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- Afrique numérique : entre rêves d’innovation et barrières invisibles Héritages technologiques et nouveaux défis
« En Afrique, l’innovation ne manque pas, le défi, c’est surtout d’en faire une réalité accessible », affirme Edouard Akakpo-Lado, ingénieur togolais et fondateur du Centre de recherche sur l’innovation. Dans de nombreux pays africains, les infrastructures restent le talon d’Achille du numérique : accès irrégulier à l’électricité, réseau internet souvent lent et instable, coûts élevés des équipements. « Les startups peinent à se déployer, non par manque d’idées, mais faute d’un écosystème solide capable de soutenir la croissance technologique », souligne Abdoulaye Faye, responsable de la robotique chez CAYTU Robotics à Dakar. À cette fragilité structurelle s’ajoute la question cruciale du financement. « Ici, la plupart des innovations naissent de fonds propres. L’État investit peu dans la recherche, et les investisseurs sont frileux face à l’incertitude », poursuit-il. La fracture des compétences et le défi de la formation Pour Mamadou Diop, enseignant-chercheur et spécialiste des politiques publiques d’innovation, « le manque de dialogue entre universités, incubateurs et secteur privé condamne trop souvent les porteurs de projets à l’isolement ». Conséquence : fuite des cerveaux, faible industrialisation des brevets locaux et précarité de la recherche. Quant au déficit de compétences numériques, il alimente un cercle vicieux : « Comment bâtir une Afrique innovante sans programme massif de formation aux métiers technologiques ? La plupart de nos étudiants n’ont accès qu’à des smartphones basiques, l’ordinateur reste un luxe, et les plateformes éducatives sont sous-utilisées », regrette Fatoumata, étudiante malienne en sciences de l’information. Usagers et étudiants face à la réalité numérique « Sur WhatsApp ou Facebook, on s’informe vite mais la connexion coupe sans cesse », témoigne Amadou, jeune vendeur à Abidjan. Pour Awa, commerçante à Dakar : « Le paiement mobile a changé ma vie, mais parfois, tout s’arrête s’il n’y a plus de courant ou si le réseau saute, alors on revient au cash… » Ce paradoxe est partagé par de nombreux utilisateurs africains qui, tout en étant pionniers de l’adoption du numérique, subissent de plein fouet ses limites structurelles. Chez les étudiants, la débrouille est reine. « Le téléphone, c’est la porte d’entrée dans le monde, mais pour les recherches ou les cours en ligne, sans un bon ordinateur et une connexion fiable, impossible de rivaliser avec les étudiants ailleurs », déplore Zacharie, étudiant congolais. « J’ai parfois trois jours pour faire un devoir en ligne, mais il m’arrive de perdre la moitié du temps à trouver la connexion ou à recharger mon forfait », complète Myriam, étudiante en innovation à Nairobi. Les solutions existent : entre initiatives locales et besoin de vision globale Malgré tout, des signaux porteurs existent : création d’incubateurs, hubs technologiques et startups sociales qui pallient l’absence d’un État stratège. François Bouansa, expert sénégalais en innovation, plaide pour « une culture du travail collaboratif, où la mutualisation des moyens donnerait la masse critique nécessaire aux projets ambitieux ». Déjà, au Nigeria, des alliances inédites entre universités et startups permettent de créer une dynamique d’échanges et de co-développement. Pour Abdoulaye Faye : « Les solutions sont là, il faut juste cesser l’aventure solitaire et apprendre à construire en équipe. À défaut, l’Afrique numérique restera à la traîne, spectatrice de sa propre innovation ». Mais la jeunesse du continent, consciente du pouvoir transformateur du numérique, résiste et invente sans relâche des modèles hybrides capables de franchir, peu à peu, les cloisons qui freinent le développement technologique africain. Ce portrait nuancé interroge le contraste entre vitalité créative et entraves structurelles sur le continent africain, illustré par les voix des spécialistes et des premiers concernés par la révolution ou la stagnation du numériqueue africain.
- La fondation Digicel et Dev Expo misent sur l’intelligence artificielle pour transformer le travail social en Haïti.
