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  • Haïti : la hausse des prix des produits pétroliers ravive les flammes de la mobilisation estudiantine contre le gouvernement

    La montée des prix des produits pétroliers se révèle préoccupante pour des étudiants qui se positionnent et expriment leurs inquiétudes face à cette décision du gouvernement, entrée en vigueur le  2 avril. Cette flambée des prix crée de vives tensions entre chauffeurs et passagers et révolte la population. « Yon galon gaz pa ka pi chè pase salè minimòm lan » s'indignent des étudiants. Une décision qui pousse à la mobilisation La hausse des produits pétroliers vient mettre le feu aux poudres dans le pays. Pas plus de 24 heures après l’annonce officielle d'ajustement des prix des produits pétroliers dans le pays, la tension monte. Des protestataires se disent « prêts à  fouler le macadam » . Publiés conjointement par le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère du Commerce et de l’Industrie, les nouveaux tarifs fixent « la gazoline à 725 gourdes, le gasoil à 850 gourdes  et le kérosène à 845 gourdes ». Cette nouvelle fixation de prix, entrée en vigueur le 2 avril dernier, est très mal perçue dans l'opinion publique. Cette décision, qualifiée « d’injuste et irresponsable », préoccupe les étudiants qui pensent déjà à se mobiliser pour exiger le gouvernement Alix Didier Fils-Aimé de revoir le prix des produits pétroliers à la baisse. Regroupés sous le nom de « Mouvman Etidyan Popilè », ces étudiants  comptent bientôt occuper la chaussée pour entendre leur voix.   « Yon galon gaz pa ka  pi chè pase salè  minimòm lan  » s'indignent des étudiants. Le mot d'ordre est déjà lancé : « Mach kont  monte gaz ak ensekirite » et la mobilisation est prévue ce 20 avril à compter de 10h AM. Dans une correspondance du 10 avril 2026, adressée à la Direction Départementale de l’Ouest de la Police National, Les protestataires communiquent le parcours de la marche : Parant du Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti, à la fois le lieu du rassemblement, pour arriver à la Musseau, QG du gouvernement. L'objectif de cette manifestation est clair : « s'opposer à cette décision injuste et irresponsable du gouvernement », qui vient rajouter de l'huile sur le feu. Dans les rues, la confusion et la tension règnent Nous sommes à Gérald Bataille, une gare routière de Delmas 33. À la tombée du soir, c'est la confusion totale. Chauffeurs et passagers s'embrouillent. Dans un tohu-bohu assourdissant, en plein cœur d’un embouteillage monstre ; des marchands font des va-et-vient entre les véhicules. La tension monte d'un cran. L'ambiance est électrique « Rien à foutre ! Débarrasse moi de la porte. » s'insurge un rabatteur, en colère contre les passagers à l’arrière d’une camionnette assurant le transport de Gérald Bataille à Delmas 33. Très amère, « l'aide-chauffeur » exige 50 gourdes aux passagers, qui refusent et lui rappellent que « la course est fixée à 35 gourdes ». Offusqué, le chauffeur démarre sans attendre que toutes les places soient occupées, alors que la plupart des passagers voulaient s’en tenir au tarif convenu. Il a préféré repartir avec le véhicule quasiment vide, au lieu d’accepter le montant de 35 gourdes pour le trajet. Si dans certains circuits les prix du transport en commun restent conformes au document du Ministère des Affaires Sociales et du Travail, c’est tout le contraire dans d'autres. Dans certains endroits, les passagers se font faceà des tarifs exorbitants. Celui de Port-au-Prince à Carrefour l’illustre fort bien. Déjà estimé insupportable par les passagers, le montant de cette course passe de 150 gourdes à 200 gourdes dès l’entrée en vigueur de l’avis. Alors que le prix normal est de 75 gourdes . «  Le prix s’est fixé à 50 gourdes. Encore, restera-t-il à 50 gourdes... Il n’est pas bon pour nous  » témoigne un chauffeur, au micro de radio-télévision Métropole, qui assure le circuit de Route des Frères et Pétion-Ville. C’est alors que les chauffeurs décident de prendre à contre pied le prix des autorités étatiques pour faire savoir que désormais les passagers doivent payer 75 gourdes . Déjà en proie à une crise sécuritaire sans précédant, Haïti fait aussi face une à une grave crise économique. Selon les données disponibles de l' Institut Haïtien des Statistiques et d'Informatique (IHSI) , le pays accuse un taux d'inflation actuel de 22,1% . Dans de tel contexte, cette nouvelle hausse des produits pétroliers vient envenimer la situation d'un pays, déjà sombré dans la misère et l'insécurité. RÉDACTION : Delince JEAN-LOUIS RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • La jeunesse haïtienne face à un avenir incertain

    La mise en retrait apparente de la jeunesse haïtienne peut être comprise comme le produit de mécanismes imbriqués de domination sociale, de désorganisation normative et de contraintes, qui structurent et limitent ses marges d'actions. En Haïti, on n'a pas besoin de loupe pour constater l'absence d'institutions stables et légitimes, le retard des élections et la concentration du pouvoir entre les mains des " élites ". Cette situation peut être interprétée comme une forme de marginalisation institutionnelle, qui ne relève pas de l'indifférence des jeunes. Elle découle de mécanismes structurels reproduisant les hiérarchies sociales (Bourdieu) et, par conséquent, restreint l'accès des jeunes aux espaces de décision et limite leur influence. Outre l'empêchement structurel, il convient de souligner l'empêchement matériel et rationnel , car l'action collective (manifester, s'organiser, militer) comporte des risques immédiats et vitaux. Si l'on considère Port-au-Prince et sa situation fragile, s'exposer physiquement a un coût pouvant aller jusqu'à la vie elle-même, sans compter que chaque heure de moins consacrée à militer est une heure de moins pour la " débrouille " quotidienne nécessaire à la survie (Olson). À cela s'ajoute le coût potentiel d'une arrestation ou d'une blessure, en raison de l'absence de protection juridique et de l'inefficacité des institutions judiciaires haïtiennes. Dans ce cadre, la grande question qui se pose est la suivante : Pourquoi devrais-je risquer ma vie aujourd'hui si je peux bénéficier du changement demain grâce au sacrifice des autres ? C'est le paradoxe du passager clandestin. Si chaque jeune effectue ce calcul rationnel, personne n'agit et le statu quo persiste malgré l'incertitude de l'avenir. Pour inciter à l'action, il faudrait des incitations sélectives, mais le bénéfice direct et immédiat n'existe pas et les structures sociales et politiques restent déconnectées des besoins des jeunes, ce qui met en évidence une stratégie de défection plutôt que de protestation. Il n'est donc pas surprenant que, pour beaucoup de jeunes, le calcul rationnel penche vers l'émigration. Ce qui ressort de manière évidente dans la logique de l'empêchement d'action des jeunes, malgré un avenir incertain, est la désorganisation normative et la marginalisation symbolique. En effet, si le mérite, l'éducation ou le travail ne sont plus des vecteurs de réussite, pourquoi s'investir collectivement ? La désorganisation normative empêche la projection d'objectifs communs, d'autant que les mérites dans le contexte actuel sont réservés à des partisans aveugles. On constate ainsi des stratégies individuelles de survie à très court terme, au détriment de la coopération collective, car les règles du jeu ne sont pas stables (Durkheim). La jeunesse en retrait Le frein le plus puissant demeure l'invisibilité sociale : la jeunesse subit une forme de " mort sociale " ou de dépossession symbolique. Lorsque les jeunes ne sont pas reconnus comme partenaires, mais comme instruments au service d'intérêts particuliers ; lorsque l'État et les " élites " ne leur attribuent aucune valeur symbolique en raison des crises multiples, ce regard extérieur finit par être intériorisé, et le sentiment d'impuissance s'installe. Par conséquent, il est compréhensible que les jeunes haïtiens ne se mobilisent pas, car ils ne se sentent ni légitimes ni efficients dans un système où leur action semble dépourvue de sens et de valeur, ce qui traduit une forme d'aliénation sociale et politique. La situation alarmante de spectatrice de la jeunesse haïtienne peut également être analysée à l'aune de la spirale du silence d'Elisabeth Noelle-Neumann. Selon cette théorie, certaines opinions restent silencieuses dans la société, même si elles sont partagées par un nombre significatif de personnes. Que dit la jeunesse face à l'instabilité politique, aux violences, à l'impunité, à l'effondrement des droits humains et à tous les défis structurels du pays ? En dépit du fait qu'elle représente plus de la moitié de la population, ses idées et sa voix sont peu valorisées ou ignorées. Ainsi, la jeunesse devient spectatrice non par indifférence, mais par retrait stratégique dicté par la peur et l'isolement. Les individus craignent l'isolement social et sont donc moins enclins à exprimer publiquement leur opinion. À mesure que ce silence persiste, il renforce l'impression que l'opinion de la jeunesse est minoritaire, ce qui consolide ainsi la perception d'une opposition généralisée et alimente la spirale du silence. Sans doute, d'autres raisons peuvent expliquer le silence de la jeunesse haïtienne, malgré l'incertitude et l'inquiétude qui pèsent sur son avenir. Pourtant, si l'on se réfère à l'idée admise que la jeunesse est l'avenir du pays, il devient nécessaire d'examiner l'écart entre une jeunesse qui peine à exister et les possibilités potentielles de jouer un rôle pour lequel elle n'est pas préparée ni équipée. C'est tout un paradoxe. Il convient de préciser que cette analyse ne s'inscrit pas dans une dynamique visant à faire l'avocat du diable. Il ne s'agit pas non plus d'une critique froide de ceux qui devraient poser les pierres d'un avenir meilleur. On ne peut affirmer avec raison qu'ils ont échoué, car rien n'indique que la situation actuelle ne résulte pas d'objectifs communs et clairement définis. C'est une question des faits, constats et réalités objectives, confrontés à des données doctrinales et théoriques, afin de montrer en quoi la jeunesse haïtienne se trouve empêchée d'agir, même lorsque son avenir apparaît flou et inquiétant. Il s'agit de comprendre un empêchement systémique plutôt que de juger une absence de volonté. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans « CARTE BLANCHE » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] [La photo de couverture est une image d'illustration, générée avec l'Intelligence artificielle] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026

