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- 7e édition du MOIS DE LA PRESSE : Comment informer sans se soumettre ?
L’information est un enjeu de pouvoir. Et depuis des siècles elle fait l’objet de nombre convoitises. Soumis à toute sortes de pressions : idéologiques, politiques, économiques ou autres ; ce bien commun qu'on devrait préserver, devient presqu'un vil produit de consommation courante. Dès lors, INFORMER cesse d’être un métier de service public pour se soumettre aux logiques de marché, au détriment des normes ethniques et déontologiques. Pourtant, la situation économique actuelle n'a de cesse de fragiliser les médias : baisse des revenus publicitaires, coût élevé de fonctionnement, concurrence féroce des plateformes numériques et crise de confiance du public, entre autres. Cette vulnérabilité pousse des journalistes à se soumettre ; et même certains organes de presse à faire des compromis éditoriaux ou à privilégier le sensationnel au détriment de l’intérêt public. En 2026, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire, la fragilité économique des médias, la pression politique, la désinformation et la montée des dépendances financières et technologiques ; la question de l’indépendance des médias et des journalistes s’impose avec une urgence particulière. Et dans un environnement marqué par le bouleversement géopolitique, la circulation accélérée de la désinformation, l’affaiblissement des institutions démocratiques et la montée des logiques de puissance ; les inquiétudes quant l'asservissement total de la presse, sont légitimes et se font de plus sentir. Comment les médias peuvent-ils préserver leur indépendance éditoriale et leur crédibilité sans devenir des relais d’intérêts politiques, économiques ou idéologiques ? La question se pose avec encore plus d’acuité dans des pays fragilisés par des crises internes, comme Haïti, où l’insécurité généralisée, l’effondrement quasi total de l’autorité publique, les problèmes socio-économiques, l’absence financements aux médias, la précarité du secteur médiatique et la pression des groupes armés compliquent davantage le travail des journalistes. La défense de l’indépendance des médias ne peut plus être pensée comme un simple principe abstrait. Elle doit être envisagée comme une exigence concrète, politique, économique et professionnelle. Sans sécurité, sans ressources stables, sans protection juridique et sans culture éditoriale forte, l’indépendance reste fragile, voire théorique. Dans le contexte actuel, renforcer la liberté de la presse signifie donc construire des médias capables de résister aux pressions, de diversifier leurs soutiens sans perdre leur autonomie, et de maintenir une pratique rigoureuse du métier au service du public. Dans un tel environnement, comment les journalistes peuvent-ils garder leur autonomie intellectuelle et professionnelle, vérifier les faits, résister aux pressions et continuer à servir le droit du public à une information fiable ? Comment construire des médias réellement indépendants quand les conditions matérielles de leur survie dépendent souvent de partenaires qui peuvent, directement ou indirectement, peser sur leur ligne ? La problématique centrale du MOIS DE LA PRESSE 2026 consiste donc à interroger les conditions concrètes de l’indépendance journalistique dans un monde instable, polarisé et économiquement contraint. Il s’agit de comprendre quels mécanismes institutionnels, éthiques, financiers, juridiques et professionnels peuvent permettre aux médias de résister aux multiples formes de dépendance, tout en consolidant leur rôle démocratique. Autrement dit, comment garantir une presse libre, crédible et autonome dans un contexte où l’information elle-même est devenue un champ de lutte, de pouvoir et d’influence ? Face à toutes ces problématiques, une question se pose et même s’impose : Comment INFORMER sans SE SOUMETTRE ? Telle est la préoccupation principale de la 7e édition du MOIS DE LA MOIS. Cette année encore l’ÉCOLE DES médias et ses différents partenaires réunissent des journalistes haïtiens et étrangers, des patrons de médias, des chercheurs et autres personnalités pour débattre autour des grands enjeux journalisme. Au programme : Conférences ; débats ; ateliers de formation ; rencontres ; échanges ; causeries ; visites médiatiques. Et le tout ouvert gratuitement au public. Du 1er au 31 MAI, vous avec donc rendez-vous avec l’ÉCOLE DES MÉDIAS pour la 7e édition du MOIS DE LA PRESSE, ce grand événement journalistique annuel où l’on pose les problématiques du métier. Le MOIS DE LA PRESSE, l’espace de réflexions d’échanges et partages intellectuels autour du journalisme. RÉDACTION : ÉCOLE DES MÉDIAS RÉVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- LE PARRAIN, un film à double sens
Le « Parrain » un film qui en dit long. Sorti en 1972, l’épilogue de cette saga devenue culte a bouleversé le paysage cinématographique de l’époque. Le film raconte l’histoire de 5 familles mafieuses newyorkaises d’origine italienne qui, dans les années 40, se disputaient farouchement des parts de l’industrie du crime. D’un côté la famille Corleonne, avec Don Vito Corleone, « Le Parrain », joué par Marlon Brando et de l’autre les familles Tattaglia, Barzini, Cuneo, Stracci. Ce film est l’adaptation du roman éponyme, sorti en 1969, de Mario Puzo, un écrivain et scénariste américain d’origine napolitaine. Magistralement mise en scène par Francis Ford Coppola, « Le Parrain » s’est inscrit dans les annales du 7e Art. Le film est considéré comme l'un des plus grands films du cinéma mondial et est classé à la deuxième place des meilleurs films du cinéma nord-américain par l'American Film Institute (AFI), derrière Citizen Kane. Un pari fou mais payant… « Le Parrain » né dans un contexte très particulier. À la fin des années 60 et début 70, Hollywood connait d’énormes difficultés financières. Et pour faire face à cette crise, le studio Paramount a fait un choix audacieux et casse les codes cinématographiques de l’époque. Il confie le film au jeune Francis Ford Coppola qui n’avait alors que 30 ans. Le jeune réalisateur avait tout à prouver ; et le studio Paramount avait tout à gagner. Ils ont fait le pari de lancer pour la plupart de jeunes comédiens talentueux et assoiffés de succès. Un casting inédit entre des acteurs connus en seconds plans et moins connu en premier plan. Ce qui a suscité beaucoup de curiosité et d’engouement. Notamment avec, entre autre Al Pacino, qui était quasiment inconnu à l'époque malgré son premier rôle principal, dans Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg, en 1971, ou même un certain Marlon Brando qui allait vraiment connaitre le succès international grâce ce film (Le Parrain). Donc ce pari fou mais très futé allait s’avérer payant et va ouvrir la voie à une nouvelle vague dans le cinéma Hollywoodien. « Le Parrain » est devenu l’un des films le plus influents dans le genre des films de gangsters et reste aujourd’hui encore une référence. Et ce, malgré quelques critiques acerbes, notamment en France a l’émission « le masque et la plume » où Jean Louis BORY a fustigé le film : « Ce n’est pas la crotte de bique, c’est de la bouse de Mammouth ». Il a été jusqu’à dire que le film « C’est se taper 3 heures de sauce tomate ». Mais malgré tout, ça n’a pas empêché au film de remporter de nombreuses récompenses. « Le Parrain », le récit d’une vie contrastée Tout le film est basé sur des controverses. Né dans une famille mafieuse, Michael Corleonne (interprété par Alpacino), s’est toujours mis à l’écart des affaires familiales, avant de prendre les rênes et devenir un redoutable baron de la mafia. Le film se construit sur des contrastes permanents et saisissants où le bien côtoie le mal. Et toute son esthétique traduit cette dualité. Le directeur photographique, Gordon Willis a opté pour une dynamique de clair-obscur (jeu d’ombre et lumière) qui est omniprésente dans le film. Le rythme est saccadé, avec une technique de montage parallèle. Les scènes s’entrechoquent et se bousculent. Mais pourtant il y a très peu de mouvement de cameras. En dehors de l’histoire des familles mafieuses, qui est la trame du film, « Le Parrain » raconte aussi une double culture : la vie newyorkaise des années 40 et 50 et la culture (italienne) bien ancrée. Avec des personnages stoïques mais très sensibles quant à la famille. Donc loin d’être le récit des crimes impitoyables entre des mafieux, « Le Parrain » est la narration d’une vie contrastée. Et pour saisir toute l’essence du film, il faut le regarder d’un autre œil. [Al pacino, est un acteur, réalisateur et producteur américain. Un brillant comédien au destin tourmenté. D’origine italienne, il est né à New York dans le Bronx, élevé par une mère célibataire. À 9 ans, il commence à fumer. À 13 ans il s’est mis à boire. Il a abandonné l’école au lycée pour se consacre au théâtre. Il fait un corps avec cet art. On dit même de lui « qu’il ne joue pas. Il est son personnage. »] RÉDACTION: Rodly SAINTINÉ RÉVISION & CORRECTION : Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- Festival Culturel KOJES, quand la culture devient promesse d’avenir