Le 25 février dernier, la Fondation Digicel et Dev Expo ont officialisé un partenariat stratégique lors d’une conférence de presse organisée à l’ancien local de l’Hôtel Marriott de Port-au-Prince, à Turgeau. Au cœur de cette initiative : l’intégration de l’Dev Expo comme levier d’innovation et d’efficacité dans le secteur du travail social en Haïti. Face à l’ampleur des défis sociaux et à la complexité croissante des besoins communautaires, les méthodes traditionnelles d’intervention montrent aujourd’hui leurs limites. L’intelligence artificielle offre de nouvelles perspectives : meilleure collecte et gestion des données, analyses prédictives des besoins, suivi plus précis des bénéficiaires et optimisation des ressources disponibles. À travers ce partenariat, la Fondation Digicel et Dev Expo entendent développer des outils technologiques capables de soutenir les professionnels du social dans leur mission pour le pays. L’objectif est de renforcer la capacité d’action grâce à des solutions intelligentes et adaptées aux réalités locales. L’intelligence artificielle peut ainsi contribuer à améliorer l'identification des populations vulnérables, anticiper certains risques sociaux, faciliter la coordination des interventions, mesurer avec plus de précision l’impact des programmes sociaux. En s’engageant dans cette démarche, la Fondation Digicel confirme sa volonté d’innover pour accroître l’efficacité des actions en faveur des communautés haïtiennes. Dev Expo, pour sa part, met son expertise en technologie et l’intelligence artificielle au service d’une transformation durable du secteur social. Ce partenariat marque une étape importante vers un modèle de travail social modernisé, fondé sur ensemble de données, l’innovation et la collaboration intersectorielle. Il ouvre la voie à une nouvelle dynamique où la technologie et l’engagement social convergent pour produire un impact mesurable et durable au bénéfice des populations en Haïti. RÉDACTION : Yves Mary DELISCAT RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- Ligue des Champions : Un nouveau duel Réal Madrid - Manchester City en huitième de finale
À l'issue du tirage au sort de la phase finale de la Ligue des Champions à Nyon en Suisse), ce vendredi 27 février, le Réal Madrid affrontera Manchester City pour le choc des huitièmes de finale. Tombeur du Benfica dans les barrages , l'équipe Madrilène retrouvera les cityzens de Guardiola , pour la cinquième saison consécutive en Ligue des Champions. Déjà adversaire lors de la sixième journée de phase de ligue en phase de groupe où le Real Madrid s'était incliné 2-1 à domicile, le 10 décembre dernier. Les Madrilènes barragistes retrouveront Man City, 8e au classement de la phase de groupe. Ce sera les 11e et 12e rencontres entre les deux formations depuis 2022. C'est également la première rencontre de l'histoire de la Ligue des Champions à jouer sur une aussi longue période consécutivement, en phase à élimination directe. " Toutes les années contre eux , qu'est-ce que je peux dire, des joueurs de haut niveau à tous les postes ", a déclaré le représentant du Réal Madrid ,Emilio Brutagueño sur canal+ en commentaire après les tirages. Par ailleurs , sauf la rencontre entre le Réal Madrid et le Bayern Munich ( 22 fois) est la plus jouée dans l'histoire de la coupe aux grandes oreilles que la rencontre entre l'équipe de la Maison Blanche et les Skyblues, 17 fois , en tenant compte de la double confrontation à venir en mars prochain. En terme de statistique c'est l'égalité parfaite sur les 15 premières affiches 5 victoires partout, 5 défaites, et 5 matchs nuls. Cependant, les Merengués 15 fois champions de la compétition ont éliminé quatre fois sur six les Cityzens dans les matchs à élimination directe depuis la saison 2015-2016. Le duel Mbape - Haaland, le match dans le match Si la rencontre entre les deux équipes devient un classique sur la scène européenne, c'est aussi un face-à-face entre les meilleurs joueurs de l'heure. De ce fait , on aura l'occasion d'assister à un choc entre Kylian Mpabbé et Herling Haaland, deux des trois meilleurs attaquants du monde sur la saison 2025 -2026. En course pour le soulier d'or européen (trophée individuels les plus prestigieux du football, récompensant le buteur le plus prolifique des meilleurs championnats nationaux européens), Mbappé, 23 réalisations en Liga devance le norvégien (22 buts), d'un petit but au classement général derrière Harry Kane l'attaquant anglais du Bayern Munich avec 28 buts . Le français est le meilleur buteur de la saison en Ligue