  • L’État haïtien en défaut de diligence en matière de droits de l’homme

    Des barricades enflammés, dressés au beau milieu de rue, à Port-au-Prince | ©Reuters/Patrice Noel/ZUMA Press Wire En droit international des droits de l’homme, l’État est tenu à une obligation de diligence consistant à prévenir, protéger, enquêter et sanctionner les atteintes aux droits fondamentaux. À la lumière d’éléments concordants tirés de la réalité du terrain, corroborés par divers rapports relatifs à la situation des droits de l’homme, il apparaît que l’État haïtien se trouve en situation de manquement à cette obligation. Le présent article se propose d’en offrir une analyse, en confrontant les apports de la doctrine et de la jurisprudence aux faits empiriquement observés. Des auteurs tels que Olivier De Schutter, James Crawford ou encore Naomi Roht-Arriaza soutiennent que l’État est tenu d’adopter des mesures raisonnables afin de prévenir, faire cesser et sanctionner les violations des droits fondamentaux, y compris celles imputables à des acteurs non étatiques. Ils soulignent également que l’inaction, l’insuffisance des enquêtes ou encore la persistance de l’impunité sont susceptibles d’engager la responsabilité internationale de l’État, en ce qu’elles traduisent une défaillance dans la garantie effective des droits fondamentaux. Dans cette perspective, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a consacré, à travers une jurisprudence constante, l’obligation de diligence comme un standard juridique contraignant, imposant aux États non seulement de s’abstenir de violer les droits, mais également de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires pour en assurer la protection effective. C’est notamment dans l’arrêt Velásquez Rodríguez c. Honduras que la Cour a affirmé que l’État engage sa responsabilité internationale lorsqu’il n’agit pas avec la diligence requise pour prévenir les violations, en enquêter sérieusement et en sanctionner les auteurs. L’État haïtien et l’échec de sa diligence en matière de droits humains Des données issues notamment de rapports du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti et du Réseau National de Défense des Droits Humains font état de multiples atteintes aux droits fondamentaux à travers le pays. Il ressort de ces constats que certaines violations, en particulier celles commises par des groupes armés, sont parfois précédées d’annonces publiques, notamment via les réseaux sociaux, ce qui révèle ainsi une prévisibilité des risques. Dans d’autres cas, comme les enlèvements, les atteintes surviennent de manière diffuse, mais s’inscrivent dans un contexte général d’insécurité persistante. Par ailleurs, les violations les plus récurrentes affectent des zones défavorisées où la présence étatique demeure largement insuffisante, ce qui traduit une incapacité à créer les conditions minimales de protection des droits. En l’absence de politiques effectives de prévention, l’État haïtien apparaît ainsi en défaut de diligence, malgré des interventions ponctuelles des forces de l’ordre qui, faute de continuité et de structuration, ne permettent pas d’inverser durablement la dynamique des violations. Au regard du droit international des droits de l’homme, de telles carences dans l’adoption de mesures préventives sont de nature à engager la responsabilité internationale de l’État pour manquement à ses obligations positives. Les situations observées dans plusieurs zones, notamment à Bas-Delmas, Carrefour-Feuilles, Solino, Christ-Roi, ainsi que le récent massacre du 29 mars 2026 dans la vallée de l’Artibonite, peuvent être analysées comme des violations continues des droits fondamentaux. Or, dans le cadre de son obligation de diligence, l’État est juridiquement tenu non seulement de prévenir, mais également de faire cesser ces violations. Cette défaillance se manifeste également dans le contrôle des axes routiers reliant la capitale aux principales villes de province, souvent sous l’emprise de groupes armés, ce qui constitue une atteinte grave à la liberté de circulation et au droit à la sécurité. De surcroît, le fonctionnement d’institutions importantes telles que les établissements scolaires, universitaires et sanitaires est gravement compromis, y compris dans des zones proches des centres du pouvoir. De telles situations renforcent le constat d’une défaillance structurelle de l’action étatique. Dans la pratique, face à ces situations, l’État se cantonne trop souvent à des prises de position déclaratoires, à des interventions ad hoc ou à l’annonce de mesures qui peinent à produire des effets concrets et durables. Une telle réponse, essentiellement réactive et insuffisamment structurée, apparaît en deçà des exigences découlant de l’obligation de diligence voulue en matière de droits de l’homme. S’agissant des obligations d’enquête et de sanction, il est observable que des institutions telles que la Direction centrale de la police judiciaire et les parquets interviennent ponctuellement, notamment à travers des avis de recherche ou des communications publiques. Toutefois, la réalité du terrain révèle que les principaux chefs de groupes armés continuent, pour la plupart, d’exercer leur contrôle dans leurs zones d’influence. Si certaines opérations conduisent à l’arrestation ou à la neutralisation de membres de ces groupes par la Police nationale d’Haïti ou avec l’appui de forces internationales, ces actions s'avèrent insuffisantes au regard de l'obligation de diligence raisonnable qui incombe à l'État. En effet, l’absence d’enquêtes approfondies, systématiques et effectives, susceptibles de déboucher sur des poursuites judiciaires crédibles, limite considérablement la capacité de l’appareil judiciaire à sanctionner les auteurs et, par conséquent, à dissuader la commission de nouvelles violations. Cette insuffisance participe au maintien d’un climat d’impunité, incompatible avec les standards du droit international des droits de l’homme. Par ailleurs, malgré l’appui de forces internationales, y compris la mobilisation de contingents étrangers et le recours à des acteurs de sécurité privés, les résultats demeurent en deçà des exigences découlant de l’obligation de diligence en matière de protection effective des droits fondamentaux. Les initiatives engagées peinent à produire des effets structurels durables, ce qui interroge leur adéquation avec les exigences juridiques applicables. Guerre urbaine ou conflit armé non international ? Enfin, les évolutions récentes du discours international sur la situation haïtienne, parfois qualifiée de « guerre urbaine », soulèvent des interrogations quant à la qualification juridique appropriée. Une telle terminologie, si elle traduit l’intensité des violences, n’est pas sans conséquence sur le régime juridique applicable et pourrait entrer en tension avec les critères classiques du conflit armé non international tels qu’interprétés par le droit international humanitaire. Cette incertitude conceptuelle ne saurait toutefois exonérer l’État haïtien de ses obligations en matière de droits de l’homme, lesquelles demeurent pleinement applicables. Faut-il encore évoquer la situation des personnes déplacées internes, dont la vulnérabilité intensifiée, en particulier celle des femmes et des jeunes filles, les expose à des violations répétées de leurs droits fondamentaux ? Faut-il également considérer, dans une perspective prospective, les atteintes émergentes liées aux usages abusifs des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, ou encore celles résultant des effets des changements climatiques, dans un contexte marqué par l’insuffisance des politiques publiques en la matière ? Autant de problématiques qui participent à l’élargissement substantiel du champ des obligations de diligence pesant sur l’État. En tout état de cause, si l’État haïtien se présente formellement engagé en matière de droits de l’homme, il n’en reste pas moins que l’effectivité de ces droits peine à se concrétiser. L’écart entre la norme et la pratique révèle ainsi une défaillance persistante dans la mise en œuvre des obligations internationales de l’État. Le rôle possible de la société civile et de l’international Toutefois, une telle situation ne saurait être appréhendée comme une fatalité. Les acteurs de la société civile, les institutions nationales et les défenseurs des droits de l’homme disposent de leviers essentiels pour exiger le respect des engagements de l’État, notamment à travers des actions de plaidoyer et le recours aux mécanismes juridictionnels, tant au niveau interne qu’international. À cet égard, l’appui de la communauté internationale, y compris celui des agences des Nations Unies, demeure un facteur déterminant dans le renforcement des capacités étatiques et la promotion d’une protection effective des droits fondamentaux. Tant que la norme restera une promesse sans exécution, la vulnérabilité des citoyens ne fera que croître, ce qui transforme l'État en un spectateur impuissant de sa propre déliquescence. [ « CARTE BLANCHE » est un espace de libre tribune mis à disposition par IMÉDIAS pour accueillir des contributions externes : chercheurs, acteurs de la société civile, artistes, ou citoyens engagés souhaitant partager leurs analyses, réflexions ou prises de position sur des sujets d’intérêt public : politique, société, culture, droits humains, environnement, ou technologie. Cet espace se veut un lieu d’expression intellectuelle ouverte, favorisant la diversité des points de vue et le débat d’idées. Toutefois, les opinions publiées dans «  CARTE BLANCHE  » n'engagent directement que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’IMÉDIAS.] RÉDACTION : Anson DACIUS Juriste, Défenseur des droits humains COPYRIGHT : © CONTRIBUTION EXTERNE - 2026