Kolektif Jèn Solèy (KOJES) annonce la tenue de la deuxième édition du Festival Culturel KOJES du 28 avril au 02 mai 2026. A la croisée de la littérature, du théâtre et des arts vivants, cet événement annuel offre une scène d’expression aussi bien aux jeunes talents qu’aux artistes confirmés. Derrière les stéréotypes, les accusations et les jugements, Cité Soleil regorge de talents, d’esprits brillants et de véritables bâtisseurs d’avenir. C’est la vision portée par le « Kolektif Jèn Solèy » ( KOJES ) à travers son initiative pleine d’espoir, le « Klèb KOJES » qui rassemble enfants et jeunes autour de l’art, de la culture et de l’éducation. Dans cette dynamique est né le Festival Culturel KOJES , un espace de valorisation et de transmission du patrimoine haïtien. Lancée en 2025, il s’impose progressivement comme un rendez-vous incontournable de la scène culturelle haïtienne. Depuis cinq ans, l’organisation KOJES mobilise des jeunes issus de divers horizons, unis par une même conviction : faire de l’éducation et de la culture de véritables leviers de changement. Dans un contexte national particulièrement difficile, les organisateurs rappellent l’importance de ne négliger aucun secteur « la culture, au même titre que le sport, demeure l’un des rares piliers capables de maintenir le pays à flot ». Dans une interview accordée à IMÉDIAS , le coordonnateur général de la structure, Litainé Laguerre , salue l’engagement de toutes celles et de tous ceux qui ont contribué au bon fonctionnement de KOJES , y compris ceux qui ne sont pas originaires de Cité Soleil. « KOJES est une association qui travaille sur plusieurs projets en même temps. C’est tout un collectif qui œuvre depuis cinq ans. Contrairement à ce que beaucoup pensent, KOJES ne regroupe pas uniquement des jeunes de Cite Soleil. Certains membres ont même découvert la cité à travers leur engagement au sein de l’organisation. Il s’agit d’un ensemble de jeunes femmes et hommes engagés, convaincus de l’importance de promouvoir la culture et l’éducation. Ce sont d’ailleurs les principaux domaines d’intervention de KOJES », rappel M Laguerre . Une programmation riche et diversifiée Pour cette deuxième édition, le public peut s’attendre à une programmation riche et diversifiée, comprenant des conférences et débats, des prestations de poésie et de slam, du théâtre et des lectures scéniques ainsi que de la danse et diverses performances artistiques. Parmi les temps forts figure la mise en valeur de la littérature haïtienne, notamment à travers le grand prix littéraire KOJES qui rend hommage à des écrivains ayant marqué durablement le paysage culturel. Cette année, le Grand Prix consacre une plume majeure de la littérature haïtienne : Evelyne Trouillot . Figure incontournable des lettres nationales, elle sera au cœur d’une journée spéciale pensée comme une immersion dans son univers. Au programme : une mise en scène de son œuvre marquante Rosalie l’Infâme, accompagnée de lectures scéniques qui donneront voix et chair à son écriture. Dans le même élan de valorisation du patrimoine littéraire, un hommage appuyé sera rendu à René Philoctète. A travers le concours de Lettres KOJES , les organisateurs entendent saluer l’héritage puissant laissé par cet écrivain majeur, dont l’œuvre continue d’irriguer la pensée et la sensibilité haïtienne. Mais au-delà des hommages, le Festival Culturel KOJES se veut également un véritable espace de transmission. Fidèle à sa mission de formation et d’inspiration, il prévoit l’organisation d’ateliers dans des domaines variés, destinés à outiller et accompagner la jeunesse. « Ces ateliers occupent une place centrale dans la programmation. Ils offrent aux participants l’opportunité de rencontrer des professionnels, d’échanger librement avec eux et de mieux appréhender les réalités, souvent méconnues, des métiers artistique », a fait savoir M Laguerre . Par ailleurs, le Concours de Lettres, notamment destiné aux enfants, s’inscrit dans une démarche d’éveil précoce à la créativité et à l’expression écrite. Pour KOJES , il s’agit d’un levier essentiel pour accompagner les plus jeunes et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération engagée, consciente et porteuse d’avenir. Une vision culturelle engagée Le Festival Culturelle KOJES se veut avant tout un espace de rencontre entre des acteurs culturels confirmés et de jeunes talents émergents, réunis pour célébrer le pays, confronter leurs idées et proposer de nouvelles alternatives. « Pour cette deuxième édition, l’objectif est clair : porter un nouveau regard sur la crise haïtienne à travers la culture, favoriser l’harmonisation sociale et encourager l’engagement collectif. KOJES souhaite ainsi mobiliser toutes les couches de la société autour d’un projet commun : faire vivre la culture malgré les difficultés », continue M Laguerre Une édition 2026 placée sur le signe de l'inclusion Selon le coordonnateur général de l’organisation, le festival ne se construit pas seulement au nom de Cité Soleil, mais bien avec elle « l’édition 2026 du festival se distingue par une innovation majeure : une implication renforcée de Cité Soleil. Une journée entière sera dédiée à la communauté, marquant ainsi une évolution notable par rapport à la première édition. » Des dispositions ont été prises afin de garantir la participation effective des enfants et des jeunes de la zone, y compris lorsque certaines activités se déroulent en dehors de la commune », annonce l’initiateur. L’objectif du festival est clair : permettre aux jeunes de s’exprimer, de se rencontrer et de participer activement au développement culturel du pays. Une organisation confrontée a nombre défis Toutefois, M Laguerre n’a pas manqué de souligner les nombreuses difficultés qui jalonnent les préparatifs de cet événement. « La préparation du festival s’étend sur toute une année, avec un travail constant d’ajustement. Toutefois, les défis restent considérables, notamment l’insécurité et le manque de financement, et cette année, la diminution significative du nombre de partenaires a directement affecté les ressources disponibles, impactant jusqu’aux récompenses prévues pour les concours organisés dans le cadre du festival », a-t-il confié. Face à ces contraintes, le Festival Culturel KOJES maintient pourtant une ligne claire : « refuser toute forme de catégorisation stricte. Il privilégie la rencontre entre générations et la diversité des compétences, dans une dynamique de partage et de co-création . » A travers cette initiative, KOJES adresse un message fort a la jeunesse haïtienne : construire ensemble, malgré les incertitudes. « Ensemble, nous sommes plus forts. Le pays ne disparaitra pas si nous décidons de le construire », insiste M Laguerre . En dépit des obstacles, les organisateurs lancent un appel à la mobilisation, « soutenir cette initiative, c’est participer activement à une autre vision du pays ». Car pour eux, ne pas prendre part à cette deuxième édition c’est passer à côté d’un élan porté par des artistes engagés et une jeunesse résolument tournée vers l’avenir. Plus qu’un simple rendez-vous culturel, le Festival Culturel KOJES se veut un carrefour d’idées où la culture devient un outil de réflexion, de dialogue et de transformation sociale. Aussi, un espace de rassemblement, de reconstructions du lien social et de réprobation de l’espoir par la culture. RÉDACTION : Rose karlande DEROSIER RÉVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- L’inaction de l’État haïtien face aux déplacements internes engage-t-elle sa responsabilité internationale ?