des champions avec 13 buts au compteur contre 7 pour Haaland. Néanmoins , l'attaquant cityzen a marqué 56 buts sur les 56 matchs joués dans la compétition, avec une moyenne d'un but par match contre 68 pour Mbappé en 95 matchs (0, 78 but par match). Le matchs aller aura lieu les 10 mars prochains. Alors que le match retour est programmé une semaine plus tard, le 17 mars. Notons que le Réal Madrid pourra rencontrer le FC Barcelone qu'en finale si les deux équipes parviennent à passer leurs adversaires du huitièmes de finale , des quarts de finale et des demies. Les autres affiches des huitièmes RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- Fast fashion : l’illusion du style, le coût du désastre
L’industrie de la fast fashion a construit un empire sur une promesse séduisante : la mode accessible, renouvelée chaque semaine, où chacun peut réinventer son identité à faible coût. Mais sous l’apparente démocratisation du style se cache un système industriel d’une violence sociale et écologique rarement assumée. Chaque année, plus de 100 milliards de vêtements sont produits dans le monde, soit une multiplication par deux en quinze ans. Ce flot continu n’est pas destiné à durer : on estime qu’un article fast fashion est porté sept à dix fois en moyenne avant de finir abandonné, voire jeté. Le vêtement devient un produit jetable, un consommable parmi d’autres l’antithèse de ce qu’a longtemps représenté l’habillement : une forme d’expression pérenne, parfois transmissible. Une économie de l’exploitation L’essence de la fast fashion repose sur des délocalisations en chaîne, une fabrication accélérée et des coûts compressés jusqu’à l’absurde. Derrière l’étiquette « Made in Bangladesh » ou « Made in China » se cachent souvent des conditions de travail précaires : salaires très bas, absence de protections sociales, exposition à des produits toxiques. Le drame du Rana Plaza en 2013 plus de 1 100 morts a brièvement choqué l’opinion. Mais l’émotion s’est dissipée : les marques ont continué à délocaliser, parfois vers des pays encore moins regardants sur les normes. L’arrivée de l’ultra fast fashion (Shein, Temu…) aggrave la tendance. On ne parle plus de collections mensuelles mais de milliers de nouvelles références chaque jour, générées et testées en temps réel grâce aux données collectées sur les comportements des consommateurs. Ici, l’algorithme dicte le design : la créativité est secondaire, l’objectif est de coller à la demande instantanément et au moindre coût. Une catastrophe écologique planétaire Le textile est responsable de 10 % des émissions mondiales de CO₂ plus que l’aviation et le maritime réunis. Les tissus synthétiques, majoritaires dans la fast fashion, sont issus du pétrole : chaque lavage libère des microplastiques qui finissent dans les océans et jusque dans nos organismes. L’eau utilisée pour la teinture pollue des régions entières ; l’industrie du coton assèche des bassins vitaux. Le gaspillage est tout aussi alarmant : plus de 40 millions de tonnes de vêtements sont jetées annuellement. Une partie est expédiée vers des pays africains ou sud-américains sous couvert de « seconde main ». En réalité, ce sont des montagnes de déchets textiles qui s’entassent dans des décharges à ciel ouvert ou sont brûlées clandestinement. Une emprise culturelle sur nos désirs Pourquoi continuons-nous à acheter ? Parce que la fast fashion a compris notre rapport anxieux à l’image sociale. Elle occupe l’espace mental : influenceurs, micro-tendances TikTok, promos permanentes… L’acte d’achat devient une récompense émotionnelle immédiate. On se persuade d’acheter pour « suivre le style », mais c’est le système qui dicte ce style et l’accélère jusqu’à rendre le vêtement obsolète avant même de l’avoir porté. C’est une aliénation douce : nous n’exprimons plus notre identité par la mode, nous consommons des identités préfabriquées. Face au désastre, la réponse ne peut être seulement individuelle. Certes, privilégier : la seconde main ; la réparation ; des marques transparentes sur leur chaîne de production ; sont des gestes utiles. Mais il faut aussi réguler : limiter l’importation de produits jetables, imposer la traçabilité, protéger les travailleurs du textile, taxer l’ultra-production. La mode ne doit pas renoncer à son pouvoir d’inventer des récits, d’affirmer des identités. Mais l’innovation stylistique ne peut plus se faire contre le vivant et contre les humains. L’urgence est de sortir de la logique du tout-jetable, de redonner de la valeur au vêtement au-delà du prix affiché sur l’étiquette.
