derrière les stéréotypes, les accusations et les jugements, Cité Soleil regorge de talents, d’esprits brillants et de véritables bâtisseurs d’avenir. C’est la vision portée par le « Kolektif Jèn Solèy » ( KOJES ) à travers son initiative pleine d’espoir, le « Klèb KOJES » qui rassemble enfants et jeunes autour de l’art, de la culture et de l’éducation. Dans cette dynamique est né le Festival Culturel KOJES , un espace de valorisation et de transmission du patrimoine haïtien. Lancée en 2025, il s’impose progressivement comme un rendez-vous incontournable de la scène culturelle haïtienne. Depuis cinq ans, l’organisation KOJES mobilise des jeunes issus de divers horizons, unis par une même conviction : faire de l’éducation et de la culture de véritables leviers de changement. Dans un contexte national particulièrement difficile, les organisateurs rappellent l’importance de ne négliger aucun secteur «  la culture, au même titre que le sport, demeure l’un des rares piliers capables de maintenir le pays à flot  ». Dans une interview accordée à IMÉDIAS , le coordonnateur général de la structure, Litainé Laguerre , salue l’engagement de toutes celles et de tous ceux qui ont contribué au bon fonctionnement de KOJES , y compris ceux qui ne sont pas originaires de Cité Soleil. « KOJES est une association qui travaille sur plusieurs projets en même temps. C’est tout un collectif qui œuvre depuis cinq ans. Contrairement à ce que beaucoup pensent, KOJES ne regroupe pas uniquement des jeunes de Cite Soleil. Certains membres ont même découvert la cité à travers leur engagement au sein de l’organisation. Il s’agit d’un ensemble de jeunes femmes et hommes engagés, convaincus de l’importance de promouvoir la culture et l’éducation. Ce sont d’ailleurs les principaux domaines d’intervention de KOJES  », rappel M Laguerre . Une programmation riche et diversifiée Pour cette deuxième édition, le public peut s’attendre à une programmation riche et diversifiée, comprenant des conférences et débats, des prestations de poésie et de slam, du théâtre et des lectures scéniques ainsi que de la danse et diverses performances artistiques. Parmi les temps forts figure la mise en valeur de la littérature haïtienne, notamment à travers le grand prix littéraire KOJES qui rend hommage à des écrivains ayant marqué durablement le paysage culturel. Cette année, le Grand Prix consacre une plume majeure de la littérature haïtienne : Evelyne Trouillot . Figure incontournable des lettres nationales, elle sera au cœur d’une journée spéciale pensée comme une immersion dans son univers. Au programme : une mise en scène de son œuvre marquante Rosalie l’Infâme, accompagnée de lectures scéniques qui donneront voix et chair à son écriture. Dans le même élan de valorisation du patrimoine littéraire, un hommage appuyé sera rendu à René Philoctète. A travers le concours de Lettres KOJES , les organisateurs entendent saluer l’héritage puissant laissé par cet écrivain majeur, dont l’œuvre continue d’irriguer la pensée et la sensibilité haïtienne. Mais au-delà des hommages, le Festival Culturel KOJES se veut également un véritable espace de transmission. Fidèle à sa mission de formation et d’inspiration, il prévoit l’organisation d’ateliers dans des domaines variés, destinés à outiller et accompagner la jeunesse. «  Ces ateliers occupent une place centrale dans la programmation. Ils offrent aux participants l’opportunité de rencontrer des professionnels, d’échanger librement avec eux et de mieux appréhender les réalités, souvent méconnues, des métiers artistique  », a fait savoir M Laguerre . Par ailleurs, le Concours de Lettres, notamment destiné aux enfants, s’inscrit dans une démarche d’éveil précoce à la créativité et à l’expression écrite. Pour KOJES , il s’agit d’un levier essentiel pour accompagner les plus jeunes et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération engagée, consciente et porteuse d’avenir. Une vision culturelle engagée Le Festival Culturelle KOJES se veut avant tout un espace de rencontre entre des acteurs culturels confirmés et de jeunes talents émergents, réunis pour célébrer le pays, confronter leurs idées et proposer de nouvelles alternatives. «  Pour cette deuxième  édition, l’objectif est clair : porter un nouveau regard sur la crise haïtienne à travers la culture, favoriser l’harmonisation sociale et encourager l’engagement collectif. KOJES souhaite ainsi mobiliser toutes les couches de la société autour d’un projet commun : faire vivre la culture malgré les