La responsabilité internationale de l’État peut être engagée lorsqu’il manque à son obligation de prendre les mesures nécessaires et raisonnables pour garantir la protection des droits humains. Dans le contexte des déplacements internes en Haïti, il convient dès lors d’examiner dans quelle mesure l’inaction ou les carences de l’État haïtien peuvent fonder une telle responsabilité. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, Haïti compte aujourd’hui plus d’un million de personnes déplacées internes en raison de la violence des gangs et de la dégradation de la situation sécuritaire. Si l’État n’est pas l’auteur direct de ces déplacements, il demeure néanmoins tenu à des obligations positives de prévention et de protection découlant des instruments internationaux relatifs aux droits humains auxquels il est partie. À cet égard, le droit de la responsabilité internationale, tel que codifié par la Commission du droit international dans ses articles 1 et 2, consacre le principe selon lequel tout fait internationalement illicite engage la responsabilité de l’État. Les règles relatives à l’attribution des comportements (articles 4 et ainsi que celles relatives aux circonstances excluant l’illicéité (articles 20 à 25) permettent d’apprécier la responsabilité en cas d’action ou d’inaction étatique. La jurisprudence internationale confirme cette approche. Dans l’affaire du Génocide (Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro, 2007), la Cour internationale de Justice a rappelé que l’État peut engager sa responsabilité pour manquement à son obligation de prévenir certains actes graves. Cette obligation relève d’une logique de moyens, non de résultat : l’État n’est pas tenu d’empêcher absolument la commission des violations, mais de déployer tous les moyens raisonnablement disponibles pour les prévenir lorsqu’il a connaissance, ou aurait dû avoir connaissance, d’un risque sérieux de leur survenance. L’inaction étatique au regard des obligations internationales Au regard des violences commises par des groupes armés et des massacres ayant contraint de nombreuses personnes à fuir leur domicile, ainsi que des atteintes graves aux droits et libertés qui en résultent, la question de la responsabilité de l’État haïtien se pose. Dans l’hypothèse où les autorités étatiques avaient connaissance, ou auraient dû avoir connaissance, de ces risques, leur responsabilité est susceptible d’être engagée en cas de manquement à l’obligation de diligence. En effet, en droit international, l’obligation de prévenir impose à l’État de déployer tous les moyens raisonnablement disponibles pour éviter la survenance de violations graves des droits humains. Dès lors que le risque est prévisible et que l’État s’abstient d’agir de manière appropriée, son inaction est susceptible de constituer un manquement engageant sa responsabilité internationale. Au regard de ce qui précède, l’inaction de l’État haïtien face aux déplacements internes ne peut être analysée comme juridiquement neutre. Lorsqu’un État est tenu à des obligations positives de protection des droits humains et qu’il s’abstient de prendre les mesures nécessaires et raisonnables face à des risques prévisibles, sa responsabilité internationale est susceptible d’être engagée. Entre responsabilité juridique et contraintes de l’État Toutefois, cette responsabilité ne saurait être appréciée de manière abstraite, sans tenir compte des contraintes institutionnelles, sécuritaires et matérielles auxquelles l’État est confronté. En droit international, l’obligation de protection demeure une obligation de moyens, ce qui exige une appréciation contextualisée des efforts effectivement déployés. Ainsi, la crise des déplacements internes en Haïti met en lumière une tension entre l’exigence juridique de protection des populations et la capacité réelle de l’État à y répondre. En l’espèce, elle appelle à un renforcement des mécanismes de prévention et de protection, afin que la vulnérabilité des populations ne devienne pas le reflet d’une carence structurelle de l’ordre juridique. Il faut clairement comprendre que la responsabilité internationale de l’État ne se mesure pas seulement à ses actes, mais également à ses silences face aux violations prévisibles des droits humains. Mais, à en juger par la réaction des autorités, l’inaction semble presque s’imposer comme un mode de gouvernance durable. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans « CARTE BLANCHE » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] [La photo de couverture est une image d'illustration, générée avec l'Intelligence artificielle] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026
- Haïti : la hausse des prix des produits pétroliers ravive les flammes de la mobilisation estudiantine contre le gouvernement
La montée des prix des produits pétroliers se révèle préoccupante pour des étudiants qui se positionnent et expriment leurs inquiétudes face à cette décision du gouvernement, entrée en vigueur le 2 avril. Cette flambée des prix crée de vives tensions entre chauffeurs et passagers et révolte la population. « Yon galon gaz pa ka pi chè pase salè minimòm lan » s'indignent des étudiants. Une décision qui pousse à la mobilisation La hausse des produits pétroliers vient mettre le feu aux poudres dans le pays. Pas plus de 24 heures après l’annonce officielle d'ajustement des prix des produits pétroliers dans le pays, la tension monte. Des protestataires se disent « prêts à fouler le macadam » . Publiés conjointement par le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère du Commerce et de l’Industrie, les nouveaux tarifs fixent « la gazoline à 725 gourdes, le gasoil à 850 gourdes et le kérosène à 845 gourdes ». Cette nouvelle fixation de prix, entrée en vigueur le 2 avril dernier, est très mal perçue dans l'opinion publique. Cette décision, qualifiée « d’injuste et irresponsable », préoccupe les étudiants qui pensent déjà à se mobiliser pour exiger le gouvernement Alix Didier Fils-Aimé de revoir le prix des produits pétroliers à la baisse. Regroupés sous le nom de « Mouvman Etidyan Popilè », ces étudiants comptent bientôt occuper la chaussée pour entendre leur voix. « Yon galon gaz pa ka pi chè pase salè minimòm lan » s'indignent des étudiants. Le mot d'ordre est déjà lancé : « Mach kont monte gaz ak ensekirite » et la mobilisation est prévue ce 20 avril à compter de 10h AM. Dans une correspondance du 10 avril 2026, adressée à la Direction Départementale de l’Ouest de la Police National, Les protestataires communiquent le parcours de la marche : Parant du Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti, à la fois le lieu du rassemblement, pour arriver à la Musseau, QG du gouvernement. L'objectif de cette manifestation est clair : « s'opposer à cette décision injuste et irresponsable du gouvernement », qui vient rajouter de l'huile sur le feu. Dans les rues, la confusion et la tension règnent Nous sommes à Gérald Bataille, une gare routière de Delmas 33. À la tombée du soir, c'est la confusion totale. Chauffeurs et passagers s'embrouillent. Dans un tohu-bohu assourdissant, en plein cœur d’un embouteillage monstre ; des marchands font des va-et-vient entre les