  • Liga : Le Real Madrid perd sur le terrain du Majorque et laisse le champ libre au Barça

    Lors de la 30e journée de la Liga, les meringues sont tenus en échec par le club du Majorque 2 buts à 1 et perdent trois points dans la course au titre. Coup dur pour la « Casa Blanca » . Le Real, médiocre, s'est incliné 2-1 sur la pelouse du reléguable Majorque (avant la journée), au cours de la 30e journée de la Liga grâce à un but de Verdat  Muriqi dans le temps additionnel (90+1). À trois jours du choc en quart de finale contre le Bayern Munich en Ligue des Champions, le coach madrilène, Alvaro Arbeloa a penché pour un doublet Diaz, Mbappé à la pointe de son attaque épaulé par un un milieu à quatre : Tchouaméni, Camavinga, Guler et Angel, avec une défense composée de Rudïger,  Huijsen dans l'axe, à gauche Carreas à droite Trent et Lunin dans les buts. Laissant sur le banc des remplaçants Vinicius , Bellingham ou encore Militao.   Les Madrilènes ont manqué l'occasion de revenir à un point du FC Barcelone qui joue l'Atletico de Madrid, ce samedi à 3 heures. Dans un match atypique, les meringues ont attendu la 22e minute avant de se procurer une occasion de but mais le portier majorquin Leo Roman a fait échec à Mbappé dans son face à face. À la 25e minute l'attaquant français a échoué pour une seconde fois face au gardien des locaux après une frappe enroulée détournée en corner. 33e minute, cette fois c'est Ada Güler qui a vu sa frappe arrêtée par Roman qui a réalisé un match sensationnel face à l'équipe du Real. La première situation de but majorquine survient à la 35e minute sur une double occasion , d'abord un contrôle orienté de Muriqi et une frappe contrée par Rudïger, ensuite une tête manquée de Mornales tout seul face à Lunin. Alors que les madrilènes essaient de trouver la brèche se sont les locaux qui ont ouvert le score par l'intermédiaire de  Morlanes (42') qui bat Lunin seul dans la surface, à la suite d'un centre de Maffeo. Mené au score à la pause le Real reprend son match sur le même pied en tentant des occasions avec  derrière une défense en défaillance et un jeu insignifiant. En quête d'égalisation, Aberloa a fait entrée en jeu Vinicius, Bellingham et Militao en remplacement à Manuel Angel, Camavinga et Huijsen. Puis Pitarch à la placede Guler (70') et Mastantuono à la 76e  remplace Diaz. Ce n'est qu'à la 88e grâce  au revenant Militao, sur un corner sortant d'Alexander-Arnold pour une tête puissante qui a finit dans le but. Alors que l'arbitrage a octroyé 5 minutes de temps supplémentaire dans le jeu, Verdat Muriqi a marqué le second but (90+1) après une grosse frappe  sous la barre madrilène. Le kosovar a inscrit son 19e but en Liga cette saison et reste à quatre buts de Mbappé à la tête du classement. En cas de victoire contre l'Atletico, le FC Barcelone prendra 7 points au dépend du Real Madrid dans le haut du classement à huit journée de la fin du championnat. Par ailleurs le Majorque  (31 points) monte à la 17e place et quitte la zone de relégation à deux points d' Elche 18e. RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Une entrée des classes encore incertaine, cette année.

    Cette année encore, la rentrée des classes se déroule dans un contexte très précaire. Entre les problèmes de sécurité généralisée et les difficultés socio-économiques, l’année académique 2023-2024 s’annonce très compliquée pour les parents et leurs enfants. Depuis 2019, le système éducatif haïtien fait face à d’énorme difficultés. Au-delà des problèmes structurels qui n’ont de cesse de l’affaiblir ; le bon fonctionnement de l’école est paralysé non seulement par des problèmes socio-économiques et politiques majeurs, mais ajoutés ceux-là, les conflits armés qui enveniment davantage la plaie. Selon le Fonds des Nations-Unies pour l’éducation (UNICEF), « pas moins de 1 700 établissements scolaires ont dû fermer leurs portes en 2022 dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. D’autres sont contraintes de déloger dans d’autres « quartiers plus ou moins sûrs ». Depuis plus près de 3 ans déjà, l’agglomérat de Port-au-Prince, est devenu le théâtre des violences de bandes armées qui sèment la terreur dans de nombreux quartiers. Notamment à Carrefour-feuille, Solino et à Tabarre, qui ont été durement touchés par les assauts de bandits armés. Sans oublier d’autres villes et sections rurales du pays en proie à ce phénomène d’insécurité qui fait rage un peu partout sur le territoire national. Et face à cette situation, de nombreuses familles, y compris des élèves, ont fui vers des établissements scolaires publics, cherchant refuge ailleurs, pour tenter d’échapper aux attaques des criminels. Mais malgré tout, le Ministère de l'Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), a décidé d’organiser la rentrée pour le 11 septembre 2023, au mépris des péripéties auxquelles font face les populations les plus défavorisées du pays. Si pour certains : « lekòl pa ka tann », comme le claironne le slogan marketing du ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, Nesmy Manigat ; pour d’autres « c'est une décision inconsidérée qui traduit le mépris du gouvernement vis-à-vis des problèmes de la masse ; et renforce l’inégalité sociale dans le système éducatif haïtien. » RÉDACTION : Emmanuel Jr MARC RÉVISION & CORRECTION : John Wilson FELIX COPYRIGHT : © IMÉDIAS | ÉCOLE DES MÉDIAS 2023