- Haiti-Politique : Le CPT manque toujours à ses promesses
Le Conseil Présidentiel de Transition peine à tenir ses promesses. En place depuis presqu'un an déjà, le CPT n’arrive toujours pas à «résoudre le problème de sécurité » auquel le pays fait face depuis plusieurs années déjà. « Faire de la sécurité la principale priorité » Telle était la promesse que s’était fait le CPT lors de son installation à la tête du pays, le 25 avril 2024. Encore une promesse non tenue regrette plus d’un. « On pensait qu’ils allaient faire mieux que les autres. Mais, on voit que c’est la même stratégie ; ils mettent les leurs au pouvoir sans écouter personne. » lance , Nadège une commerçante. Le visage serré et craintive, elle étale quand même ses marchandises, au bord du trottoir. Le CPT et ses promesses en carton Créé un mois après la démission du Premier ministre Ariel Henry, le Conseil Présidentiel de Transition s’était donné pour principale mission de « rétablir au plus vite la sécurité dans le pays et de créer un climat propice à l’organisation des élections. » Pourtant près d’un an plus tard, la situation ne fait qu’empirer. Les bandits « contrôlent plus 85% de la capitale » et imposent leur loi dans certaines ville de provinces du pays. De Carrefour à Kenskoff, en passant par Carrefour Feuille, Solino, Delmas pour ne citer que cela. Les balles ne cessent de pleuvoir un peu partout dans le pays. Une situation qui contraint des milliers de personnes à fuir. Selon l’ONU « Plus d’un million de gens (hommes, femmes et enfants) sont déplacés, à cause des violences des gangs. » Ajouté à cela, selon l’Ogranisation Internationale pour la Migration OIM : « près de 6000 nouveaux déplacés ont été recensés dans le Plateau Central », tombé sur le contrôle des bandes armées le 31 Mars dernier. Alors que les bandits poursuivent leur offensive un peu partout dans le pays, les autorités, eux, continuent de multiplier les promesses jugées « farfelues ». A chaque conseiller entré en fonction, des promesses se renouvellent. Mais toujours aucun résultat concret. « D’Égard Leblanc à Fritz A. Jean en passant par Leslie Voltaire, c’est toujours la même merde. Ils profitent des privilèges du pays alors que la population agonise sous les balles des bandits et dans l’extrême pauvreté » critique un citoyen très en colère. Le CPT sous le feu des critiques Entre scandale de corruption et incompétence, « le CPJ nage dans l’inertie la plus totale », reprochent des observateurs. Selon l’Unité de la Lutte Contre la Corruption « Trois (3) des neufs (9) membres du CPT sont inculpés dans une affaire de détournement de fonds à la Banque Nationale de Crédit (BNC). » Smith Augustin, Louis Gérald Gilles et Emmanuel Vertilaire qui plaident tour à tour leur innocence dans cette affaire, dénoncent « des persécutions politiques pour les empêcher à prendre la tête du conseil. », suivant le dispositif de présidence tournante, comme le stipule l’accord du 3 avril 2024 donnant naissance au CPT. Un après cet accord, « rien à été fait » déplorent des habitants. « La population ne demande rien d’autre que la sécurité. Une fois qu’il y a de la sécurité, elle peut fonctionner normalement » déclare un des déplacés au bord du désespoir. Malgré la présence de la force multinationale de sécurité dans le pays, la situation continue de se dégrader. « Les autorités sont complètement dépassés par les événements » observe un citoyen. Impuissante, la police nationale tente de contrecarrer les assauts des gangs. Mais « les hommes armés continuent de gagner du terrain » déplorent certains leader politiques. Alors que le CPT s’apprête à fêter son premier anniversaire à la tête du pays, le 25 avril prochain, des organisations politiques et de la société civile exigent le départ des dirigeants. Ils estiment qu’ils sont « incapables de résoudre la situation auquel le pays fait face depuis plusieurs