véhicules. La tension monte d'un cran. L'ambiance est électrique « Rien à foutre ! Débarrasse moi de la porte. » s'insurge un rabatteur, en colère contre les passagers à l’arrière d’une camionnette assurant le transport de Gérald Bataille à Delmas 33. Très amère, « l'aide-chauffeur » exige 50 gourdes aux passagers, qui refusent et lui rappellent que « la course est fixée à 35 gourdes ». Offusqué, le chauffeur démarre sans attendre que toutes les places soient occupées, alors que la plupart des passagers voulaient s’en tenir au tarif convenu. Il a préféré repartir avec le véhicule quasiment vide, au lieu d’accepter le montant de 35 gourdes pour le trajet. Si dans certains circuits les prix du transport en commun restent conformes au document du Ministère des Affaires Sociales et du Travail, c’est tout le contraire dans d'autres. Dans certains endroits, les passagers se font faceà des tarifs exorbitants. Celui de Port-au-Prince à Carrefour l’illustre fort bien. Déjà estimé insupportable par les passagers, le montant de cette course passe de 150 gourdes à 200 gourdes dès l’entrée en vigueur de l’avis. Alors que le prix normal est de 75 gourdes . « Le prix s’est fixé à 50 gourdes. Encore, restera-t-il à 50 gourdes... Il n’est pas bon pour nous » témoigne un chauffeur, au micro de radio-télévision Métropole, qui assure le circuit de Route des Frères et Pétion-Ville. C’est alors que les chauffeurs décident de prendre à contre pied le prix des autorités étatiques pour faire savoir que désormais les passagers doivent payer 75 gourdes . Déjà en proie à une crise sécuritaire sans précédant, Haïti fait aussi face une à une grave crise économique. Selon les données disponibles de l' Institut Haïtien des Statistiques et d'Informatique (IHSI) , le pays accuse un taux d'inflation actuel de 22,1% . Dans de tel contexte, cette nouvelle hausse des produits pétroliers vient envenimer la situation d'un pays, déjà sombré dans la misère et l'insécurité. RÉDACTION : Delince JEAN-LOUIS RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- La jeunesse haïtienne face à un avenir incertain
La mise en retrait apparente de la jeunesse haïtienne peut être comprise comme le produit de mécanismes imbriqués de domination sociale, de désorganisation normative et de contraintes, qui structurent et limitent ses marges d'actions. En Haïti, on n'a pas besoin de loupe pour constater l'absence d'institutions stables et légitimes, le retard des élections et la concentration du pouvoir entre les mains des " élites ". Cette situation peut être interprétée comme une forme de marginalisation institutionnelle, qui ne relève pas de l'indifférence des jeunes. Elle découle de mécanismes structurels reproduisant les hiérarchies sociales (Bourdieu) et, par conséquent, restreint l'accès des jeunes aux espaces de décision et limite leur influence. Outre l'empêchement structurel, il convient de souligner l'empêchement matériel et rationnel , car l'action collective (manifester, s'organiser, militer) comporte des risques immédiats et vitaux. Si l'on considère Port-au-Prince et sa situation fragile, s'exposer physiquement a un coût pouvant aller jusqu'à la vie elle-même, sans compter que chaque heure de moins consacrée à militer est une heure de moins pour la " débrouille " quotidienne nécessaire à la survie (Olson). À cela s'ajoute le coût potentiel d'une arrestation ou d'une blessure, en raison de l'absence de protection juridique et de l'inefficacité des institutions judiciaires haïtiennes. Dans ce cadre, la grande question qui se pose est la suivante : Pourquoi devrais-je risquer ma vie aujourd'hui si je peux bénéficier du changement demain grâce au sacrifice des autres ? C'est le paradoxe du passager clandestin. Si chaque jeune effectue ce calcul rationnel, personne n'agit et le statu quo persiste malgré l'incertitude de l'avenir. Pour inciter à l'action, il faudrait des incitations sélectives, mais le bénéfice direct et immédiat n'existe pas et les structures sociales et politiques restent déconnectées des besoins des jeunes, ce qui met en évidence une stratégie de défection plutôt que de protestation. Il n'est donc pas surprenant que, pour beaucoup de jeunes, le calcul rationnel penche vers l'émigration. Ce qui ressort de manière évidente dans la logique de l'empêchement d'action des jeunes, malgré un avenir incertain, est la désorganisation normative et la marginalisation symbolique. En effet, si le mérite, l'éducation ou le travail ne sont plus des vecteurs de réussite, pourquoi s'investir collectivement ? La désorganisation normative empêche la projection d'objectifs communs, d'autant que les mérites dans le contexte actuel sont réservés à des partisans aveugles. On constate ainsi des stratégies individuelles de survie à très court terme, au détriment de la coopération collective, car les règles du jeu ne sont pas stables (Durkheim). La jeunesse en retrait Le frein le plus puissant demeure l'invisibilité sociale : la jeunesse subit une forme de " mort sociale " ou de dépossession symbolique. Lorsque les jeunes ne sont pas reconnus comme partenaires, mais comme instruments au service d'intérêts particuliers ; lorsque l'État et les " élites " ne leur attribuent aucune valeur symbolique en raison des crises multiples, ce regard extérieur finit par être intériorisé, et le sentiment d'impuissance s'installe. Par conséquent, il est compréhensible que les jeunes haïtiens ne se mobilisent pas, car ils ne se sentent ni légitimes ni efficients dans un système où leur action semble dépourvue de sens et de valeur, ce qui traduit une forme d'aliénation sociale et politique. La situation alarmante de spectatrice de la jeunesse haïtienne peut également être analysée à l'aune de la spirale du silence d'Elisabeth Noelle-Neumann. Selon cette théorie, certaines opinions restent silencieuses dans la société, même si elles sont partagées par un nombre significatif de personnes. Que dit la jeunesse face à l'instabilité politique, aux violences, à l'impunité, à l'effondrement des droits humains et à tous les défis structurels du pays ? En dépit du fait qu'elle représente plus de la moitié de la population, ses idées et sa voix sont peu valorisées ou ignorées. Ainsi, la jeunesse devient spectatrice non par indifférence, mais par retrait stratégique dicté par la peur et l'isolement. Les individus craignent l'isolement social et sont donc moins enclins à exprimer publiquement leur opinion. À mesure que ce silence persiste, il renforce l'impression que l'opinion de la jeunesse est minoritaire, ce qui consolide ainsi la perception d'une opposition généralisée et alimente la spirale du silence. Sans doute, d'autres raisons peuvent expliquer le silence de la jeunesse haïtienne, malgré l'incertitude et l'inquiétude qui pèsent sur son avenir. Pourtant, si l'on se réfère à l'idée admise que la jeunesse est l'avenir du pays, il devient nécessaire d'examiner l'écart entre une jeunesse qui peine à exister et les possibilités potentielles de jouer un rôle pour lequel elle n'est pas préparée ni équipée. C'est tout un paradoxe. Il convient de préciser que cette analyse ne s'inscrit pas dans une dynamique visant à faire l'avocat du diable. Il ne s'agit pas non plus d'une critique froide de ceux qui devraient poser les pierres d'un avenir meilleur. On ne peut affirmer avec raison qu'ils ont échoué, car rien n'indique que la situation actuelle ne résulte pas d'objectifs communs et clairement définis. C'est une question des faits, constats et réalités objectives, confrontés à des données doctrinales et théoriques, afin de montrer en quoi la jeunesse haïtienne se trouve empêchée d'agir, même lorsque son avenir apparaît flou et inquiétant. Il s'agit de comprendre un empêchement systémique plutôt que de juger une absence de volonté. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans « CARTE BLANCHE » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] [La photo de couverture est une image d'illustration, générée avec l'Intelligence artificielle] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026