  • Panique sur le marché boursier mondial

    Donald Trump annonce l’augmentation des droits de douane sur tous les produits importés aux États-unis. Tant pour « les pays alliés que non-alliés » Des pays comme le Canada, le Mexique, les pays de l’UE ou encore la Chine s’attendent à une augmentation des droits de 25% à 30 sur tous leurs produits exportés vers le territoire américain. Une décision qui fait trembler le marché boursier mondial. L’économie mondiale est dans la tourmente. Ce 2 avril, à l’occasion de la « Libération Day », Donald Trump a annoncé la signature d’un décret, pour dit-il : « rétablir des droits de douane réciproques avec tous les pays dans le monde.  » Aucun pays ne sera exempt souligne le président américain. « Ce qu’ils font pour nous. Nous le ferons pour eux. C’est réciproque […]  » Si pour Donald Trump cette décision est une « excellente nouvelle pour l’économie américaine  », des experts économiques quant  à eux, disent le contraire.   Ils craignent « un choc économique mondial ». En témoigne l’effondrement des bourses à l’échelle mondiale, suite à la déclaration de Trump. Le CAC 40 (France) chute de 3%. L’indice américain Nasdaq a, lui aussi, été frappé de plein fouet, avec une perte de 800 points. Une chute boursière qui se retentit aussi à Wall street et sur tous les marchés financiers à travers le monde. La bourse de Tokyo s’est ouverte en forte basse au lendemain de cette déclaration. Le premier ministre japonais, Shigeru Ishiba dénonce même « une crise nationale  ». Mais Trump persiste et signe que c’est « une bonne décision…  ». « Une journée de libération pour l’économie américaine » Placé sous le signe d’une journée historique : « Jour de la libération », ce 2 avril 2025 marquera aussi un tournant majeur dans les relations commerciales entre la première puissance et le reste du monde. Le président américain veut faire de ce jour, une date mémorable. « Il s’agit d’un des jours les plus mémorables, à mon avis de l’histoire américaine. C’est la déclaration de l’indépendance économique des États-Unis.  » a martelé fièrement Donald Trump. Pour le président américain cette journée est une « une journée de libération de l’économie américaine  » Donald Trump y voit des opportunités historiques pour l’industrie américaine. Tant dans le secteur automobile que de l’acier, entre autres. « Nous allons commencer à rendre l’Amérique riche à nouveau. Riche et bonne  ». Le locataire de la Maison Blanche soutient que les travailleurs américains ont été victimes d’une concurrence déloyale étrangère. « Depuis des décennies, notre pays est pillé tant par les pays amis et que les pays ennemis […] Notre pays s'est fait avoir depuis 50 ans. Mais cela ne va plus se passer à présent. C’est fini !  » Promet le président, sous les applaudissements de l’assistance. Des pays préparent déjà une risposte économique Ce nouveau décret de loi de Donald Tump concerne près de 185 pays et territoires. Selon des spécialistes cette décision « peut avoir de graves conséquences économiques mondiales  ». Des experts se disent craindre « une réaction en cascade  ». Certains pays concernés s’apprêtent déjà à riposter contre cette décision. La Chine, quant à elle, a annoncé une hausse des tarifs douaniers sur tous les produits américains allant jusqu’à 35%. Cette décision sera effective dès le 12 avril prochain. L’Union européenne de son côté s’organise pour trouver une réponse appropriée et concertée. Dans la foulée, la France qui dénonce « une décision irrationnelle » et en déplore « l’impact négatif  » déjà ressenti sur l’économie mondiale. Le président Emmanuel Macron qualifie cette décision de « brutale et infondée  ». Même s’il reconnaît que « au fond le constat américain est un bon constat. » Mais pour le président français « la réponse mauvaise  ». Il soutient « qu’on ne corrige pas des déséquilibres commerciaux en mettant des tarifs  ». En attendant la riposte européenne, la présidente de l’UE, Ursula Von Der Leyen dit « regretter profondément ce choix  » et y voit « une menace pour l’économie mondiale  » avec le « risque d’une montée en flèche d’un protectionnisme ». Elle prévoit d’immenses conséquences à l’échelle planétaire. « L’économie mondiale va souffrir massivement ». Un sentiment que partagent plusieurs leaders européens dont Georgia Melonie, pourtant soutient de Donald Trump ou encore le premier britannique Keir Starmer qui affirme que « personne ne sortira gagnant d’une une guerre économique mondiale. » RÉDACTION : Maurice ALEXANDRE RÉVISÉ & CORIGÉ PAR : Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © IMÉDIAS | ÉCOLE DES MÉDIAS - 2025 © PHOTOS : Brendan SMIALOWSKI / AFP

  • Haïti : Gros mouvement de protestation contre l’insécurité et les violences des gangs

    Ce mercredi des milliers de personnes ont investi les rues de Port-au-Prince pour protester contre la recrudescence de l’insécurité et dénoncer le pouvoir en place, qui selon plus d’un « ne fait rien pour contrecarrer les bandits ». C’est la deuxième grande mobilisation populaire déclenchée en seulement deux semaines. Un vent de révolte souffle sur le pays. Pancartes à la main, armés de bâton ou machettes pour certains, plusieurs centaines de manifestants ont occupé certaines rues de la région métropolitaines de Port-au-Prince. Notamment les routes de Canapé-vert, Bourdon, Pétion-Ville ou encore Delmas. Des barricades enflammées ont été érigés sur plusieurs axes stratégiques, pour protester contre l’exacerbation de l’insécurité et des violences des gangs «  qui contrôlent près de 85% de la capitale.  » Très remontés, les protestataires ont scandé des propos hostiles contre le gouvernement et dénoncé la passivité des autorités face à la situation. « Les bandits continuent de massacrer la population alors que les dirigeants ne foutent rien. Qu’ils se cassent ! » S’offusque un manifestant, très en colère. Cette mobilisation a entraîné une paralysie quasi-totale des activités dans la capitale. Les commerces et les écoles ont été fermés par crainte de débordements. Révoltés, les manifestants se sont dirigés vers les locaux du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et de la primature. Mais la police s’est interposée. La manifestation a été violemment réprimée Des heurts se sont éclatés entre la police et les manifestants. Les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes et des tirs de sommation pour disperser la foule qui tentait de s’approcher de la villa d’accueil, QG du gouvernement. Les protestataires ont vivement critiqué le comportement des policiers. Ils déplorent un usage disproportionné de la force et la brutalité des agents de maintien d’ordre. « Quand c’est le peuple qui manifeste, les policiers ne tardent pas à nous bombarder de gaz lacrymogène et de balles. Mais ils sont où quand les bandits tuent, violent, pillent et brulent les maisons de la population ?  » S’interroge un protestataire, indigné. Un sentiment que partage Ulysse Jean Chenet, coordonnateur général du Mouvement Point Final (mouvement de protestation populaire contre l’insécurité) qui condamne «  l’attitude des policiers qui empêchent à la population de s’exprimer convenablement contre les autorités en place qui refusent de répondre aux aspirations du peuple ». Ce mouvement de protestation vise à exprimer l’exaspération des citoyens face à l’insécurité et l’impuissance des autorités vis-à-vis des gangs qui sèment la terreur.  La situation sécurité du pays se détériore de plus en plus   Les bandes armées continuent de terroriser la population. Depuis plus 4 ans, les bandits imposent leur loi un partout dans la capitale et dans quelques villes de provinces. Selon l’OIM (Organisation internationale pour les migrations), les violences des gangs poussent «  60 000 personnes à fuir leur demeure, en moins d’un mois (entre le 14 février et le 5 mars 2025)  ». Augmentant ainsi le nombre des déplacés qui dépassent la barre d’un million de personnes. Un chiffre qui a été multiplié par trois en une année.    La terreur des gangs a déjà fait des centaines de victimes en Haïti. Selon l’Organisation des Nations Unies «  Seulement en 2024, 5 600 personnes ont été tuées et 2 212 blessés recensées en cette même période  ». Des chiffres très alarmants mais qui ne reflètent que partiellement la situation réelle sur place, a en croire le Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme. Selon Volker Türk « Ces chiffres ne suffisent pas à rendre compte des horreurs absolues perpétrées en Haïti, mais ils montrent la violence incessante à laquelle les gens sont soumis. »   Une situation qui plonge le pays dans une catastrophe humanitaire sans précèdent. Selon les calculs des Nations unies, «  5,4 millions de personnes ne mangent pas à leur faim dans le pays dont deux millions souffrent de famine.  » Ajouté à cela, la suspension de l’aide humanitaire américaine par Donald Trump vient envenimer la situation davantage.    Malgré la présence de la force multinationale en Haïti depuis le 25 juin 2024, la situation sécuritaire du pays continue de se détériorer. La coalition des gangs armés « viv ansanm » poursuit son offensive sur divers territoires du pays. Apres Solino, delmas 30, kenskoff, c’est autour de la ville de Mirebalais (dans le centre du pays) de subir les assauts des bandits, le 31 mars dernier. Contraints ainsi des centaines d’habitants à fuir. Une situation qui montre l’incapacité des autorités à endiguer ce phénomène. Ne sachant à quel saint se vouer, les rivrains de la zone metropolitaine de Port-au-Prince expriment leur colère et leur ras-le-bol à travers des manifestations. «  Nou fout bouke… ! [Traduction : On n’en a marre !] » Lâche manifestant, très furieux. Malgré l’interposition des forces de l’ordre, les protestataires n’entendent pas lâcher du lest. Selon les organisateurs, «  la mobilisation de ce mercredi 2 avril (la deuxième en deux semaines) n’est que le début d’un vaste mouvement de protestation populaire, baptisé : Mouvement Point Final  ». RÉDACTION : Widelove NUMA RÉVISÉ & CORIGÉ PAR : Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © IMÉDIAS | ÉCOLE DES MÉDIAS - 2025 © PHOTOS : Ralph Tedy ÉROL