années. » Le parti UNIR, critique lui aussi le pouvoir en place : « les pauvres villes, les quartiers et les ghettos fuient en masse, sans destination, sans protection, sans aucun encadrement de la part des autorités. Ces derniers préfèrent circuler dans des cortèges de véhicules blindés aux vitres teintées, indifférente à la souffrance, du peuple à qui elles n’accordent même plus le droit de manifester. » Face aux critiques, le gouvernement multiplient les discussions politiques et envisagent même un remaniement ministériel. RÉDACTION: Widelove NUMA RÉVISÉ & CORIGÉ PAR : Rodly SAINTINÉ © : ÉCOLE DES MÉDIAS - 2025 © PHOTOS : Ralph Tedy ÉROL
- La Fabrique des Arts, un nouvel outil dans le paysage artistique et culturel haïtien
Le vendredi 20 février 2026, le Centre culturel Brésil-Haïti à Port-au-Prince a accueilli le lancement officiel de La Fabrique des Arts, une initiative de plusieurs compagnies théâtrales haïtiennes. La Fabrique des Arts est un projet porté par un consortium tripartite composé de la Fondation Connaissance et Liberté – FOKAL, le Centre d’Art, l’Association Quatre Chemins, avec la FOKAL en chef de file. Elle compte parmi ses membres les organisations comme : l'association Quatre Chemins, Brigade d’Intervention théâtrale (BIT-HAITI) et Tamise. L’une de ses principales missions est de mettre en réseau les institutions culturelles, de favoriser le partage de compétences et de créer des synergies durables au service de la création et de la diffusion artistique en Haïti. Pour marquer cette ouverture, deux pièces ont été présentées : Chant de Nègre, mise en scène par Eliezer Guérismé et Daphena Rémédor, et Mes villes debout, mise en scène par Guy Régis Jr. Mémoire coloniale et urgence identitaire Chant de Nègre s’inscrit dans la lignée des grandes voix de la Négritude. Inspirée notamment de Black-Label de Léon-Gontran Damas, du Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire et de la pensée poétique de Mahmoud Darwich, la pièce explore la violence historique du colonialisme, le racisme contemporain et la question brûlante de l’identité. Chez Césaire, la colonisation « travaille à déciviliser le colonisateur ». Cette idée traverse la mise en scène : l’oppression ne détruit pas seulement l’opprimé, elle corrompt l’humanité même de l’oppresseur. Chez Damas, Black-Label agit comme un chant de douleur, un cri blessé pour l’homme noir, dénonçant l’aliénation et l’assimilation forcée. Chez Darwich, enfin, « porter la liberté » devient un acte existentiel : élargir sa cellule, refuser d’être ce que l’oppresseur attend. Selon Daphena Rémédor, le choix de ces textes répond à l’urgence du monde actuel, marqué par la montée des discours racistes, la résurgence des logiques coloniales et les crispations identitaires. « Il fallait que cette parole se parle », confie-t-elle. La mise en scène d’Eliezer Guérismé s’est réalisée à distance, le metteur en scène n’étant pas disponible à Port-au-Prince. L’équipe a dû recourir aux outils technologiques pour concrétiser le projet, un exercice complexe mais stimulant, qui a renforcé la rigueur du travail collectif. La pièce a été interprétée par Kenny Laguerre, Jenny Cadet, Jenny Clairin, James Célestin et Jemps Philias. Pour Kenny Laguerre, cette expérience marque un tournant dans sa carrière : « C’est comme si le public me découvrait dans un autre registre. » Une exploration plus intérieure, plus politique, plus exigeante. Des villes qui refusent de tomber De l’autre côté de la scène, Mes villes debout proposait une écriture ancrée dans la réalité haïtienne. Interprétée par Ricardo Boucher, Manah-Issa Pierre, Chanda YAAG et Neik’art, la pièce s’inspire des textes de Frankétienne, du Collectif SIR et de Ricardo Boucher. Ici, la parole dénonce les crimes subis par les populations vivant dans les ghettos et les camps d’hébergement. La ville n’est pas un décor : elle est un