- Liga : Le Barça gagne contre l'Atlético et prend le large au classement
Le FC Barcelone bat difficilement l'Atlético de Madrid (2-1) au Wanda Metropolitano grâce à un but tardif de Robert Lewandoski. Les catalans ont pris désormais 7 points sur son poursuivant et filent vers un nouveau titre de Liga. Le Barça file en tête. Le match choc de la 30e journée du championnat espagnol de football s'est tourné à la cause catalane au détriment d'un Atletico de Madrid réduit à 10 en fin de première période. Les blaugranas ont renversé l'équipe madrilène pour prendre ses distances à la tête du classement au dépend du Real Madrid battu plus tôt sur le terrain du Majorque 2-1. Avant de s'affronter coup sur coup en Ligue des Champions ce mercredi 8 et le mardi 14 avril en quart de finale les deux formations ont livré une bataille sans faille en Liga, ce samedi. Les colchoneros ont craqué qu'à la 87e minute après un but de la poitrine de Robert Lewansdoski rentrée en cours de jeu. Un match intense Le choc de la 30e journee de Liga a tenu toutes ses promesses, avec un début de match très intense. La première grosse occasion du match est venue à la 11e minute, Antoine Griezmann a réalisé un festival dans la défense catalane : petit pont, crochet ; mais sa frappe a été trop faible pour inquiéter Joan Garcia. Une minute plus tard de Fermin Lopez, a échoué face à Juan Musso. Ensuite, Griezmann a loupé une nouvelle frappe après une excellente passe de Baena. À peine, Lamine Yamal a trouvé le poteau à la 35e sur une petite balle piquée, Giuliano Simeone d'un plat de pied a battu Joan Garcia pour l'ouverture du score à la 39e suite à une passe de en profondeur de Clément Lenglet. Les Barcelonais ont recollé au score sur une contre-attaque, orchestrée par Rashford et Dani Olmo, l'anglais a conclut dans la surface à la 42e minute (1-1). Nico Gonzalez a été expulsé (45e+6) directement après révision de la VAR pour une faute sur Lamine qui allait au but. L'international argentin écopant un jaune dès la 22e pour avoir jouer délibérément un ballon des deux mains, était considéré comme le denier défenseur au moment de la faute. La mi-temps s'est soldé sur le score nul (1-1) Au retour des vestiaires, les deux équipes se sont livrées dans une bataille sanglante. Alors que le Barça essaye de faire le break, les hommes de Diego Simeone résistent. La tension montait de toute part. Gerard Martin avait vu rouge en début de seconde période pour une faute commise sur Thiago Almada après un dégagement. Mais après intervention du VAR, l'arbitre central est revenu sur la décision et a octroyé un carton jaune au défenseur catalan sous pression de l'équipe barcelonaise, les Colchoneros ont fait le bloc bas pour contrecarrer les offensives adverses. Dans l'intervalle, Lamine a manqué le cadre après un joli numéro technique au sein de la défense des locaux, a la 60e minute. De son côté Ferran à échoué à deux reprises 66e et 70e, face au MVP du match, Juan Musso. Mais pas de bol, le gardien colchonero a été impuissant face au missile de Joao Cancelo en repoussant le ballon maladroitement sur la poitrine de Robert qui a offert la victoire aux catalans. Le FC Barcelone compte désormais 76 points dans le classement contre 69 pour le Real Madrid (2e) à huit journée de la fin de la Liga. RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- L’État haïtien en défaut de diligence en matière de droits de l’homme
Des barricades enflammés, dressés au beau milieu de rue, à Port-au-Prince | ©Reuters/Patrice Noel/ZUMA Press Wire En droit international des droits de l’homme, l’État est tenu à une obligation de diligence consistant à prévenir, protéger, enquêter et sanctionner les atteintes aux droits fondamentaux. À la lumière d’éléments concordants tirés de la réalité du terrain, corroborés par divers rapports relatifs à la situation des droits de l’homme, il apparaît que l’État haïtien se trouve en situation de manquement à cette obligation. Le présent article se propose d’en offrir une analyse, en confrontant les apports de la doctrine et de la jurisprudence aux faits empiriquement observés. Des auteurs tels que Olivier De Schutter, James Crawford ou encore Naomi Roht-Arriaza soutiennent que l’État est tenu d’adopter des mesures raisonnables afin de prévenir, faire cesser et sanctionner les violations des droits fondamentaux, y compris celles imputables à des acteurs non étatiques. Ils soulignent également que l’inaction, l’insuffisance des enquêtes ou encore la persistance de l’impunité sont susceptibles d’engager la responsabilité internationale de l’État, en ce qu’elles traduisent une défaillance dans la garantie effective des droits fondamentaux. Dans cette perspective, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a consacré, à travers une jurisprudence constante, l’obligation de diligence comme un standard juridique contraignant, imposant aux États non seulement de s’abstenir de violer les droits, mais également de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour en assurer la protection effective. C’est notamment dans l’arrêt Velásquez Rodríguez c. Honduras que la Cour a affirmé que l’État engage sa responsabilité internationale lorsqu’il n’agit pas avec la diligence requise pour prévenir les violations, en enquêter sérieusement et en sanctionner les auteurs. L’État haïtien et l’échec de sa diligence en matière de droits humains Des données issues notamment de rapports du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti et du Réseau National de Défense des Droits Humains font état de multiples atteintes aux droits fondamentaux à travers le pays. Il ressort de ces constats que certaines violations, en particulier celles commises par des groupes armés, sont parfois précédées d’annonces publiques, notamment via les réseaux sociaux, ce qui révèle ainsi une prévisibilité des risques. Dans d’autres cas, comme les enlèvements, les atteintes surviennent de manière diffuse, mais s’inscrivent dans un contexte général d’insécurité persistante. Par ailleurs, les violations les plus récurrentes affectent des zones défavorisées où la présence étatique demeure largement insuffisante, ce qui traduit une incapacité à créer les conditions minimales de protection des droits. En l’absence de politiques effectives de prévention, l’État haïtien apparaît ainsi en défaut de