  • L’iconique Pia Sundhage prend les rênes de la sélection haïtienne féminine de football

    Ce vendredi 13 février 2026, la Fédération Haïtienne de Football a annoncé sur ses réseaux sociaux, la nomination de la suédoise Pia Sundhage comme nouvelle sélectionneuse de son équipe féminine. En effet, la FHF par le biais de son comité de normalisation a nommé la légende du football féminin suédois Pia Sundhage, nouvelle sélectionneuse des Grenadières en remplacement au technicien français Malou Quignette. L’ex-sélectionneuse des États-Unis dame fera ses débuts à la tête de l'équipe nationale d'Haïti en ce mois de mars pour le compte des matchs éliminatoires de la Coupe du Monde FIFA 2027, au Brésil.   Qui est Pia Sundahge ? De son nom complet, Pia Mariane Sundhage est une ancienne joueuse de football professionnelle suédoise. Elle est née le 13 février 1960 (elle est devenue officiellement entraîneuse des Grenadières le jour de son 66e anniversaire). Elle évoluait au poste de milieu de terrain. Comme joueuse, elle a marqué 71 buts en 146 matchs avec la sélection féminine de la Suède. Elle a été sacrée championne de la coupe d’Europe 1984 avec la Suède, en terminant à la fois meilleure joueuse et meilleure buteuse. Elle a été également finaliste lors des éditions de 1987 et 1985. Troisième de la coupe du monde de 1991, madame Pia a été nommée sixième joueuse mondiale du 20e siècle par la FIFA. Elle a joué sous les couleurs de plusieurs clubs suédois dont Östers IF et a gagné quatre championnats et quatre coupes de Suède. Puis a signé, en 1985 en Italie où elle évoluait au Lazio de Rome. Reconvertie entraîneuse, Pia Sundhage a dirigé plusieurs clubs de son pays avant de rejoindre la sélection chinoise de football au poste d'entraîneur adjoint pendant une année. Ensuite elle a connu ses plus belles années de coaching à la tête de la grande équipe étasunienne entre 2008 et 2012.   De 2012 à 2019 elle a été nommée sélectionneuse de l'équipe nationale de son pays (Suède) pour ensuite prendre les rênes de l'équipe du Brésil pendant quatre ans (2019 -2023). Depuis 2023 elle dirigeait la sélection de Suisse féminine pour un bail de deux ans à la veille de la coupe d'Europe Suisse 2025.  Le palmarès de Pia comme entraîneuse  C'est l'une des entraîneuses les plus titrées au monde. Elle détient un immense palmarès. Comme entraîneuse elle a remporté deux médailles d'or Olympiques avec les USA en 2008 et 2012. Elle a également finaliste de la Coupe du Monde en 2011 avec la sélection étoilée. Avec le Brésil elle a gagné la Copa America en 2022 et finaliste de la Finalissima l'année d'après. Et récemment en 2025, Pia a permis à l'équipe de Suisse d’atteindre historiquement les quarts de finale de son Euro. Elle est aussi médaillée d'argent aux jeux Olympiques avec la Suède en 2016  Quelle est la mission pour Pia ?  En pleine campagne éliminatoire de la Coupe du Monde qui se joue au Brésil l'année prochaine, les Grenadières rêvent à une seconde participation au mondial féminin après celle de 2023. Lors de son premier match au tour préliminaire, la sélection nationale a écrasé l'équipe du Bélize 9-0 au premier match et a rendez-vous avec le Suriname en ce mois de mars. Outre l'objectif de la qualification pour le prochain mondial féminin, la FHF, dans une perspective de transformation de l'institution et un renforcement de l'organisation technique nationale fait de la signature de Pia un pas important et nécessaire dépassant même le simple cadre sportif. Selon la FHF, la nouvelle sélectionneuse va contribuer à l'harmonisation des standards entre le football et le développement. Au cours de son mandat l'ancienne internationale suédoise aura pour mission d'accompagner la formation des entraîneurs locaux tout en contribuant à une structure durable de la direction technique nationale. Dans cette même lignée, la FHF souhaite la bienvenue à Madame Pia Sundhage et lui exprime sa pleine confiance dans sa capacité à diriger la sélection féminine senior et dans la conduite de cette nouvelle étape du développement du football féminin haïtien. Par ailleurs, aucune précision n'a été faite par le canal de communication de la FHF sur la durée du contrat de l'actuelle sélectionneuse des Grenadières et de son indemnité. RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Entre deux mondes : la santé mentale des adolescents haïtiens aux États‑Unis