corps blessé. Mais elle est aussi résistance. L’influence de Frankétienne se ressent dans la tension verbale, la densité poétique et la fragmentation du réel. À cela s’ajoute une dimension hip-hop, rythmique et scandée, qui confère au spectacle une pulsation urbaine contemporaine, une esthétique chère à Guy Régis Jr., où la parole devient souffle, percussion, urgence. Mes villes debout ne se contente pas de dénoncer : elle affirme. Elle refuse la normalisation de la violence et transforme la scène en espace de mémoire et de combat. Un public multiple, un espace à construire Le public, composé de différentes catégories sociales et professionnelles, a répondu présent. Artistes, étudiants, intellectuels et passionnés de théâtre : la salle témoignait d’un véritable besoin de rassemblement culturel. Selon Guy Régis Jr. et Daphena Rémédor, La Fabrique des Arts n’est pas qu’un événement inaugural : c’est une dynamique collective appelée à s’inscrire dans la durée. L’objectif est de créer un espace pour l’art, non seulement physique, mais aussi idéologique, un lieu de pensée, d’expérimentation et d’engagement. Entre mémoire coloniale et violence contemporaine, entre poésie et engagement, cette soirée inaugurale a rappelé que le théâtre demeure un lieu essentiel de parole. Un lieu où l’on élargit la cellule ; Un lieu où les villes se tiennent debout... RÉDACTION : Sarousvens MAURICETTE RÉVISION & CORRECTION: Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © A L'OEUVRE TV & IMÉDIAS 2026
- Championnat national D1: Le violette Atletic Club remporte la première édition de la série d'ouverture de la Ligue Haïtienne
Les joueurs du Violette Atlectic Club célébrant leur victoire | ©️📸 : ECHO NEWS SPORT Le Violette Athletic Club est sacré champion de la série d’ouverture du championnat national de première division au terme d'une victoire 2-1 face au Baltimore Sportif Club, ce samedi 14 février au Parc Sainte-Thérèse. Après un match nul vierge à l’aller au parc Levelt de Saint- Marc le 8 février dernier, le Vieux tigre a dominé le club saint-marcois par deux buts à un, grâce à des réalisations d'Elyvens Dejean (29e minute) et Michenaider Chéry en seconde mi-temps à la 78e. Stravinsky Duputon à la 64e avait égalisé pour le 4X4 sur penalty. Le Violette AC est desormais sacré champion de la première édition de la première partie du championnat national D1 de la Ligue Haïtienne de Football Après plus de 35 minutes de retard et un public quasi absent le match retour de la grande finale de série d'ouverture du championnat national D1 organisé par la Ligue Haïtienne de Football ( LHF), s'est déroulé sous fond de polémique et de vives tensions entre les deux formations. En dépit des chamailleries entre les protagoniste, l'arbitre a finalement donné le coup d'envoi de la rencontre opposant le Violette AC face au Baltimore SC. Au cours de la première période le vieux tigre a dominé le match en créant plusieurs occasions dans le camp adverse jusqu'à parvenir à trouver le cadre à deux reprises avant l'ouverture du score d'Elyvens à la réception d'une passe en retrait en provenance du coté droit violettiste. L'équipe dirigée par Rony Attimy a été solide en défense, durant les 45 premières minutes elle n 'a pas encaissé la moindre occasion de buts et rentre au vestiaire avec l'avantage au score . À l'entame de la seconde partie les protégés d'Ernso Datus se sont montrés plus dangereux et ont trouvé la faille à la 64e minute après une faute de Feguens dans la surface de réparation, l'arbitre a octroyé logiquement penalty à l'équipe du Baltimore. Stravinsky a pris à contre-pied le portier du VAC, Guimevy et a permis à ses siens de revenir au score. Alors qu'on assiste à un match sans rythme, Michenaider qui vient de rentrer en jeu, a placé une tête au deuxième poteau à la suite d'un centre parfait de Ray, redonnant ainsi l'avantage au Violette AC , score final 2-1.Cette victoire fait du Violette l'équipe la plus titrée du championnat national avec 8 titres (1939, 1957, 1968, 1983, 1995, 1999, 2020 série d'ouverture, 2026 série d'ouverture) Pour rappel Violette AC est la seule équipe avec le Racing Club Haïtien a remporté la prestigieuse Coupe des clubs champions de la CONCACAF en 1984. Et a également été Champion au niveau des clubs caribéens de la CONCACAF en 2022. RÉDACTION : Roodson GUERRIER RÉVISION & CORRECTION : Peterson DORSAINVIL & Guerby JEAN COPYRIGHT : © IMÉDIAS 2026