difficultés », continue M Laguerre Une édition 2026 placée sur le signe de l'inclusion Selon le coordonnateur général de l’organisation, le festival ne se construit pas seulement au nom de Cité Soleil, mais bien avec elle «  l’édition 2026 du festival se distingue par une innovation majeure : une implication renforcée de Cité Soleil. Une journée entière sera dédiée à la communauté, marquant ainsi une évolution notable par rapport à la première édition. » Des dispositions ont été prises afin de garantir la participation effective des enfants et des jeunes de la zone, y compris lorsque certaines activités se déroulent en dehors de la commune  », annonce l’initiateur. L’objectif du festival est clair : permettre aux jeunes de s’exprimer, de se rencontrer et de participer activement au développement culturel du pays. Une organisation confrontée a nombre défis Toutefois, M Laguerre n’a pas manqué de souligner les nombreuses difficultés qui jalonnent les préparatifs de cet événement. «  La préparation du festival s’étend sur toute une année, avec un travail constant d’ajustement. Toutefois, les défis restent considérables, notamment l’insécurité et le manque de financement, et cette année, la diminution significative du nombre de partenaires a directement affecté les ressources disponibles, impactant jusqu’aux récompenses prévues pour les concours organisés dans le cadre du festival  », a-t-il confié. Face à ces contraintes, le Festival Culturel KOJES maintient pourtant une ligne claire : «  refuser toute forme de catégorisation stricte. Il privilégie la rencontre entre générations et la diversité des compétences, dans une dynamique de partage et de co-création . » A travers cette initiative, KOJES adresse un message fort a la jeunesse haïtienne : construire ensemble, malgré les incertitudes. «  Ensemble, nous sommes plus forts. Le pays ne disparaitra pas si nous décidons de le construire  », insiste M Laguerre . En dépit des obstacles, les organisateurs lancent un appel à la mobilisation, «  soutenir cette initiative, c’est participer activement à une autre vision du pays  ». Car pour eux, ne pas prendre part à cette deuxième édition c’est passer à côté d’un élan porté par des artistes engagés et une jeunesse résolument tournée vers l’avenir. Plus qu’un simple rendez-vous culturel, le Festival Culturel KOJES se veut un carrefour d’idées où la culture devient un outil de réflexion, de dialogue et de transformation sociale. Aussi, un espace de rassemblement, de reconstructions du lien social et de réprobation de l’espoir par la culture. RÉDACTION : Rose karlande DEROSIER RÉVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • L’inaction de l’État haïtien face aux déplacements internes engage-t-elle sa responsabilité internationale ?

    La responsabilité internationale de l’État peut être engagée lorsqu’il manque à son obligation de prendre les mesures nécessaires et raisonnables pour garantir la protection des droits humains. Dans le contexte des déplacements internes en Haïti, il convient dès lors d’examiner dans quelle mesure l’inaction ou les carences de l’État haïtien peuvent fonder une telle responsabilité. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, Haïti compte aujourd’hui plus d’un million de personnes déplacées internes en raison de la violence des gangs et de la dégradation de la situation sécuritaire. Si l’État n’est pas l’auteur direct de ces déplacements, il demeure néanmoins tenu à des obligations positives de prévention et de protection découlant des instruments internationaux relatifs aux droits humains auxquels il est partie. À cet égard, le droit de la responsabilité internationale, tel que codifié par la Commission du droit international dans ses articles 1 et 2, consacre le principe selon lequel tout fait internationalement illicite engage la responsabilité de l’État. Les règles relatives à l’attribution des comportements (articles 4 et ainsi que celles relatives aux circonstances excluant l’illicéité (articles 20 à 25) permettent d’apprécier la responsabilité en cas d’action ou d’inaction étatique. La jurisprudence internationale confirme cette approche. Dans l’affaire du Génocide (Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro, 2007), la Cour internationale de Justice a rappelé que l’État peut engager sa responsabilité pour manquement à son obligation de prévenir certains actes graves. Cette obligation relève d’une logique de moyens, non de résultat : l’État n’est pas tenu d’empêcher absolument la commission