    Ils sont adolescents, haïtiens et nouveaux arrivants aux États Unis ; ils portent le lourd fardeau d'exil. Entre le poids des traumatismes passés et la pression d’une société étrangère, ils naviguent souvent seuls dans un labyrinthe de stress, d’anxiété et de dépression. Pourtant, malgré la souffrance, le manque d’accès aux soins et la stigmatisation et aux problèmes sociaux dont ils font face, des enfants haïtiens immigrés tentent de se reconstruire en plein cauchemar américain. Plongée au cœur des défis psychologiques des jeunes Haïtiens immigrés aux États-Unis.  La situation sécuritaire et humanitaire pousse des milliers d'haïtiens à fuir le pays Depuis plusieurs années, Haïti fait face à une grave crise sécuritaire et humanitaire. En octobre 2025, l’OIM estimait à « plus de 1,4 million le nombre de personnes déplacées internes  » à cause des violence des gangs, qui contrôlent plus de 85 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et certaines villes de province.  Des déplacés se sont réfugiés dans une église mormone à Port-au-Prince ©️📸 : TRT FRANÇAIS Une situation qui plonge le pays dans « la grave crise humanitaire de son histoire », selon des experts. D'après les calculs des Nations unies, en 2024, « 5,4 millions de personnes ne mangeaient pas à leur faim dans le pays, dont deux millions souffraient de famine  ». Face à cette situation, des centaines d'Haïtiens ont fui le pays. Pour la plupart, ils se sont réfugiés aux États-Unis, grâce au programme de « humanitarian parole ». Selon les données disponibles, on estime qu’entre Janvier 2023 et Août 2024, «  environ 210 000 Haïtiens ont obtenu une autorisation d’entrée aux États-Unis dans le cadre de ce programme  ». Notons qu'au retour de Donald Trump au pouvoir, le programme s'est arrêté. Son administration applique une politique migratoire jugée « très féroce  ». Entre traumatismes et choc culturel, les enfants haïtiens immigrés aux États-Unis peinent à se reconstruire Dans presque tous les 52 états des milliers d’enfants haïtiens construisent leur vie entre deux univers. À la maison, on parle créole, on respecte les traditions et l’autorité parentale. À l’école, il faut parler anglais sans accent, s’intégrer rapidement et comprendre les codes américains. Un rythme de vie qui déstabilise plus d’un. « Les premiers mois, je ne parlais presque pas en classe  », raconte Annie, 16 ans, arrivée d’Haïti à 10 ans. « J’avais peur que les autres rient de moi.  » Comme beaucoup d’enfants immigrants, elle aide aujourd’hui ses parents à traduire des documents ou à communiquer avec l’administration. « Parfois, j’ai l’impression d’être l’adulte.  » Pour Kerry, né aux États-Unis de parents haïtiens, le défi est surtout identitaire. « Mes amis me voient comme américain. Mes parents disent que je suis haïtien avant tout. Je me sens au milieu.  » Cette vie « entre deux mondes  » peut être source de stress. Les enfants portent souvent les espoirs de réussite de toute la famille et une pression sociale est très  forte. Parler de tristesse ou d’anxiété reste parfois tabou à la maison. D’après Dr Clédicianne Dorvil , psychologue multilingue : «  Ces adolescents ont besoin d’espaces sécurisés pour exprimer leur vécu traumatique. L’écoute est la première étape avant toute intervention clinique.  » Pour la part de Mr Coles Voyard , infirmier : «  Les écoles et les communautés locales peuvent repérer les symptômes et orienter les jeunes vers des services adaptés. L’accompagnement culturel est indispensable.  » Ces experts soulignent que la prévention et le soutien passent par les familles, les écoles et les réseaux communautaires, pas seulement par les structures médicales. Le tabou culturel et la barrière linguistique freinent l’accès aux soins Naviguant entre deux mondes, les adolescents haïtiens immigrés portent sur leurs épaules le poids « d’un passé douloureux et les exigences sociales et culturelles d’un présent mouvementé et incertain  », jugent des observateurs. La prévalence élevée des traumatismes combinée à des obstacles sociolinguistiques et culturels rendent leur situation encore plus vulnérable.  Les jeunes adolescents sont quasiment livrés à mêmes. Confrontées aux multiples problèmes sociaux, aux stigmatisations et aux préjugés de la société américaine, les jeunes enfants haïtiens doivent faire face au fardeau du « tabou de la santé, culturellement ancré dans l'imaginaire collectif des parents haïtiens  », soulignent des experts. Freinant ainsi les suivis psychologiques nécessaires. L'accès aux soins  psychologiques, dans la communauté haïtienne implantée aux États-Unis, est très limité ; tant les coûts des prise en charge sont élevés et rares. « Les politiques publiques et des services de santé mentale culturellement adaptés sont quasi inexistants  », déplore plus d’un. Pourtant « l'épanouissement de ces jeunes dans leur nouvel environnement dépend largement d’un vrai accompagnement psychosocial », soulignent des experts. Malgré quelques initiatives dans la communauté, comme le Haitian Mental Health Network  ou le sommet communautaire d’Orlando  (en 2025), encourageant la discussion, la sensibilisation ; l'intégration des jeunes haïtiens dans la société américaine reste extrêmement compliquée et leur état psychologique encore plus préoccupant. Ajoutée à cela, la politique de « la chasse aux migrant s » que se livre l’administration Trump fragilise davantage leur santé mentale déjà très précaire.  [Les témoignages des adolescents recueillis, pour le compte de cet article, ont été réalisés dans un cadre bienveillant et respectueux, avec l’accord explicite de leur parent ; et pour protéger et préserver leur dignité et leur identité, nous avons utilisé des noms d’emprunt.] [L'image de couverture est une image d'illustration, générée avec l'Intelligence artificielle] RÉDACTION : Stéphania JEAN RÉVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Abigail Alexandre, une voix d’Haïti qui résonne au-delà des frontières

    Ayant affronté avec brio plus de 2400 candidats, Abigail Alexandre devient la première haïtienne à remporter le concours Eloquentia, le plus grand concours de prise de parole et d’éloquence en langue française. Un exploit historique. Ce mercredi 25 mars, La Seine Musicale a accueilli la grande finale de la neuvième édition du concours Eloquentia et c’est avec une puissance oratoire remarquable qu’Abigail Alexandre a su conquérir le jury et le public, décrochant ainsi le titre de championne de cette compétition organisée en France. Organisé chaque année, le concours Eloquentia est aujourd‘hui reconnu comme l’une des plus grandes compétitions d’éloquence francophone au monde. Il a été créé dans le but de promouvoir la prise de parole, l’argumentation et la confiance en soi. Ouvert à des jeunes issus de plusieurs pays francophones, dont Haïti, ce concours se déroule en plusieurs étape : sélection, quart de finale, demi-finales, puis grande finale. Les formats varient entre discours, slam, plaidoyer et improvisation.  À noter que le programme Eloquentia n’a été implanté en Haïti qu’en 2024, précisément à Jacmel, avec une première édition organisée avant son extension à Port-au-Prince. Le processus débute par des formations en éloquence et en prise de parole, suivies d’un concours local. À l’issue de cette compétition, le lauréat national est désigné pour représenter le pays à la grande finale internationale, illustrant ainsi une sélection fondée sur le mérite et la performance. Une voix qui fait résonner les cris, les douleurs et les inégalités de ce monde Agée de 21 ans, la jeune jacméliènne a présenté au monde un discours profond et émouvant sur les inégalités : sociales, politiques, économique, culturelles, et autres. Elle y a développé un message puissant et profondément humain. Son intervention a ainsi créé une connexion forte avec le public. Brillante et déterminée, Abigail a su utiliser la vitrine d’Eloqentia pour dénoncer les cliches et les stéréotypes, valoriser l’identité haïtienne et inviter à croire en un avenir meilleur. Elle a surtout insisté sur la nécessité de changer le regard du monde sur Haïti.  Par la force de ses mots, la maitrise de son discours et son aisance remarquable, elle s’est imposée comme une véritable voix inspirante de sa génération. Cette victoire témoigne non seulement de son talent, mais aussi de son travail acharné et de sa passion pour l’art oratoire. Au-delà d’une victoire personnelle c’est aussi un véritable exploit pour toute une nation. RÉDACTION : Rose karlande DEROSIER RÉVISION & CORRECTION : Rodly SAINTINÉ & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Du mondial de 1974 à celui de  2026: La renaissance du Football haïtien à l'échelle mondiale 