- Joverlein Moïse et Vanessa Désiré s'ouvrent à l'amour
À l’occasion du 14 février, Joverlein Moïse et Vanessa Désiré signent une sortie remarquée avec "LANMOU SE NOU", un titre très "love" accompagné d’un clip soigné et esthétiquement maîtrisé : Lumière douce, couleurs chaudes et harmonieuses, plans élégants : la vidéo est calibrée pour installer une atmosphère intime et captivante. Joverlein Moïse, qui avait déjà surpris plus d'un par sa compréhension de la politique haïtienne, révèle ici une nouvelle facette de lui-même : celle d’un artiste. Sa voix passionnée se mêle à celle, sensuelle et maîtrisée, de Vanessa Désiré. À l’écran, la connexion entre les deux chanteurs est palpable, au point d’alimenter des rumeurs d’une possible idylle en gestation. Des spéculations qui restent, pour l’instant, sans confirmation. D'ailleurs cette semaine, une rumeur a enflammé la toile suite à des clichés volés lassant voir visiblement Joverlein et Vanessa, très complices voire intimes, dans un restaurant. Et il n'a fallu pas plus pour embraser les réseaux sociaux. Des commentaires fusent de toute part, certains s'en sont emparés à la hâte. Entre critiques, injures, questionnements et incompréhensions, les internautes se sont donnés à cœur joie. Alors que d'aucuns y voyaient déjà le début d'une idylle de stars, d'autres beaucoup plus prudents, se questionnaient quant à la véracité de ces images et à leur signification réelle. Coup de com ou l'expression manifeste d'une églogue soudaine ? Beaucoup de questions se posent sur la relation entre les deux artistes. Mais ce qui est certain, c'est que ce featuring inattendu a surpris plus d'un, pique toutes les curiosité et alimente plein de fantasmes. Un pari plutôt réussi, puisqu'en moins de 6 heures la chanson " Lanmou se nou " a déjà totalisé plus de cinquante mille vues sur YouTube. Un bon début pour cette collaboration inédite qui fait déjà couler beaucoup d'encrer. RÉDACTION : Sarousvens MAURICETTE RÉVISION & CORRECTION: Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © A L'OEUVRE TV & IMÉDIAS 2026
- HAITI-INSÉCURITÉ: Des enfants enrôlés dans des gangs, une catastrophe sociale qui ne dit pas son nom
Alors que la crise sécuritaire en Haïti s’aggrave, une génération entière se trouve prise au piège : le recrutement d’enfants par les gangs armés connaît une envolée sans précédent. Selon les dernières estimations des Nations unies et de l’UNICEF, le nombre de mineurs affiliés à des groupes armés a bondi de 70 % en un an, et jusqu’à la moitié des membres des gangs seraient aujourd’hui des enfants, certains âgés d’à peine huit ans, exploités comme espions, porteurs d’armes ou dans des tâches domestiques forcées. Cette militarisation de l’enfance s’inscrit dans un contexte de violence généralisée, de fermeture d’écoles, de pauvreté extrême et de crise humanitaire profonde qui redessine les contours de la société haïtienne et pose un défi majeur aux autorités nationales comme à la communauté internationale. Ce reportage a été réalisé en 2023 et s’est vu décerner le premier prix du concours l’Office de Protection du Citoyen - OPC de l’année. REPORTAGE : Ritchy FORTUNÉ RÉALISATION : Alfred Dieudonné JR. FRANÇOIS COORDINATION & SUPERVISION : Rodly SAINTINÉ COPYRIGHT : © ÉCOLE DES MÉDIAS | IMÉDIAS 2022
- CISCO CHANTE L'UNION AUX CÔTÉS DE SES PÈRES EN MUSIQUE...