des violations, mais de déployer tous les moyens raisonnablement disponibles pour les prévenir lorsqu’il a connaissance, ou aurait dû avoir connaissance, d’un risque sérieux de leur survenance. L’inaction étatique au regard des obligations internationales Au regard des violences commises par des groupes armés et des massacres ayant contraint de nombreuses personnes à fuir leur domicile, ainsi que des atteintes graves aux droits et libertés qui en résultent, la question de la responsabilité de l’État haïtien se pose. Dans l’hypothèse où les autorités étatiques avaient connaissance, ou auraient dû avoir connaissance, de ces risques, leur responsabilité est susceptible d’être engagée en cas de manquement à l’obligation de diligence. En effet, en droit international, l’obligation de prévenir impose à l’État de déployer tous les moyens raisonnablement disponibles pour éviter la survenance de violations graves des droits humains. Dès lors que le risque est prévisible et que l’État s’abstient d’agir de manière appropriée, son inaction est susceptible de constituer un manquement engageant sa responsabilité internationale. Au regard de ce qui précède, l’inaction de l’État haïtien face aux déplacements internes ne peut être analysée comme juridiquement neutre. Lorsqu’un État est tenu à des obligations positives de protection des droits humains et qu’il s’abstient de prendre les mesures nécessaires et raisonnables face à des risques prévisibles, sa responsabilité internationale est susceptible d’être engagée. Entre responsabilité juridique et contraintes de l’État Toutefois, cette responsabilité ne saurait être appréciée de manière abstraite, sans tenir compte des contraintes institutionnelles, sécuritaires et matérielles auxquelles l’État est confronté. En droit international, l’obligation de protection demeure une obligation de moyens, ce qui exige une appréciation contextualisée des efforts effectivement déployés. Ainsi, la crise des déplacements internes en Haïti met en lumière une tension entre l’exigence juridique de protection des populations et la capacité réelle de l’État à y répondre. En l’espèce, elle appelle à un renforcement des mécanismes de prévention et de protection, afin que la vulnérabilité des populations ne devienne pas le reflet d’une carence structurelle de l’ordre juridique. Il faut clairement comprendre que la responsabilité internationale de l’État ne se mesure pas seulement à ses actes, mais également à ses silences face aux violations prévisibles des droits humains. Mais, à en juger par la réaction des autorités, l’inaction semble presque s’imposer comme un mode de gouvernance durable. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans « CARTE BLANCHE » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] [La photo de couverture est une image d'illustration, générée avec l'Intelligence artificielle] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026

  • Haïti : la hausse des prix des produits pétroliers ravive les flammes de la mobilisation estudiantine contre le gouvernement

    La montée des prix des produits pétroliers se révèle préoccupante pour des étudiants qui se positionnent et expriment leurs inquiétudes face à cette décision du gouvernement, entrée en vigueur le  2 avril. Cette flambée des prix crée de vives tensions entre chauffeurs et passagers et révolte la population. « Yon galon gaz pa ka pi chè pase salè minimòm lan » s'indignent des étudiants. Une décision qui pousse à la mobilisation La hausse des produits pétroliers vient mettre le feu aux poudres dans le pays. Pas plus de 24 heures après l’annonce officielle d'ajustement des prix des produits pétroliers dans le pays, la tension monte. Des protestataires se disent « prêts à  fouler le macadam » . Publiés conjointement par le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère du Commerce et de l’Industrie, les nouveaux tarifs fixent « la gazoline à 725 gourdes, le gasoil à 850 gourdes  et le kérosène à 845 gourdes ». Cette nouvelle fixation de prix, entrée en vigueur le 2 avril dernier, est très mal perçue dans l'opinion publique. Cette décision, qualifiée « d’injuste et irresponsable », préoccupe les étudiants qui pensent déjà à se mobiliser pour exiger le gouvernement Alix Didier Fils-Aimé de revoir le prix des produits pétroliers à la baisse. Regroupés sous le nom de « Mouvman Etidyan Popilè », ces étudiants  comptent bientôt occuper la chaussée pour entendre leur voix.   « Yon galon gaz pa ka  pi chè pase salè  minimòm lan  » s'indignent des étudiants. Le mot d'ordre est déjà lancé : « Mach kont  monte gaz ak ensekirite » et la mobilisation est prévue ce 20 avril à compter de 10h AM. Dans une correspondance du 10 avril 2026, adressée à la Direction Départementale de l’Ouest de la Police National, Les protestataires communiquent le parcours de la marche : Parant du Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti, à la fois le lieu du rassemblement, pour arriver à la Musseau, QG du gouvernement. L'objectif de cette manifestation est clair : « s'opposer à cette décision injuste et irresponsable du gouvernement », qui vient rajouter de l'huile sur le feu. Dans les rues, la confusion et la tension règnent Nous sommes à Gérald Bataille, une gare routière de Delmas 33. À la tombée du soir, c'est la confusion totale. Chauffeurs et passagers s'embrouillent. Dans un tohu-bohu assourdissant, en plein cœur d’un embouteillage monstre ; des marchands font des va-et-vient entre les véhicules. La tension monte d'un cran. L'ambiance est électrique « Rien à foutre ! Débarrasse moi de la porte. » s'insurge un rabatteur, en colère contre les passagers à l’arrière d’une camionnette assurant le transport de Gérald Bataille à Delmas 33. Très amère, « l'aide-chauffeur » exige 50 gourdes aux passagers, qui refusent et lui rappellent que « la course est fixée à 35 gourdes ». Offusqué, le chauffeur démarre sans attendre que toutes les places soient occupées, alors que la plupart des passagers voulaient s’en tenir au tarif convenu. Il a préféré repartir avec le véhicule quasiment vide, au lieu d’accepter le montant de 35 gourdes pour le trajet. Si dans certains circuits les prix du transport en commun restent conformes au document du Ministère des Affaires Sociales et du Travail, c’est tout le contraire dans d'autres. Dans certains endroits, les passagers se font faceà des tarifs exorbitants. Celui de Port-au-Prince à Carrefour l’illustre fort bien. Déjà estimé insupportable par les passagers, le montant de cette course passe de 150 gourdes à 200 gourdes dès l’entrée en vigueur de l’avis. Alors que le prix normal est de 75 gourdes . «  Le prix s’est fixé à 50 gourdes. Encore, restera-t-il à 50 gourdes... Il n’est pas bon pour nous  » témoigne un chauffeur, au micro de radio-télévision Métropole, qui assure le circuit de Route des Frères et Pétion-Ville. C’est alors que les chauffeurs décident de prendre à contre pied le prix des autorités étatiques pour faire savoir que désormais les passagers doivent payer 75 gourdes . Déjà en proie à une crise sécuritaire sans précédant, Haïti fait aussi face une à une grave crise économique. Selon les données disponibles de l' Institut Haïtien des Statistiques et d'Informatique (IHSI) , le pays accuse un taux d'inflation actuel de 22,1% . Dans de tel contexte, cette nouvelle hausse des produits pétroliers vient envenimer la situation d'un pays, déjà sombré dans la misère et l'insécurité. RÉDACTION : Delince JEAN-LOUIS RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • La jeunesse haïtienne face à un avenir incertain

    La mise en retrait apparente de la jeunesse haïtienne peut être comprise comme le produit de mécanismes imbriqués de domination sociale, de désorganisation normative et de contraintes, qui structurent et limitent ses marges d'actions. En Haïti, on n'a pas besoin de loupe pour constater l'absence d'institutions stables et légitimes, le retard des élections et la concentration du pouvoir entre les mains des " élites ". Cette situation peut être interprétée comme une forme de marginalisation institutionnelle, qui ne relève pas de l'indifférence des jeunes. Elle découle de mécanismes structurels reproduisant les hiérarchies sociales (Bourdieu) et, par conséquent, restreint l'accès des jeunes aux espaces de décision et limite leur influence. Outre l'empêchement structurel, il convient de souligner l'empêchement matériel et rationnel , car l'action collective (manifester, s'organiser, militer) comporte des risques immédiats et vitaux. Si l'on considère Port-au-Prince et sa situation fragile, s'exposer physiquement a un coût pouvant aller jusqu'à la vie elle-même, sans compter que chaque heure de moins consacrée à militer est une heure de moins pour la " débrouille " quotidienne nécessaire à la survie (Olson). À cela s'ajoute le coût potentiel d'une arrestation ou d'une blessure, en raison de l'absence de protection juridique et de l'inefficacité des institutions judiciaires haïtiennes. Dans ce cadre, la grande question qui se pose est la