diligence, malgré des interventions ponctuelles des forces de l’ordre qui, faute de continuité et de structuration, ne permettent pas d’inverser durablement la dynamique des violations. Au regard du droit international des droits de l’homme, de telles carences dans l’adoption de mesures préventives sont de nature à engager la responsabilité internationale de l’État pour manquement à ses obligations positives. Les situations observées dans plusieurs zones, notamment à Bas-Delmas, Carrefour-Feuilles, Solino, Christ-Roi, ainsi que le récent massacre du 29 mars 2026 dans la vallée de l’Artibonite, peuvent être analysées comme des violations continues des droits fondamentaux. Or, dans le cadre de son obligation de diligence, l’État est juridiquement tenu non seulement de prévenir, mais également de faire cesser ces violations. Cette défaillance se manifeste également dans le contrôle des axes routiers reliant la capitale aux principales villes de province, souvent sous l’emprise de groupes armés, ce qui constitue une atteinte grave à la liberté de circulation et au droit à la sécurité. De surcroît, le fonctionnement d’institutions importantes telles que les établissements scolaires, universitaires et sanitaires est gravement compromis, y compris dans des zones proches des centres du pouvoir. De telles situations renforcent le constat d’une défaillance structurelle de l’action étatique. Dans la pratique, face à ces situations, l’État se cantonne trop souvent à des prises de position déclaratoires, à des interventions ad hoc ou à l’annonce de mesures qui peinent à produire des effets concrets et durables. Une telle réponse, essentiellement réactive et insuffisamment structurée, apparaît en deçà des exigences découlant de l’obligation de diligence voulue en matière de droits de l’homme. S’agissant des obligations d’enquête et de sanction, il est observable que des institutions telles que la Direction centrale de la police judiciaire et les parquets interviennent ponctuellement, notamment à travers des avis de recherche ou des communications publiques. Toutefois, la réalité du terrain révèle que les principaux chefs de groupes armés continuent, pour la plupart, d’exercer leur contrôle dans leurs zones d’influence. Si certaines opérations conduisent à l’arrestation ou à la neutralisation de membres de ces groupes par la Police nationale d’Haïti ou avec l’appui de forces internationales, ces actions s'avèrent insuffisantes au regard de l'obligation de diligence raisonnable qui incombe à l'État. En effet, l’absence d’enquêtes approfondies, systématiques et effectives, susceptibles de déboucher sur des poursuites judiciaires crédibles, limite considérablement la capacité de l’appareil judiciaire à sanctionner les auteurs et, par conséquent, à dissuader la commission de nouvelles violations. Cette insuffisance participe au maintien d’un climat d’impunité, incompatible avec les standards du droit international des droits de l’homme. Par ailleurs, malgré l’appui de forces internationales, y compris la mobilisation de contingents étrangers et le recours à des acteurs de sécurité privés, les résultats demeurent en deçà des exigences découlant de l’obligation de diligence en matière de protection effective des droits fondamentaux. Les initiatives engagées peinent à produire des effets structurels durables, ce qui interroge leur adéquation avec les exigences juridiques applicables. Guerre urbaine ou conflit armé non international ? Enfin, les évolutions récentes du discours international sur la situation haïtienne, parfois qualifiée de « guerre urbaine », soulèvent des interrogations quant à la qualification juridique appropriée. Une telle terminologie, si elle traduit l’intensité des violences, n’est pas sans conséquence sur le régime juridique applicable et pourrait entrer en tension avec les critères classiques du conflit armé non international tels qu’interprétés par le droit international humanitaire. Cette incertitude conceptuelle ne saurait toutefois exonérer l’État haïtien de ses obligations en matière de droits de l’homme, lesquelles demeurent pleinement applicables. Faut-il encore évoquer la situation des personnes déplacées internes, dont la vulnérabilité intensifiée, en particulier celle des femmes et des jeunes filles, les expose à des violations répétées de leurs droits fondamentaux ? Faut-il également considérer, dans une perspective prospective, les atteintes émergentes liées aux usages abusifs des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, ou encore celles résultant des effets des changements climatiques, dans un contexte marqué par l’insuffisance des politiques publiques en la matière ? Autant de problématiques qui participent à l’élargissement substantiel du champ des obligations de diligence pesant sur l’État. En tout état de cause, si l’État haïtien se présente formellement engagé en matière de droits de l’homme, il n’en reste pas moins que l’effectivité de ces droits peine à se concrétiser. L’écart entre la norme et la pratique révèle ainsi une défaillance persistante dans la mise en œuvre des obligations internationales de l’État. Le rôle possible de la société civile et de l’international Toutefois, une telle situation ne saurait être appréhendée comme une fatalité. Les acteurs de la société civile, les institutions nationales et les défenseurs des droits de l’homme disposent de leviers essentiels pour exiger le respect des engagements de l’État, notamment à travers des actions de plaidoyer et le recours aux mécanismes juridictionnels, tant au niveau interne qu’international. À cet égard, l’appui de la communauté internationale, y compris celui des agences des Nations Unies, demeure un facteur déterminant dans le renforcement des capacités étatiques et la promotion d’une protection effective des droits fondamentaux. Tant que la norme restera une promesse sans exécution, la vulnérabilité des citoyens ne fera que croître, ce qui transforme l'État en un spectateur impuissant de sa propre déliquescence. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans « CARTE BLANCHE » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026
- Liga : Le Real Madrid perd sur le terrain du Majorque et laisse le champ libre au Barça