    Le 18 novembre 2025, la sélection haïtienne de football a décroché son billet qualificatif, pour le mondial nord-américain, 52 ans après sa première qualification en coupe du monde. Un nouvel exploit qui reconnecte deux générations à une même passion, celle du ballon rond. Deux époques qui, même très éloignées, ont la ferveur dans le cœur des haïtiens. Par cette qualification, les grenadiers qui étaient déjà la première sélection caraïbéenne à se qualifier pour une phase finale de la coupe du monde de la FIFA en 1974, deviennent  aussi l'unique et la seule équipe de la zone [Caraïbe] à obtenir, deux billets qualificatifs et deux participations à la grande compétition sportive planétaire autour du ballon rond.  Après plus de 5 décennie d'attente, la sélection nationale a renouvelé l'exploit d'être qualifiée à la plus grande compétition de football. Une qualification historique qui relie deux générations dans un destin commun : "représenter fièrement le pays et flotter son bicolore aux yeux du monde. Deux générations, deux équipes mais une seule passion. L'équipe de 1973  À cette ère glorieuse du football haïtien, tous les joueurs évoluaient dans le championnat local dénommé "Ligue Haïtienne"  divisé en région et étaient amateurs. À l'exception, du capitaine Wilner Nazaire qui jouait en France, à Valencienne tout le reste de l'équipe était siégé  en Haïti. Dès 1971, on a instauré une sélection permanente Haïti est pionnier dans cette démarche) pour mieux préparer les échéances de 1973. Dans un premier temps les éliminatoires, puis la phase finale de la coupe du monde en Allemagne de l'Ouest suite à la qualification historique au stade Sylvio Cator. Les joueurs jouaient certes,  avec leur club respectifs mais la préparation était en grande partie prise par la fédération en plein milieu de  dictature duvaliérienne.  Le parcours des  Grenadiers  Dans l'ensemble, 90 sélections à travers le monde se disputaient pour 16 petites places lors de cette 10e édition de la coupe du monde de la FIFA en Allemagne de l'Ouest. Et une équipe sur quatorze pouvait se qualifier pour le mondial dans la zone CONCACAF.  Il y aura deux tours qualificatifs pour les équipes de la CONCACAF. Au premier tour, les équipes inscrites seront reparties en six groupe, avec quatre groupes de deux et deux groupes de trois, selon la proximité géographique. Les gagnants de chaque groupe se qualifiaient pour le second tour qui se jouait, à Port-au-Prince, au stade Sylvio Cato , dans un tournoi à poule unique .  Haïti jouait le groupe 5 avec  le Porto Rico  sous forme de matchs aller retour.  D'un revers de main, les Grenadiers se sont faits débarrassés du Porto Rico 12 buts à zéro. D'abord au stade Sylvio Cator, 7-0 ( triplé d' Emmanuel "Manno" Sanon, Jean-Claude Désir, Philippe Vorbe, François Léandre, Barthélémy ont été les autres buteurs), ensuite 5-0 à San Juan (capitale du Porto Rico), un autre triplé de Manno Sanon, Jean-Claude Désir et Pierre Bayonne avait inscrit chacun un but.  Haïti a logiquement pris son ticket au même titre que  le Mexique, le Guatemala, le Honduras,  les Antilles Néerlandaises (Jamaïque était forfait) et Trinité-et-Tobago pour le tournoi final en Haïti, aussi appelé "Championnat de la CONCACAF" qui se déroulait du 29 novembre au 18 décembre 1973, au stade Sylvio Cator.  Selon les critères établies par la confédération de l'Amérique du Nord, du Centre de l'Amérique et de la Caraïbe (CONCACAF), les équipes jouaient les unes contre les autres dans un match unique, l'équipe gagnante du groupe remporterait le titre de champion de la CONCACAF et gagnerait le billet qualificatif de la zone.  Les Grenadiers, ont remporté haut la main le tournoi avec 4 victoires sur 4 totalisant ainsi 8 points sur 8 possible (la victoire équivalait à 2 points). L'équipe de Manno Sanon commence par une Victoire 3 -0 face aux Antilles Néerlandaise (2 buts de Sanon et un de Tom pouce), ensuite gagné contre Trinité 2 buts à 1 grâce à Manno Sanon et Saint-vil. Puis les Grenadiers ont enchaîné contre le Honduras grâce à un autre but de Saint-Vil et clôture la série de  victoire face au Guatemala 2-1 avec un doublé du prolifique buteur Manno Sanon.     Déjà qualifiés, les grenadiers ont perdu le 5e match 0-1 contre Mexique dans un match considéré sans histoire à l'époque (précisons qu'Haïti n'a jamais gagné un match officiel contre le Mexique). Du coup, la sélection nationale a eu son premier et unique championnat de la CONCACAF et sa première qualification à une coupe du monde devant Trinité- et-Tobago 6 points, Mexique 6 points, Honduras (5), Guatemala (3) et Antilles néerlandaise (2).  Une phase finale mitigée pour l'équipe haïtienne  Pour sa première participation à la phase finale de la coupe du monde organisée par la FIFA, la sélection nationale  avait hérité le groupe de l'Italie vice-championne de la précédente édition, la grande équipe de la Pologne et de l'Argentine de Mario Kempes qui allait remporté sa première étoile dans la prochaine édition (en 1978) .  Ignorant le niveau des équipes notamment la Pologne Antoine Tassy et son staff ont essuyé trois revers en 3 matchs  lors de la phase de groupe. D'abord une défaite 3-1 contre  l'Italie où les Grenadiers ont ouvert le score au dépend des italiens et Zoff (qui n'avait plus encaissé depuis 19 matchs consécutifs) par l'intermédiaire de l'inévitable Manno Sanon.  "Nous avons égalé les italiens pendant un certain temps" avait déclaré Philippe Vorbe , passeur décisif sur le but de Manno.  Ensuite viendrais la correction contre la Pologne 7-0  avant la dernière défaite 4-1 contre les argentins avec un autre but du joueur de Don Bosco de Pétion-Ville, Manno Sanon. L'équipe haïtienne quittait la compétition avec l'un des pires palmarès mais avait gagné la sympathie du public de l'Ouest de l'Allemagne pour sa première apparition dans l'épreuve suprême du football mondial. Haïti a conquis les cœurs des supporters allemands, dit-on. L'équipe de 2025 : Une victoire souscrire d'expatriés     Si l'équipe de 1973, était composée de joueurs évoluant en Haïti et n'étaient pas forcément professionnels , c'est tout le contraire pour la sélection de 2025. Sauf trois joueurs ont connu le football local, il s'agit de :  Ricardo Adé (35 ans) , deuxième capitaine de la sélection, il a fait ses débuts dans sa ville natale , Saint Marc dans l'un des deux clubs phares de la ville, le Baltimore SC  entre 2011 et 2013, puis au Don Bosco de Pétion- Ville (2015 - 2016),  après un passage sans grande histoire au  Miami United en 2014. Aujourd'hui, le tôlier de la défense du onze national fait les beaux jours du football sud-américain où il joue avec l'équipe du LDU Quito en Équateur, après des passages remarquables au Chili et d'autres clubs Équatoriens.  Carlens Arcus a fait ses débuts au Racing Club Haïtien, il a connu un séjour de formation au Brésil. Le latéral droit haïtien de 28 ans, a intégré le centre de  formation de Troyes avec laquelle il évoluait en équipe réserve pendant une saison et a fait ses débuts professionnels avec le l'OSC Lille, en 2017. Le natif de la Croix-Des-Bouquets joue maintenant à Angers en Ligue 1. C'est  pour la première fois qu'une équipe nationale arrive à se qualifier à une phase finale de coupe du monde de la FIFA sans jouer le moindre match à domicile.   Danley Jean-Jacques, né à Petit-Goâve, a joué au  Don Bosco tout comme son capitaine entre 2015 et 2021. Le milieu de terrain de 25 an, a eu une expériences en France au FC Mertz pendant trois saisons. Depuis 2024, il joue en MLS avec l'équipe de Philadelphia.   Grâce aux renforcement du groupe par des binationaux, l'équipe devient un peu plus compétitive et pouvant ainsi faire jeu égale aux différentes sélections de la zone qui sont pour la plupart affichée un meilleur niveau qu' Haïti en raison de leurs nombres de joueurs éparpillés dans le haut niveau du football mondial.  Néanmoins, la prise de contrôle du football Haïtien de la FIFA par l'intermédiaire de son comité de normalisation , dirigée  désormais par Monique André  , depuis la chute de l'ex président tout-puissant, Yves Jean -Bart pour cause de pédocriminalité en 2020... Mais surtout une bien meilleure organisation permettant au staff technique et de la  fédération haïtienne de football (FHF), d'attirer des joueurs de qualités, qui pour certains pouvaient jouer pour d'autres grandes sélections , spécialement la France.  Par exemple le capitaine et gardien de but, Johnny Placide (37 ans) qui joue depuis plus de dix ans en équipe nationale, avec pas moins de 80 sélections a participé à 4 séries  éliminatoires avec la sélection  ( 2014, 2018 , 2022 et 2026) , Jean Ricner Bellegarde 27ans, ( sélectionné pour le 3e tour des éliminatoires), ont connu l'équipe "espoir" en France avant de dire oui aux Grenadiers.                     Par ailleurs nombreux sont qui hésitent encore même après la qualification pour le mondial  ,c'est le cas de Wilson Isidor joueur de Sunderland en Angleterre, Jean-Baptiste Gorby  joueur de Braga au Portugal, Oudsonne Édouard évoluant au  RC Lens en France, ils sont tous franco-haïtiens.  Une forte envie d'un retour au pays natal À l'image du sélectionneur français de la sélection nationale, Sébastien Migné (52ans), beaucoup de joueurs (notamment, Jean-Ricner Bellegarde , Josué Casimir, Hannes Delcroix ou encore Ruben Providence qui sont  fraîchement appelés en sélection) n'ont jamais mis les pieds au pays. D'autres, qui ont l'habitude n'ont pas pu revenir depuis des années, en raison du problème de sécurité et de la précarité sociale qui sévit dans le pays.  En guise de célébration, à la suite de  cette victoire historique du football haïtien, les joueurs ont demandés aux autorités d'ouvrir le pays et on même lancés un hashtag #ouvèpeyia. Une démarche que va reprendre les fanatiques et divers entités de la Société civile et politique .  Dans les coulisses les autorités auraient entamés des discussions aux différents protagonistes aux fins de satisfaire les désirs des Grenadiers. Comme un symbole de l'unité haïtienne étant donné que les supporters local ne pourront pas fouler le territoire américain, en raison des sanctions imposées par l'administration de Trump vis-à-vis de nos compatriotes.                     La sélection Haïtienne détient sa qualification du groupe le plus relevé de la zone  Au troisième tour, les bleus et rouges se sont retrouvés dans le groupe C avec le Costa Rica et le Honduras, deux habitués de la coupe du monde FIFA, mais également le Nicaragua. Seulement le gagnant du groupe s'envolera en Amérique du Nord à l'été 2026.  Au cours de cette dernière phase des éliminatoires de la CONCACAF, Jean-Ricner Bellegarde et ses coéquipiers ont connu qu'une défaite face au Honduras 0-3, deux  victoires face  à Nicaragua (5-0 sur l'ensemble des deux matchs)  dont celle de la qualification 2-0, le 18 novembre dernier.  Une victoire et un nul contre le favori du groupe  Les grenadiers ont pris 4 points sur 6 au dépens du Costarica de Keylor Navas (ex portier, triplé champion de la Ligue des Champions avec le Réal Madrid) qui était parti favoris du groupe sur papier. Avec notamment, ce match nul, qui restera dans les annales de la CONCACAF, menés 2-0 les grenadiers emmenés par Duckens Nazon, revenant du banc des remplaçants a permis à l'équipe nationale de remonter au score en égalisant avec les Ticos 2-2, puis a complété un triplé pour permettre aux Grenadiers de prendre l'avantage 3-2,  avant d'encaisser un 3e but regrettable en toute fin de match.   La date du 18 novembre est l'une  des dates les plus symboliques de l'histoire d'Haïti comme peuple Tout s'est joué à la dernière journée. Au lendemain, de l'affreuse défaite contre  Honduras 3-0, l'équipe dirigée par Migné, s'est donnée une balle au pied en perdant la tête du classement à deux journées de la fin au profit des honduriens. Contre toute attente, Le Nicaragua a créé l'énorme surprise en renversant les honduriens 2-0. En parallèle, les Grenadiers ont battu le Costa Rica 1-0 grâce a un but de Frantzdy Pierrot .Cette incroyable victoire a redonné l'espoir au groupe dans la quête de l'obtention du billet qualificatif direct pour la 26e édition de la coupe du monde de la FIFA co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique.        À ce moment, les deux sélections ont eu le même nombre de points (8) à la tête du classement , Honduras a été favorisé pour différence de buts (+2 pour Hinduras contre +1 pour Haïti). Lors de la dernière journée l 'équipe haïtienne devait gagné par plusieurs buts, le Nicaragua qui joue plus rien dans le groupe tout en espérant un moins bon résultat de l'équipe hondurienne contre Cota Rica, qui pouvait aussi se qualifier directement  ou pour les barrages en cas de victoire.   Tout comme l'épopée de la bataille de Vertière en 1803 , le premier titre caraïbéen en 1969, Haïti et son équipe nationale ont écrit une nouvelle page dans l'histoire, le 18 novembre 2025, 222 ans après la bataille décisive de la grande révolution de 1804.  Au terme des 90 minutes du match contre le Nicaragua (2-0) grâce aux buts de Deedson et de Ruben Providence, une rencontre qui aurait pu joué à Port-au-Prince, sans les contraintes sécuritaires et la crise politique du pays. Les Grenadiers devaient attendre dans un suspens infini  la fin du match entre le Costa Rica et le Honduras pour fêter sa qualification, puisqu'un but du Honduras aurait suffit pour tout basculer en leur faveur.  Comme par magie le match s'était soldé sur un nul miraculeux, pour des millions d'haitiens en Haïti tout comme la diaspora qui s'apprêtaient à célébrer, ce retour fulgurant de la sélection, sur l'échiquier du football mondial, soit 52 ans après.  Néanmoins,  les supporters haïtiens ne peuvent pas se rendre aux États-Unis pour encourager leur sélection en raison de l'interdiction de fouler le territoire américain par Donald Trump contre les ressortissants haïtiens.  Tout se repose sur la diaspora encore une fois pour jouer le 12e homme en vue d'une meilleure campagne que celle de 1974. Qui sait ? Une première victoire dans l'histoire de la compétition ? Pour rappel  Haïti se place dans le groupe C avec le Brésil, l'Écosse et le Maroc.         À lire aussi : Football-Haïti : chronique d’une qualification historique pour la Coupe du monde 2026 RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