suivante : Pourquoi devrais-je risquer ma vie aujourd'hui si je peux bénéficier du changement demain grâce au sacrifice des autres ? C'est le paradoxe du passager clandestin. Si chaque jeune effectue ce calcul rationnel, personne n'agit et le statu quo persiste malgré l'incertitude de l'avenir. Pour inciter à l'action, il faudrait des incitations sélectives, mais le bénéfice direct et immédiat n'existe pas et les structures sociales et politiques restent déconnectées des besoins des jeunes, ce qui met en évidence une stratégie de défection plutôt que de protestation. Il n'est donc pas surprenant que, pour beaucoup de jeunes, le calcul rationnel penche vers l'émigration. Ce qui ressort de manière évidente dans la logique de l'empêchement d'action des jeunes, malgré un avenir incertain, est la désorganisation normative et la marginalisation symbolique. En effet, si le mérite, l'éducation ou le travail ne sont plus des vecteurs de réussite, pourquoi s'investir collectivement ? La désorganisation normative empêche la projection d'objectifs communs, d'autant que les mérites dans le contexte actuel sont réservés à des partisans aveugles. On constate ainsi des stratégies individuelles de survie à très court terme, au détriment de la coopération collective, car les règles du jeu ne sont pas stables (Durkheim). La jeunesse en retrait Le frein le plus puissant demeure l'invisibilité sociale : la jeunesse subit une forme de " mort sociale " ou de dépossession symbolique. Lorsque les jeunes ne sont pas reconnus comme partenaires, mais comme instruments au service d'intérêts particuliers ; lorsque l'État et les " élites " ne leur attribuent aucune valeur symbolique en raison des crises multiples, ce regard extérieur finit par être intériorisé, et le sentiment d'impuissance s'installe. Par conséquent, il est compréhensible que les jeunes haïtiens ne se mobilisent pas, car ils ne se sentent ni légitimes ni efficients dans un système où leur action semble dépourvue de sens et de valeur, ce qui traduit une forme d'aliénation sociale et politique. La situation alarmante de spectatrice de la jeunesse haïtienne peut également être analysée à l'aune de la spirale du silence d'Elisabeth Noelle-Neumann. Selon cette théorie, certaines opinions restent silencieuses dans la société, même si elles sont partagées par un nombre significatif de personnes. Que dit la jeunesse face à l'instabilité politique, aux violences, à l'impunité, à l'effondrement des droits humains et à tous les défis structurels du pays ? En dépit du fait qu'elle représente plus de la moitié de la population, ses idées et sa voix sont peu valorisées ou ignorées. Ainsi, la jeunesse devient spectatrice non par indifférence, mais par retrait stratégique dicté par la peur et l'isolement. Les individus craignent l'isolement social et sont donc moins enclins à exprimer publiquement leur opinion. À mesure que ce silence persiste, il renforce l'impression que l'opinion de la jeunesse est minoritaire, ce qui consolide ainsi la perception d'une opposition généralisée et alimente la spirale du silence. Sans doute, d'autres raisons peuvent expliquer le silence de la jeunesse haïtienne, malgré l'incertitude et l'inquiétude qui pèsent sur son avenir. Pourtant, si l'on se réfère à l'idée admise que la jeunesse est l'avenir du pays, il devient nécessaire d'examiner l'écart entre une jeunesse qui peine à exister et les possibilités potentielles de jouer un rôle pour lequel elle n'est pas préparée ni équipée. C'est tout un paradoxe. Il convient de préciser que cette analyse ne s'inscrit pas dans une dynamique visant à faire l'avocat du diable. Il ne s'agit pas non plus d'une critique froide de ceux qui devraient poser les pierres d'un avenir meilleur. On ne peut affirmer avec raison qu'ils ont échoué, car rien n'indique que la situation actuelle ne résulte pas d'objectifs communs et clairement définis. C'est une question des faits, constats et réalités objectives, confrontés à des données doctrinales et théoriques, afin de montrer en quoi la jeunesse haïtienne se trouve empêchée d'agir, même lorsque son avenir apparaît flou et inquiétant. Il s'agit de comprendre un empêchement systémique plutôt que de juger une absence de volonté. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans « CARTE BLANCHE » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] [La photo de couverture est une image d'illustration, générée avec l'Intelligence artificielle] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026

bottom of page