Lors de la 30e journée de la Liga, les meringues sont tenus en échec par le club du Majorque 2 buts à 1 et perdent trois points dans la course au titre. Coup dur pour la « Casa Blanca » . Le Real, médiocre, s'est incliné 2-1 sur la pelouse du reléguable Majorque (avant la journée), au cours de la 30e journée de la Liga grâce à un but de Verdat Muriqi dans le temps additionnel (90+1). À trois jours du choc en quart de finale contre le Bayern Munich en Ligue des Champions, le coach madrilène, Alvaro Arbeloa a penché pour un doublet Diaz, Mbappé à la pointe de son attaque épaulé par un un milieu à quatre : Tchouaméni, Camavinga, Guler et Angel, avec une défense composée de Rudïger, Huijsen dans l'axe, à gauche Carreas à droite Trent et Lunin dans les buts. Laissant sur le banc des remplaçants Vinicius , Bellingham ou encore Militao. Les Madrilènes ont manqué l'occasion de revenir à un point du FC Barcelone qui joue l'Atletico de Madrid, ce samedi à 3 heures. Dans un match atypique, les meringues ont attendu la 22e minute avant de se procurer une occasion de but mais le portier majorquin Leo Roman a fait échec à Mbappé dans son face à face. À la 25e minute l'attaquant français a échoué pour une seconde fois face au gardien des locaux après une frappe enroulée détournée en corner. 33e minute, cette fois c'est Ada Güler qui a vu sa frappe arrêtée par Roman qui a réalisé un match sensationnel face à l'équipe du Real. La première situation de but majorquine survient à la 35e minute sur une double occasion , d'abord un contrôle orienté de Muriqi et une frappe contrée par Rudïger, ensuite une tête manquée de Mornales tout seul face à Lunin. Alors que les madrilènes essaient de trouver la brèche se sont les locaux qui ont ouvert le score par l'intermédiaire de Morlanes (42') qui bat Lunin seul dans la surface, à la suite d'un centre de Maffeo. Mené au score à la pause le Real reprend son match sur le même pied en tentant des occasions avec derrière une défense en défaillance et un jeu insignifiant. En quête d'égalisation, Aberloa a fait entrée en jeu Vinicius, Bellingham et Militao en remplacement à Manuel Angel, Camavinga et Huijsen. Puis Pitarch à la placede Guler (70') et Mastantuono à la 76e remplace Diaz. Ce n'est qu'à la 88e grâce au revenant Militao, sur un corner sortant d'Alexander-Arnold pour une tête puissante qui a finit dans le but. Alors que l'arbitrage a octroyé 5 minutes de temps supplémentaire dans le jeu, Verdat Muriqi a marqué le second but (90+1) après une grosse frappe sous la barre madrilène. Le kosovar a inscrit son 19e but en Liga cette saison et reste à quatre buts de Mbappé à la tête du classement. En cas de victoire contre l'Atletico, le FC Barcelone prendra 7 points au dépend du Real Madrid dans le haut du classement à huit journée de la fin du championnat. Par ailleurs le Majorque (31 points) monte à la 17e place et quitte la zone de relégation à deux points d' Elche 18e. RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- Une entrée des classes encore incertaine, cette année.
Cette année encore, la rentrée des classes se déroule dans un contexte très précaire. Entre les problèmes de sécurité généralisée et les difficultés socio-économiques, l’année académique 2023-2024 s’annonce très compliquée pour les parents et leurs enfants. Depuis 2019, le système éducatif haïtien fait face à d’énorme difficultés. Au-delà des problèmes structurels qui n’ont de cesse de l’affaiblir ; le bon fonctionnement de l’école est paralysé non seulement par des problèmes socio-économiques et politiques majeurs, mais ajoutés ceux-là, les conflits armés qui enveniment davantage la plaie. Selon le Fonds des Nations-Unies pour l’éducation (UNICEF), « pas moins de 1 700 établissements scolaires ont dû fermer leurs portes en 2022 dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. D’autres sont contraintes de déloger dans d’autres « quartiers plus ou moins sûrs ». Depuis plus près de 3 ans déjà, l’agglomérat de Port-au-Prince, est devenu le théâtre des violences de bandes armées qui sèment la terreur dans de nombreux quartiers. Notamment à Carrefour-feuille, Solino et à Tabarre, qui ont été durement touchés par les assauts de bandits armés. Sans oublier d’autres villes et sections rurales du pays en proie à ce phénomène d’insécurité qui fait rage un peu partout sur le territoire national. Et face à cette situation, de nombreuses familles, y compris des élèves, ont fui vers des établissements scolaires publics, cherchant refuge ailleurs, pour tenter d’échapper aux attaques des criminels. Mais malgré tout, le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), a décidé d’organiser la rentrée pour le 11 septembre 2023, au mépris des péripéties auxquelles font face les populations les plus défavorisées du pays. Si pour certains : « lekòl pa ka tann », comme le claironne le slogan marketing du ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, Nesmy Manigat ; pour d’autres « c'est une décision inconsidérée qui traduit le mépris du gouvernement vis-à-vis des problèmes de la masse ; et renforce l’inégalité sociale dans le système éducatif haïtien. » RÉDACTION : Emmanuel Jr MARC RÉVISION & CORRECTION : John Wilson FELIX COPYRIGHT : © IMÉDIAS | ÉCOLE DES MÉDIAS 2023
- Panique sur le marché boursier mondial
Donald Trump annonce l’augmentation des droits de douane sur tous les produits importés aux États-unis. Tant pour « les pays alliés que non-alliés » Des pays comme le Canada, le Mexique, les pays de l’UE ou encore la Chine s’attendent à une augmentation des droits de 25% à 30 sur tous leurs produits exportés vers le territoire américain. Une décision qui fait trembler le marché boursier mondial. L’économie mondiale est dans la tourmente. Ce 2 avril, à l’occasion de la « Libération Day », Donald Trump a annoncé la signature d’un décret, pour dit-il : « rétablir des droits de douane réciproques avec tous les pays dans le monde. » Aucun pays ne sera exempt souligne le président américain. « Ce qu’ils font pour nous. Nous le ferons pour eux. C’est réciproque […] » Si pour Donald Trump cette décision est une « excellente nouvelle pour l’économie américaine », des experts économiques quant à eux, disent le contraire. Ils craignent « un choc économique mondial ». En témoigne l’effondrement des bourses à l’échelle mondiale, suite à la déclaration de Trump. Le CAC 40 (France) chute de 3%. L’indice américain Nasdaq a, lui aussi, été frappé de plein fouet, avec une perte de 800 points. Une chute boursière qui se retentit aussi à Wall street et sur tous les marchés financiers à travers le monde. La bourse de Tokyo s’est ouverte en forte basse au lendemain de cette déclaration. Le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba dénonce même « une crise nationale ». Mais Trump persiste et signe que c’est « une bonne décision… ». « Une journée de libération pour l’économie américaine » Placé sous le signe d’une journée historique : « Jour de la libération », ce 2 avril 2025 marquera aussi un tournant majeur dans les relations commerciales entre la première puissance et le reste du monde. Le président américain veut faire de ce jour, une date mémorable. « Il s’agit d’un des jours les plus mémorables, à mon avis de l’histoire américaine. C’est la déclaration de l’indépendance économique des États-Unis. » a martelé fièrement Donald Trump. Pour le président américain cette journée est une « une journée de libération de l’économie américaine » Donald Trump y voit des opportunités historiques pour l’industrie américaine. Tant dans le secteur automobile que de l’acier, entre autres. « Nous allons commencer à rendre l’Amérique riche à nouveau. Riche et bonne ». Le locataire de la Maison Blanche soutient que les travailleurs américains ont été victimes d’une concurrence déloyale étrangère. « Depuis des décennies, notre pays est pillé tant par les pays amis et que les pays ennemis […] Notre pays s'est fait avoir depuis 50 ans. Mais cela ne va plus se passer à présent. C’est fini ! » Promet le président, sous les applaudissements de l’assistance. Des pays préparent déjà une risposte économique Ce nouveau décret de loi de Donald Tump concerne près