  • Match amical : Les Grenadiers arrachent le nul face à l'Islande

    Pour clôturer cette fenêtre FIFA de mars, la sélection haïtienne de football a fait un encourageant match nul (1-1) face à l'Islande grâce à un but en toute fin de rencontre de Wilson Isidor (88e) au BMO Field, à Toronto. Prévu a 12 heures 30, le match a finalement débuté à 1 heure et 37 minutes raison des intempéries sur la ville de Toronto. La rencontre jouait à huis clos pour des raisons logistiques liées à une manque d'intérêt des fans du match, à la vente des billets. Néanmoins, tous les détenteurs de billets seront remboursés intégralement via Ticketmaster, annonce les organisateurs du match. Une rencontre amicale haute en couleurs Le match s'est déroulé sur un rythme effréné où l'équipe Irlandaise avait la possession du ballon sans pour autant nuire à l'organisation défensive de l'équipe haïtienne qui optait pour un 4-4-2 au contraire du match face à la Tunisie trois jours plutôt. Alexandre Pierre dans les buts, une paire centrale composée de  Ricardo Adé et Hannes Delcroix, à droite Jean Kevin Duverne et sur le côté gauche Martin Expérience. Au milieu en double pivot on retrouve Leverton Pierre, accompagné du métronome Jean Ricner Bellegarde dans l'organisation du jeu ; Don Deedson à droite et Providence à gauche complètent le quatuor du milieu. En attaque le sélectionneur des Grenadiers, Sébastien Migné avait titularisé le duo Duckens Nazon, Wilson Isidor, le buteur de Sunderland fêtait sa première titularisation avec l'équipe haïtienne après avoir joué quelques minutes dans le précédent match contre la Tunisie. Il fallait attendre la 39e minute pour voir une véritable action de but côté haïtien, suite à cette frappe de Bellegarde à l'entrée de la surface mais passée hors cadre. Trois minutes plus tard, Don Deedson a vu sa frappe écrasée sur le bras d'un défenseur islandais dans la boîte (le bras était attaché sur le corps, il y avait pas de penalty), après une intéressante phase de jeu concocté par le duo Expérience, Providence auteur d'un grand match sur le flanc gauche des Grenadiers. La mi-temps s'est achevé sur le score nul et vierge. Au retour des vestiaires les deux équipes gardent le même rythme, un jeu lent sans intensité a environ dix semaines de la phase finale de la Coupe du Monde. Si l'équipe haïtienne a encaissé à la 60e (but de Sigurdson) à la suite d'une absence totale de Duverne sur le côté droit, Wilson Isidor (88e) a répondu au bon moment pour sa première sélection. En effet le numéro 18 a permis à Haïti de revenir au score en recevant en opportuniste un bon ballon de Pierrot monté en cours de jeu pour battre le portier islandais après un grand pont réussi sur la défense. C'est le premier but du néo grenadier qui a débuté le match face à Tunisie comme remplaçant. Signalons la rentrée convaincante de Woodensky Pierre après la sortie de Leverton Pierre sur blessure à la 35e minute. Le joueur du Violette AC, l'unique représentant du championnat national a marqué des points, attendons de voir s'il sera dans la pré-liste de juin pour la dernière ligne droite de la phase finale du mondial. Les Grenadiers ont bouclé ces deux matchs de préparations pour le prochain mondial nord-américain sur une défaite et un nul respectivement face à la Tunisie et l'Islande. Si face à la Tunisie, ils ont perdu par seulement un but à zéro après avoir encaissé dans les 5 premières minutes, suite à une erreur défensive ; dans le jeu ils ont été attrayants et ambitieux. Les premières minutes de Isidor ont été la cerise sur le gâteau à la fois pour le staff technique et les fans haïtiens. Alors que ce rassemblement a pris fin, la fédération et le staff technique travaillent déjà  sur de prochains matchs amicaux a fin de mieux se préparer pour la Coupe du monde. Deux matchs amicaux sont donc prévus pour le début du mois de juin aux États-Unis soient quelques semaines avant la grande fête du ballon rond. À lire aussi : Wilson Isidor a finalement dit « OUI » à la sélection haïtienne de football RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026

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