Le 31 janvier dernier, Cisco est monté sur scène aux côtés de Bélo et Bic dans le cadre du concept BBC. Lors d’une entrevue, l’artiste a confié que son plus grand rêve est de se produire un jour avec toute sa famille, son père, sa mère, ses frères et sœurs. Ce soir-là, il a cependant vécu un moment fort en partageant la scène avec ses deux “pères” en musique. Pour conclure, Cisco a lancé un message puissant d’union et d’amour, soulignant l’importance de la fraternité et du partage à travers la musique. Réalisation : Sarousvens MAURICETTE Interview : Schebuela JEAN Caméra : Shadrac Juste / Sarousvens M AURICETTE /Schebuela JEAN. Montage: Sarousvens MAURICETTE COPYRIGHT : © A L'OEUVRE TV & IMÉDIAS 2026
- BIC, sans détour : amour d’Haïti, ras-le-bol politique et 25 ans de cohérence
En marge du concert réunissant BIC, Bélo et Cisco le 31 janvier dernier, BIC s’est confié lors d’une interview empreinte de sincérité. L’artiste a réaffirmé son attachement profond à Haïti, soulignant que rien ne pourra jamais l’arracher à son pays. Pour lui, ce concert n’a pas réuni trois artistes, mais bien « trois frères », unis par l’amour et l’unité. Fier de rester fidèle à ses convictions après 25 ans de carrière, BIC rappelle que son rêve a toujours été de produire une musique décente, que ses enfants peuvent chanter. Exprimant son ras-le-bol face à la classe politique haïtienne, il estime que certains artistes ont fait leur part et que la balle est désormais dans le camp des dirigeants, « car il faut être deux pour danser le tango ». À la jeunesse, il lance un message clair : étudier, travailler et éviter les déboires. Réalisation : Sarousvens MAURICETTE Interview : Schebuela JEAN Caméra : Shadrac Juste / Sarousvens M AURICETTE /Schebuela JEAN. Montage: Sarousvens MAURICETTE COPYRIGHT : © A L'OEUVRE TV & IMÉDIAS 2026
- Bélo au Quartier Latin : l’amour d’Haïti, l’unité et l’appel de la diaspora
Hier au Quartier Latin, Bélo a livré une prestation remarquée, mêlant musique et message citoyen. En interview, l’artiste a réaffirmé son profond attachement à Haïti, lançant un appel fort à l’unité nationale et soulignant le désir de la diaspora haïtienne de revenir contribuer au pays. Il en a profité pour rappeler que Bic, souvent présenté comme un rival, est en réalité l’un de ses plus grands fans et soutiens. Pour Bélo, aux côtés de Bic et Cisco, il ne s’agit pas seulement d’un projet artistique, mais d’un mouvement citoyen porteur d’un message clair à l’adresse des politiciens haïtiens : son rêve est de les voir s’asseoir ensemble, au-delà de leurs divergences politiques, afin de trouver une solution à la crise haïtienne. INTERVIEW : Shebrela JEAN CAMÉRA : Shadrac JUSTE MONTAGE & RÉALISATION : Sarousvens MAURICETTE COPYRIGHT : © A L'OEUVRE TV & IMÉDIAS 2026