de 185 pays et territoires. Selon des spécialistes cette décision « peut avoir de graves conséquences économiques mondiales ». Des experts se disent craindre « une réaction en cascade ». Certains pays concernés s’apprêtent déjà à riposter contre cette décision. La Chine, quant à elle, a annoncé une hausse des tarifs douaniers sur tous les produits américains allant jusqu’à 35%. Cette décision sera effective dès le 12 avril prochain. L’Union européenne de son côté s’organise pour trouver une réponse appropriée et concertée. Dans la foulée, la France qui dénonce « une décision irrationnelle » et en déplore « l’impact négatif » déjà ressenti sur l’économie mondiale. Le président Emmanuel Macron qualifie cette décision de « brutale et infondée ». Même s’il reconnaît que « au fond le constat américain est un bon constat. » Mais pour le président français « la réponse mauvaise ». Il soutient « qu’on ne corrige pas des déséquilibres commerciaux en mettant des tarifs ». En attendant la riposte européenne, la présidente de l’UE, Ursula Von Der Leyen dit « regretter profondément ce choix » et y voit « une menace pour l’économie mondiale » avec le « risque d’une montée en flèche d’un protectionnisme ». Elle prévoit d’immenses conséquences à l’échelle planétaire. « L’économie mondiale va souffrir massivement ». Un sentiment que partagent plusieurs leaders européens dont Georgia Melonie, pourtant soutient de Donald Trump ou encore le premier britannique Keir Starmer qui affirme que « personne ne sortira gagnant d’une une guerre économique mondiale. » RÉDACTION : Maurice ALEXANDRE RÉVISÉ & CORIGÉ PAR : Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © IMÉDIAS | ÉCOLE DES MÉDIAS - 2025 © PHOTOS : Brendan SMIALOWSKI / AFP
- Haïti : Gros mouvement de protestation contre l’insécurité et les violences des gangs
Ce mercredi des milliers de personnes ont investi les rues de Port-au-Prince pour protester contre la recrudescence de l’insécurité et dénoncer le pouvoir en place, qui selon plus d’un « ne fait rien pour contrecarrer les bandits ». C’est la deuxième grande mobilisation populaire déclenchée en seulement deux semaines. Un vent de révolte souffle sur le pays. Pancartes à la main, armés de bâton ou machettes pour certains, plusieurs centaines de manifestants ont occupé certaines rues de la région métropolitaines de Port-au-Prince. Notamment les routes de Canapé-vert, Bourdon, Pétion-Ville ou encore Delmas. Des barricades enflammées ont été érigés sur plusieurs axes stratégiques, pour protester contre l’exacerbation de l’insécurité et des violences des gangs « qui contrôlent près de 85% de la capitale. » Très remontés, les protestataires ont scandé des propos hostiles contre le gouvernement et dénoncé la passivité des autorités face à la situation. « Les bandits continuent de massacrer la population alors que les dirigeants ne foutent rien. Qu’ils se cassent ! » S’offusque un manifestant, très en colère. Cette mobilisation a entraîné une paralysie quasi-totale des activités dans la capitale. Les commerces et les écoles ont été fermés par crainte de débordements. Révoltés, les manifestants se sont dirigés vers les locaux du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de la primature. Mais la police s’est interposée. La manifestation a été violemment réprimée Des heurts se sont éclatés entre la police et les manifestants. Les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes et des tirs de sommation pour disperser la foule qui tentait de s’approcher de la villa d’accueil, QG du gouvernement. Les protestataires ont vivement critiqué le comportement des policiers. Ils déplorent un usage disproportionné de la force et la brutalité des agents de maintien d’ordre. « Quand c’est le peuple qui manifeste, les policiers ne tardent pas à nous bombarder de gaz lacrymogène et de balles. Mais ils sont où quand les bandits tuent, violent, pillent et brulent les maisons de la population ? » S’interroge un protestataire, indigné. Un sentiment que partage Ulysse Jean Chenet, coordonnateur général du Mouvement Point Final (mouvement de protestation populaire contre l’insécurité) qui condamne « l’attitude des policiers qui empêchent à la population de s’exprimer convenablement contre les autorités en place qui refusent de répondre aux aspirations du peuple ». Ce mouvement de protestation vise à exprimer l’exaspération des citoyens face à l’insécurité et l’impuissance des autorités vis-à-vis des gangs qui sèment la terreur. La situation sécurité du pays se détériore de plus en plus Les bandes armées continuent de terroriser la population. Depuis plus 4 ans, les bandits imposent leur loi un partout dans la capitale et dans quelques villes de provinces. Selon l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), les violences des gangs poussent « 60 000 personnes à fuir leur demeure, en moins d’un mois (entre le 14 février et le 5 mars 2025) ». Augmentant ainsi le nombre des déplacés qui dépassent la barre d’un million de personnes. Un chiffre qui a été multiplié par trois en une année. La terreur des gangs a déjà fait des centaines de victimes en Haïti. Selon l’Organisation des Nations Unies « Seulement en 2024, 5 600 personnes ont été tuées et 2 212 blessés recensées en cette même période ». Des chiffres très alarmants mais qui ne reflètent que partiellement la situation réelle sur place, a en croire le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Selon Volker Türk « Ces chiffres ne suffisent pas à rendre compte des horreurs absolues perpétrées en Haïti, mais ils montrent la violence incessante à laquelle les gens sont soumis. » Une situation qui plonge le pays dans une catastrophe humanitaire sans précèdent. Selon les calculs des Nations unies, « 5,4 millions de personnes ne mangent pas à leur faim dans le pays dont deux millions souffrent de famine. » Ajouté à cela, la suspension de l’aide humanitaire américaine par Donald Trump vient envenimer la situation davantage. Malgré la présence de la force multinationale en Haïti depuis le 25 juin 2024, la situation sécuritaire du pays continue de se détériorer. La coalition des gangs armés « viv ansanm » poursuit son offensive sur divers territoires du pays. Apres Solino, delmas 30, kenskoff, c’est autour de la ville de Mirebalais (dans le centre du pays) de subir les assauts des bandits, le 31 mars dernier. Contraints ainsi des centaines d’habitants à fuir. Une situation qui montre l’incapacité des autorités à endiguer ce phénomène. Ne sachant à quel saint se vouer, les rivrains de la zone metropolitaine de Port-au-Prince expriment leur colère et leur ras-le-bol à travers des manifestations. « Nou fout bouke… ! [Traduction : On n’en a marre !] » Lâche manifestant, très furieux. Malgré l’interposition des forces de l’ordre, les protestataires n’entendent pas lâcher du lest. Selon les organisateurs, « la mobilisation de ce mercredi 2 avril (la deuxième en deux semaines) n’est que le début d’un vaste mouvement de protestation populaire, baptisé : Mouvement Point Final ». RÉDACTION : Widelove NUMA RÉVISÉ & CORIGÉ PAR : Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © IMÉDIAS | ÉCOLE DES MÉDIAS - 2025 © PHOTOS : Ralph Tedy ÉROL












